Congo-Kinshasa: Passé colonial - Un procès prévu en 2021 suite à la plainte de cinq métisses attaquant l'Etat belge

Tribunal - Maillet de justice

Les cinq plaignantes accusent l'Etat belge de « crimes contre l'humanité » pour les avoir arrachées de force à leurs mères à l'époque du Congo belge.

Les cinq femmes métisses belgo-congolaises, Léa Tavares Mujinga, Monique Bitu Bingi, Noëlle Verbeeken, Simone Ngalula et Marie-José Loshi, âgées de 70 ans à 74 ans, et dont quatre ont la nationalité belge et une la nationalité française, ont déposé, le 24 juin, devant le tribunal de première instance francophone de Bruxelles, une plainte contre l'Etat Belge pour « crime contre l'humanité » durant la colonisation. Elles reprochent à la Belgique d'avoir systématiquement enlevé des enfants métis entre 1911 et 1960, d'en avoir abandonné une soixantaine à leur sort dans la mission catholique belge de Katende, au Kasaï, quand les religieuses ont évacué vers la Belgique juste après l'indépendance du Congo. Les cinq femmes dénoncent également les violences sexuelles subies en raison de cet abandon.

Le 10 septembre, une première audience purement procédurale s'est tenue sans les plaignantes afin de fixer le calendrier d'échange de conclusions écrites, comme le veut la procédure au civil.

Pour ce faire, les plaignantes réclament que l'Etat belge reconnaisse, enfin, ce qu'a été leur souffrance d'enfants métisses, arrachées à leur famille et placées de force dans des institutions religieuses.

Selon leur avocat, Me Jehosheba Bennett, cité par l'AFP, le procès devrait se tenir en 2021 et les avocats de deux parties doivent échanger des arguments écrits « pendant un an, ce qui amènera à une audience de plaidoiries en septembre ou octobre 2021.

Les cinq plaignantes réclament « une somme provisionnelle de 50.000 euros », une loi de réparation à destination de tous les enfants métis, et la nomination d'un expert pour évaluer leur préjudice moral. Elles reprochent à l'Etat belge d'avoir ordonné à des fonctionnaires de les arracher de force à leurs mères pour les placer dans des institutions catholiques à l'écart de la société. « Ce sont des rapts d'enfants qui ont été organisés par l'Etat belge et mis en œuvre avec le concours de l'Eglise », accusent-elles dans leur requête.

En 2018, la Chambre des représentants en Belgique (L'Assemblée nationale) avait reconnu la pratique des enlèvements forcés et la ségrégation dont les métis ont été victimes dans les colonies belges. Un an plus tard, en avril 2019, l'ancien Premier ministre belge Charles Michel avait présenté les excuses de la Belgique aux métis victimes de discriminations pendant la période coloniale et celle qui a suivi.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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