Congo-Kinshasa: Près de 70 groupes armés signent un accord de cessez-le-feu au Sud-Kivu

Monusco
Des officiers FARDC

Près de 70 groupes armés étaient réunis jusqu'à mercredi à Murhesa, au nord de Bukavu, au Sud-Kivu, pour signer un nouvel accord de cessation des hostilités. Les conclusions du communiqué final ont été paraphées après trois jours de discussions organisées par trois ONG spécialisées dans la gestion des conflits.

Le texte prévoit la mise sur pied de comités de suivi informels chargés d'analyser le respect de la cessation des incidents et des hostilités et de produire pour usage confidentiel des cartographies des zones d'insécurité afin de responsabiliser les acteurs concernés et permettre l'identification des auteurs.

« Nous venons de signer la cessation des hostilités mais ce n'est pas la première fois qu'on signe, a rappelé Muhamiriza Jean-Scohier, porte-parole du groupe Twirwaneho, œuvre dans le territoire de Fizi. On signe la cessation et pourtant le lendemain les mêmes hostilités reprennent. Je crois que tout le monde est fatigué de la guerre. La guerre dans les hauts plateaux, ce n'est plus une affaire de milices comme on le croit, c'est le gouvernement qui s'y est ingéré, et c'est lui qui entretient les Maï-Maï, qui leur donne des armes et des minutions. Je pense que si le gouvernement est sincère avec lui-même, les choses vont devoir stopper. Les Twirwaneho, à la même heure où l'État va décider de nous protéger, nous, nous déposons les armes. »

Des accusations rejetées par la coalition Maï-Maï dénommée Biloze Bishambuke, présente dans la même zone. « Est-ce qu'une force loyaliste peut collaborer avec un groupe armé ? Non, nous ne collaborons pas avec les FARDC, a assuré le secrétaire général de la coalition, Aimable Rukangika. Nous n'avons pas signé pour le DDRC [Désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire, NDLR], nous avons signé pour l'intégration. Nous avons beaucoup œuvré dans des brousses, alors c'est le moment pour nous d'intégrer la force loyaliste, les FARDC, et nous voulons que le gouvernement congolais respecte nos grades et fonctions, c'est-à-dire les mêmes grades que nous avions chez nous dans les hauts-plateaux. »

Une demande rejetée en bloc par le ministre délégué de la défense Sylvain Mutombo, qui préfère l'intégration individuelle dans l'armée plus tard pour ceux qui répondront aux critères fixés par la loi.

Les responsables des groupes armés demandent aux FARDC de faire prévaloir un environnement de reconstruction de la confiance par la cessation des opérations et la sécurisation du retour volontaire des déplacés. Ils souhaitent si possible, rencontrer le président de la RDC à un endroit de son choix pour exprimer leurs motivations originelles et leur désir de voir l'État congolais prendre en main les enjeux.

Plus de: RFI

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