Cameroun: Candidatures des chefs traditionnels - Il faudra du consensus

Les représentants du commandement traditionnel aux élections régionales sont désignés sur la base d'arrangements parfois difficiles à trouver.

Le département du Noun est probablement l'un des viviers du commandement traditionnel dans la région de l'Ouest. 18 chefs de 2e degré et 180 chefs de 3e degré, sous l'autorité traditionnelle du sultan des Bamoun, seul chef de 1er degré. C'est dans ce paysage qu'ont été investis, lundi dernier, les trois représentants du commandement traditionnel de ce département aux régionales. Il s'agit de Nganjü Vessah Ibrahim, chef supérieur du groupement Njinka, Nji Taname Njankouo Samuel Salvador, chef supérieur du groupement Mambain, Nji Mewouo Nsangou Mama, chef supérieur du groupement Koupare. Comment en sont-ils arrivés là ? Les parties prenantes à ce processus d'investiture parlent de «consensus retrouvé après quelques jours de tractations ».

Si dans le Noun cela a semblé évident, dans la Lékié, l'équation paraît bien plus complexe. En effet, avec ses deux chefs de 1er degré, 30 chefs de 2e degré et plus de 400 chefs de 3e degré, le département ne dispose que de deux sièges au conseil régional. S.M Jean Marie Mama, chef de 1er degré dans ce département et sénateur (donc inéligible) n'en exprime pas moins un grand embarras. « Nous travaillons dans la recherche du consensus. Ce qui n'est pas évident, au regard du nombre de prétendants. Or, nous devons tout faire pour nous entendre. Car, autant nous évitons le vote lors de la désignation des chefs traditionnels, autant nous ne devons pas ouvrir une telle compétition à cette occasion », confie-t-il. Une réunion de concertation est d'ailleurs prévue ce mercredi pour constituer la liste. Celle-ci sera dictée par quelques critères dont les plus importants sont les capacités intellectuelles et la maîtrise de la fonction de délégué régional. D'ores et déjà, au moins 12 prétendants sont enregistrés. « Ce qui est difficile, c'est que nous n'avons pas d'instance d'arbitrage contrairement aux formations politiques. Nous sommes donc condamnés à nous entendre entre nous », reconnaît S.M Jean Marie Mama.

Le Mfoundi avec ses cinq chefs de 2e degré et environ 300 chefs de 3e degré, attend également sa rencontre de recherche de consensus. Pour S.M Firmin Jean Benoît Etundi Atanga, chef de 2e degré du groupement Yanda, tous les esprits sont ouverts pour une représentation remarquable de l'autorité traditionnelle du département au conseil régional. Il faudra donc trouver la bonne formule pour choisir les deux chefs traditionnels du Mfoundi aux élections du 6 décembre prochain. Dans la Sanaga-Maritime-Nord, « le choix soit davantage porté sur des chefs capables de défendre les intérêts socio-économiques de la communauté », indique S.M. Imoma Imoma Bassong, chef de 2e degré du canton Babimbi.

Le commandement traditionnel est donc en compétition avant la lettre. S'il lui revient de définir des critères pour assurer sa représentativité, il est surtout confronté à l'épreuve du respect des dispositions du Code électoral. Il s'agit notamment de la composante sociologique et du genre, en plus de savoir lire et écrire l'une des deux langues officielles du Cameroun.

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