Gabon: Géopolitique omarienne - Pour le respect des équilibres socio-politiques et le maintien de la stabilité

15 Septembre 2020

La géopolitique à la gabonaise, beaucoup en parlent. Les nominations dans les hautes sphères socio-administrations sont souvent le fait de cette fameuse géopolitique. Bertin Wilfried Meba, Gabonais, Originaire du G9, Ntoumou de Bitam, Essandone de Mimbang Essandone nous rappelle et nous enseigne ce qu'est l'étude des relations entre les espaces géographiques et les entités politiques.

André-Louis Sanguin définit la géopolitique comme étant "l'étude des relations entre les espaces géographiques et les entités politiques" ; autrement dit, la prise de décisions en tenant compte des réalités de chaque espace de vie et des communautés qui la composent.

Pour le Gabonais lambda, la géopolitique s'apparente au partage plus ou moins équitable du "gâteau" en tenant compte de chaque province voire de chaque ethnie, tribu ou regroupement politique.

Selon certains Gabonais, ce système aurait retardé le développement du Gabon en favorisant des individus moins compétents mais appelés à représenter une ethnie ou une province dans le cercle décisionnel.

Pour d'autres, il serait à l'origine de notre vivre ensemble plus ou moins fraternel en nous évitant des situations dramatiques vécues à travers le continent et même au-delà.

Sans être le défenseur de l'une ou l'autre posture, il me plaît, grâce à mon expérience singapourienne de la géopolitique de reconnaître que la géopolitique omarienne a permis, quelque part, aux Gabonais des neuf provinces de se connaitre et de s'accepter malgré tout.

A Singapour, il y a quatre groupes ethniques : les Chinois, les Malais, les Indiens et les autres (Others). Pour la stabilité de ce paradis asiatique, tous sont pris en compte dans la conduite des affaires de l'Etat. Mieux, il est mis en œuvre une politique de socialisation des quatre groupes. Par exemple, dans l'octroi d'appartements sur un immeuble, des quotas sont appliqués de telle sorte que tout le monde s'y retrouve. Certes, il y a des quartiers à forte connotation chinoise, indienne ou autre, mais tout le monde est représenté dans tous les districts de ce merveilleux Etat.

Dans son projet de construction de la nation gabonaise, le Président Omar Bongo ONDIMBA avait compris que tous les Gabonais devaient se reconnaître dans ce qui se faisait et se mettait en place.

Il est vrai que cette politique a plus avantagé certaines provinces ou ethnies au détriment des autres. Toutefois, chacun est comptable, à son niveau de nos avancées et retards. Nul ne saurait s'y soustraire. Ailleurs, des frustrations socio-politiques ont conduit aux guerres, aux tueries massives et à l'instabilité sur tous les plans.

Au Gabon, cette géopolitique bien qu'inéquitable ou à parfaire, apparaît nécessaire pou le maintien de notre stabilité socio-politique. C'est ainsi que certains pans entiers de l'économie ou de l'administration ne devraient pas être la propriété exclusive d'une province ou d'une ethnie.

OUI, malheureusement, ça existe. Et ça ne rassure pas tout le monde. Il y a des administrations où l'on ne parle que le Fang, le Téké, l'Obamba, le Nzébi, etc.

Sans refuser le fait qu'un groupe ethnique puisse être majoritaire à un endroit précis, je suis profondément contre l'exclusivité. Car Gabonais d'origine ou d'adoption, nous avons les mêmes droits et obligations. Nous devons hisser haut les couleurs du "Gabon immortel et digne d'envie cher à Georges Damas Aleka

L'héritage omarien doit être préservé mais amélioré.

Pour ce faire, il faudrait revenir sur les équilibres.

D'abord et avant tout sur la représentation politique.

Par conséquent, la primature au G1 en général et peut-être aux Fang en particulier. L'alternance paisible depuis des années à la tête du Conseil municipal de Libreville entre les deux principaux groupes originaires de cette ville que sont les Fang et les Miéné.

Pierre-Claver Zeng dans "Ntoum" montre le chemin à suivre pour gouverner, diriger. En Fang, Ntoum signifie "bâton". Et en profondeur, il s'agit du pouvoir. Le pouvoir politique de manière très symbolique. Ce pouvoir, il faut être habile pour l'avoir et le maintenir. Dans une autre de ses compositions, "aba"(corps de garde), il invite à régler les problèmes de manière consensuelle au corps de garde, lieu chargé de symboles chez les Fang. Il serait souhaitable de nous approprier ces valeurs pour "bâtir l'édifice nouveau auquel tous nous rêvons".

Le Chef de l'Etat le dit sans cesse, "aucun Gabonais ne sera laissé de côté". Aidons-le à matérialiser cette noble vision en évitant de s'attaquer mutuellement et inutilement, pour nos petits intérêts personnels, aux fondements de notre géopolitique.

Il y a quand même l'essentiel à préserver dans la mesure où "C'est au bout de l'ancienne corde que l'on tisse la nouvelle".

Dans le gouvernement, les Institutions et la haute administration, les équilibres socio-politiques, géographiques doivent être respectés car comme le dit Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens, chapitre 12, tous les membres du corps sont importants et tous se valent.

En conclusion, il faut maintenir ce qui est positif tout en faisant l'apologie des valeurs telles que le mérite et la transparence dans le choix des uns et des autres mais aussi dans la façon de conduire les affaires de l'Etat.

Oui. Le mérite, une valeur très prisée aussi à Singapour. Il faut l'homme qu'il faut à la place qu'il faut. Il n'est pas question de remplir une case juste pour contenter une ethnie ou une province. La transformation du Gabon ne se fera pas sans le mérite.

Oui. La transparence. Tout le monde doit savoir ce qui se fait. Toutes les parties prenantes doivent être au même niveau d'informations. Et les deniers publics doivent servir au plus grand nombre. Ça aussi, c'est une valeur très importante au pays de Lee Kuan Yew.

C'est pour le bien de tous ! Abime té !

Bertin Wilfried MEBA, Gabonais, Originaire du G9, Ntoumou de Bitam, Essandone de Mimbang Essandone.

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