Ile Maurice: 4 Ti la pat - 200 chiens et un couple armé contre la maltraitance

16 Septembre 2020

4 Ti la pat est un sanctuaire pour animaux à La Brasserie depuis deux ans.

Mais l'association, fondée et dirigée par Linley et Priscilla Moothien, se bat depuis huit ans pour les canins abandonnés, maltraités ou laissés à moitié morts dans les rues. Comme septembre est le mois de la sensibilisation à la douleur animale, nous avons rencontré ce couple qui se donne corps et âme pour sauver les meilleurs amis de l'homme contre tous types de douleurs...

Assis sur leur niche ou se bagarrant affectueusement avec leurs camarades, une centaine de chiens se la coulent douce au sanctuaire de 4 Ti la pat, à La Brasserie. Ils ont chacun un passé douloureux mais ils ont eu la chance d'être sauvés d'avoir atterri à 4 Ti la pat. «Nous avons environ 200 chiens que nous soignons et à qui nous offrons une meilleure vie. Il y en a 120 à 150 ici à La Brasserie et une cinquantaine à notre domicile à Sable-Noir. Ces derniers sont chez nous car ils sont encore petits ou très mal en point et une dizaine qui sont handicapés et demandent beaucoup d'attention», confie Linley Moothien.

Pour ce couple, ces chiens, qu'ils appellent «leurs bébés», sont leur famille. Ils passent leurs journées à s'en occuper avec l'aide du personnel recruté pour les aider dans leurs tâches. Une journée type commence la veille, explique Priscilla. «C'est comme avoir une vie de famille avec de nombreux enfants. Il faut beaucoup planifier sans vraiment s'attendre que tout se passe exactement comme on le pensait. Linley s'occupe de toute la logistique et les finances alors que je m'occupe de tous les soins - les bobos, traitements, la réhabilitation, entre autres. Sans compter les moments de câlins.»

En effet, Linley et Priscilla affirment que s'occuper d'un sanctuaire demande énormément de temps, de patience, d'argent et surtout de beaucoup d'amour. Ils expliquent avoir fait le choix de mener cette vie et qu'ils s'y donnent à fond. «Nous dépensons un minimum mensuel de Rs 1 500 par chien, sans compter les frais du personnel. C'est de notre poche que nous avons acheté ce terrain et construit ce sanctuaire. Et nous assurons aussi de notre poche la nourriture, les traitements, etc.» Montrant des morceaux de bois et autres matériaux dans la cour du sanctuaire, ils expliquent que d'ailleurs toutes les constructions ne sont pas finies. Ils ont plein d'idées encore en voie de réalisation dans les mois à venir.

Mais d'où leur vient cet amour des animaux ? Le couple soutient que c'est inné. «On est sur le terrain depuis huit ans et notre but en ouvrant ce sanctuaire c'est pour vraiment mettre fin à la maltraitance animale en sauvant le maximum d'animaux que nous pouvons. Qu'ils soient petits, gros, blessés ou autres, nous les accueillons et tentons de leur offrir la meilleure des vies ici», confie Linley, qui ajoute qu'ils ne font pas d'adoptions. «Quand nous sauvons un animal et le soignons, nous ne faisons pas d'adoption. Premièrement, parce que nous nous attachons à cet être mais aussi parce que nous ne voulons pas qu'il se retrouve à la rue une nouvelle fois, comme cela a été le cas pour d'autres chiens que nous avons sauvés et donnés en adoption auparavant.» Linley et Priscilla expliquent qu'il n'y a rien de mieux que de s'occuper des animaux.

Cependant, ils font aussi face à des difficultés. Mis à part leur mise en demeure contre la MSAW pour leur pratique de «catch and euthanize», le couple Moothien allègue avoir récemment été victime de diffamation. «Un ancien employé a fait des mises en scène avec des photos d'animaux malades ou décédés derrière notre dos pour se faire de l'argent. Et cela s'est propagé sur les réseaux sociaux. Nous avons porté plainte contre lui. Cependant, cela nous a fait beaucoup de mal. On s'est fait incendier sur les réseaux sociaux et le plus triste, c'est que beaucoup de sauveteurs comme nous se sont prêtés au jeu du jugement.»

Malgré cela, le couple affirme ne pas baisser les bras. Car, sincère dans sa bataille, il explique qu'il continuera à se battre pour la cause animale, peu importent les critiques. D'ailleurs, il organise le 4 octobre des activités dans le cadre de la World Animal Rights Day.

Plus de: L'Express

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