Cameroun: Nord - Scène de cannibalisation à Pitoa

Une femme égorge et fait cuire ses deux enfants dans le village de Badjengo département de la Bénoué.

L'adjudant qui nous reçoit en ce début d'après-midi à la brigade de Pitoa n'a pas de mots. Tout en manipulant son téléphone, il regarde la foule qui ne cesse de s'agglutiner devant les grilles de la clôture de la brigade. Depuis mardi matin, l'unité de gendarmerie est en fait devenue un lieu de « pèlerinage » d'un autre genre. Tous les habitants de Pitoa veulent voir de leurs propres yeux la nommée Salamatou épouse Amadou. Celle-là même qui est aux arrêts pour avoir égorgé ses propres filles dans la journée du lundi 14 septembre dernier.

Pour ensuite les faire cuire dans une marmite. L'adjudant Amadou, l'enquêteur, est également sous le choc. Il raconte : « Mardi matin aux environs de 8h, nous avons été saisis par un riverain du village Badjengo de ce qu'une dame nommée Salamatou épouse Amadou, 24 ans, a égorgé ses eux enfants, deux filles, Oumoul Haïri Amadou, âgée de 2 ans et Asmaou Amadou âgée de 6 mois. Après les avoir égorgées, elle les a préparées dans une marmite. Les faits se seraient produis lundi entre 11h et 16h en l'absence de l'époux parti pour le marché de Ngong dans les coups de 10h et de ses coépouses, aux champs », explique l'enquêteur. Il ne souhaite pas s'étendre davantage sur ce sujet en l'absence du chef d'unité, l'adjudant-chef major Ache Katchou retenue par une réunion de travail hors de l'unité lors de notre passage.

C'est au retour du marché de Ngong, ville située au sud de Pitoa, qu'Amadou, le chef de famille, constate l'absence de ses deux enfants. Intrigué, il interpelle son épouse qui lui fait comprendre que les enfants dorment déjà. Une dispute s'ensuit. Le drame va être ensuite découvert lundi aux environs de 22h. Les corps des enfants étaient découpés et gisaient déjà dans une marmite. D'autres parties ont été retrouvées dans un seau. Selon les recoupements effectués par CT, dame Amadou dit avoir jeté les effets qui ont servi à égorger ses deux enfants dans la fosse septique familiale.

Son mari, présent hier à la brigade de Pitoa, indique qu'il est marié à Salamatou depuis quatre ans. Polygame, il a deux autres femmes avec lesquelles il a 18 enfants. La gendarmerie de Pitoa qui a ouvert une enquête a sollicité la réquisition d'un médecin qui devra certifier si dame Salamatou est en pleine possession de toutes ses facultés mentales ou non. Gardée à vue à la brigade de Pitoa depuis mardi, elle ne montre jusque-là « aucun signe de démence », selon les gendarmes. Pour justifier cet acte horrible, crapuleux et odieux, la mise en cause évoque la « volonté de Dieu ».

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