Burkina Faso: Initiative pour éradiquer la fin - Les Jeunes Producteurs de Riz de Bagre ambitionnent de satisfaire le marché local

Des responsables de la Coopérative Mitiri des Jeunes Producteurs de Riz de Bagre, au Burkina Faso posant au milieu d'un champ de riz
16 Septembre 2020

Au Burkina Faso, la coopérative Mitiri des Jeunes Producteurs de Riz de Bagre,  une commune rurale du pays, situé dans la province du Boulgou et la région du Centre-Est, compte jouer pleinement son rôle dans la lutte pour l’éradication de la fin dans le pays. Une volonté que ses membres enveloppent dans une ambitieuse volonté de satisfaire une bonne partie de la demande nationale en riz. Ce qui sonne comme un gage pour la réalisation de la sécurité alimentaire des populations.

Les jeunes producteurs de riz de Bagre, membres de la coopérative Mitiri, ne doutent aucunement de leur capacité à satisfaire une bonne partie de la demande locale du Burkina Faso en riz. Ils veulent démontrer à la face du monde leur force de frappe et prouver leur aptitude à relever ce chalenge.

Un défi qui est jouable dans la mesure où la pandémie de la COVID-19 a permis de conscientiser la communauté internationale sur le fait que l’autosuffisance alimentaire est devenue une obligation pour tout pays qui aspire à éradiquer la pauvreté et la faim.

Les observateurs attestent que la crise sanitaire a entrainé l’augmentation de la demande en riz local et la baisse des importations de riz en provenance de la Chine et d'autres pays vers le marché africain et burkinabais, en particulier.

Si la pandémie a eu un impact négatif sur la presque totalité des pans de l’économie des pays, elle fait le bonheur d’autres acteurs à qui elle ouvrir des opportunités de marchés.

C’est à l’image de la coopérative Mitiri des Jeunes Producteurs de Riz de Bagre qui a signé trois nouveaux contrats et vendu plus de 256 tonnes de riz sur une période de deux semaines. Ce qui correspond généralement au montant que la coopérative vend sur une période d'un an.

Cette prouesse est la résultante d’un nouveau départ amorcé depuis leur compagnonnage avec la Fondation des Etats-Unis pour le Développement en Afrique(USADF).

En 2019, la structure américaine a octroyé à la Coopérative Mitiri des Jeunes Producteurs de Riz de Bagre une enveloppe de 180439 dollars US (99,682 millions de F Cfa).

Une manne financière qui était destinée à booster le développement des services durables adaptés aux besoins de ses membres afin d'améliorer leurs revenus grâce à la production et à la vente de riz paddy.

Un objectif qui est atteint du moment que cette organisation de producteurs avance sans complexe face aux multiples défis.

Un appui technique et financier aux conséquences multiples

Spécialisé dans la production et la commercialisation du riz paddy, la coopérative Mitiri de Bagre compte à ce jour 126 membres dont 36 femmes.

Son président, M. Ousseni Welgo, confie qu’actuellement, la coopérative réalise un chiffre d’affaires annuel de 67.800.000 de F Cfa (122 324,49 Dollar US). Une avance qu’il lie étroitement à l’appui de l’USADF.

A l’en croire, avant l’arrivée du partenaire américain, la coopérative était confrontée à un sérieux problème de transport.

« On arrivait à décrocher des marchés mais on peinait dans la livraison des commandes parce que les clients taxaient cher le transport et ça grève notre budget ».

Avant de souligner : « Au début, si on parvenait à faire livrer la marchandise par nous-mêmes ça allait être plus bénéfique pour nous ».

Une équation que l’appui américain à aider à solutionner. Grâce à l’appui de l’USADF, confie M. Welgo, les membres bénéficient d’intrants et de semences pour les travaux champêtres à moindre coût. Un fonds de roulement est mis à notre disposition à cet effet.

Dans la même foulée, l’organisme américain a aidé ces jeunes producteurs de riz à acquérir un tracteur et d’autres équipements qui leur facilitent la culture de leurs champs. « Ce sont des équipements que nous avions l’habitude de louer à des coûts exorbitants ».

En plus de cela, poursuit-il, la Fondation des Etats-Unis pour le Développement en Afrique a mis à leur disposition un magasin pour bien conserver leur production.

« Actuellement, la Coopérative se positionne en premier pour acheter la production de ses membres dans l’optique de la revendre plus tard sur le marché ».

A l’en croire, cette démarche est initiée pour éviter que les producteurs stockent leur production pendant deux ans sans pouvoir l’écouler.

Maintenant, se réjouit-il, « si la coopérative est capable d’acheter une bonne partie de la production ça permet aux membres d’avoir des revenus qui leur permettent de s’occuper de leurs familles en attendant que la coopérative écoule la totalité de la production ».

L’apport de l’USADF sonne ainsi comme une bouffée d’oxygène parce qu’avant, se souvient Ousseni Welgo, les membres étaient obligés de contracter des prêts auprès des institutions de micro-crédit ou la Banque Of Arica (BOA), voir même la Caisse Populaire du Burkina Faso.

Cette démarche aidait difficilement à faire financer les activités de la coopérative compte tenu des taux d’intérêt très élevés qui rendaient hypothétiques le remboursement des prêts contractés. « C’était tellement coûteux qu’on ne s’en sortait pas », se désole-t-il.

Une alternative a été trouvée avec l’initiation du fonds de roulement qui rend facile l’accès aux intrants et aux matériels agricoles.

Le bonheur jusque dans les foyers

Le financement que l’USADF a accordé à la Coopérative Mitiri des Jeunes Producteurs de Riz de Bagre a eu des répercutions au-delà des activités de l’organisation. L’impact serait ressenti jusque dans la sphère familiale des membres.

Le président de la coopérative estime qu’avec l’appui de l’USADF, nos membres producteurs, ayant accès aux intrants, équipements à moindre coût et prêts bancaires qui leur permettent de faire normalement leur travail, ont eu la possibilité de consacrer plus de temps à leurs familles.

D’après lui, les producteurs sont même devenus des entrepreneurs agricoles grâce à un soutien non financier avec des formations sur les techniques de production.

Ce qui, à l’en croire, leur a permis de mieux organiser leur vie active et il a constaté que les rendements en terme de production ont augmenté.

Un état de fait qui s’est répercuté sur les revenus et les moyens de subvenir aux besoins des familles qui arrivent à vivre mieux qu’avant.

Assimiler le modèle « USADF » pour surmonter les exigences des autres bailleurs

Le président de la Coopérative Mitiri des Jeunes Producteurs de Riz de Bagre exprime ouvertement sa satisfaction vis-à-vis le modèle de la Fondation des Etats-Unis pour le Développement en Afrique (USADF) qui est matérialisé par un appui financier et technique.

« Nous sommes vraiment comblés et satisfaits à 100% du modèle USADF et son fonctionnement ».

A son avis, c’est un modèle à promouvoir en Afrique car « toute organisation qui respecte à la lettre les termes du partenariat avec eux, devient autonome et indépendante ».

Avant de lancer : « La maîtrise des procédures édictées pour décrocher leurs financements nous a permis de faire face aux conditionnalités de tout autre bailleur de fonds ».

M. Ousseni Welgo affirme ouvertement que leur compagnonnage avec l’agence américaine a inculqué à la coopérative une culture de rendre compte à ses membres et partenaires au terme de toute activité.

Plus de: allAfrica

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