Congo-Kinshasa: Mise en scène ?

Même avec un décor épuré, la mise en scène joue un rôle important dans la perception par le spectateur de par le placement des personnages, leur posture, l'éclairage, etc. En parlant de la politique à la congolaise, un seul homme, l'autorité morale de la première force politique en RDC qu'est le Front Commun pour le Congo (FCC), Joseph Kabila, ce gourou semble-t-il endosser ce rôle d'un véritable "metteur en scène".

Les deux présidents du parlement, l'actuel Premier ministre et certaines autorités du pays, assument leurs fonctions grâce à la volonté politique de cet homme, alors que d'aucuns le considéraient d'ores et déjà comme un simple retraité politique après ses 18 ans de règne. Mardi dernier, à l'hémicycle du palais du peuple,Kabila, ex Chef de l'Etat devenu aujourd'hui Sénateur à vie, a électrisé la foule en signant sa grande rentrée politique en assistant physiquement, pour la première fois, à la séance d'ouverture de la session ordinaire de septembre. Telle une mise en scène, son passage au siège du parlement congolais aura été loin d'être anodin. Il est entré en scène au moment où l'Etat fait face à plusieurs défis.

La crise économique et socialeen vogue, doublée de la crise politique, sanitaire et alimentaire. Et donc, nombreux veulent à ce que la dernière partie de l'année apocalyptique 2020,marquée par la Covid-19,soit différente de la précédente. Mais, comment y arriver ? Que doit-on attendre de retour de Kabila ? Tant des questions. Vient-il rassurer les siens, gagnés par la peur au ventre, c'est l'expression du président du Sénat, au regard de la colère du peuple qui s'est montré très agressif vis-à-vis de ses élus lors de la session d'avril ; principalement pour leur agir à contre-courant de la volonté de la majorité pas parlementaire, mais plutôt populaire.

Qu'à cela ne tienne, les appels à l'unité s'intensifient.

Alexis ThambweMwamba a compris le message. Voilà pourquoi, il a demandé aux deux chambres du parlement de prêter oreille aux manifestations du peuple. Une façon d'éviter l'inimitié qui s'installe entre le peuple et ses élus, avec le message fort du genre, boma député, tika policier, entendez tuer le député et laisser vivre le policier.

L'on espère que le discours apaisant de Présidents de deux chambres ne constituent pas une mise en scène. Mais, que réellement, on tiendrait compte désormais de l'expression populaire.

En clair, chaque personne dans la société doit jouer rôle comme il se doit et ce, pour l'amour de la patrie. Il est temps de passer de la mise en scène à la réalité. Chacun de son côté doit se battre pour construire un Congo grand, tolérant, un Congo où les fondements de la démocratie sont respectés.

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