Ouganda: Pétrole - L'Ouganda et la Tanzanie pour la construction d'un oléoduc

Le président Museveni (au centre) salue les responsables à leur arrivée à Chato en Tanzanie hier. À gauche, le président tanzanien John Magufuli.

Les présidents Yoweri Musevedi et John Magafuli ont signé un accord pour construire un pipeline pétrolier de 1500 km entre les deux pays. Le géant français Total partagera son exploitation avec la China national offshore oil Corporation (Cnooc).

En 2006, le groupe français Total découvre deux nouveaux champs pétrolifères: Kingfisher et Tilenga, dont la capacité est estimée à 6 milliards de barils.

Malgré les risques environnementaux, soulignés par certaines ONG, les deux chefs d'Etat ont procédé à la signature, le 13 septembre, d'un accord favorable à la construction d'un oléoduc pouvant acheminer l'or noir de la région du lac Albert, en Ouganda, jusqu'au port de Tanga, en Tanzanie. Les travaux vont démarrer d'ici à la fin de l'année. Le coût de cette canalisation est estimé à 3,5 milliards de dollars.

L'ensemble du projet, quant à lui, est évalué à 20 milliards de dollars. Il ferait de l'Ouganda le 5e producteur de pétrole d'Afrique. Pour respecter les règles de l'art, les deux entreprises, le groupe Total et la CNOOC prévoient de creuser 500 puits dans la région, et ont planifié la construction d'un pipeline de près de 1500 km.

Ce programme apportera un vrai développement dans la région, la construction de nouvelles infrastructures (routes, aéroport) et créera des emplois, malgré un impact certain sur l'environnement que les deux groupes s'emploieront à diminuer.

Le gouvernement ougandais envisage de gagner au moins 1,5 milliard de dollars par an et d'augmenter son PIB par habitant, de 630 dollars à plus de 1 000 dollars. « Nous voulons que nos peuples travaillent vite pour lancer ce projet », a déclaré le président ougandais, Yoweri Museveni.

Du côté de la Tanzanie, on affirme que le projet créera 10 000 emplois et que plus de 90 000 personnes seront dédommagées pour la construction de l'oléoduc. Pour le président tanzanien John Magufuli, « cette signature est une étape cruciale dans l'application du projet qui va non seulement créer des emplois, mais aussi promouvoir la coopération régionale et stimuler le développement économique dans les zones traversées par l'oléoduc ».

Les défenseurs de l'environnement ont mis en garde, dans un rapport récent, contre les risques que fait peser le méga projet pétrolier sur les modes de vie des populations et à "des écosystèmes extrêmement sensibles dans une région dont la biodiversité est une des plus riches au monde". Pour le WWF, le pipeline "va mener à des perturbations importantes, à la fragmentation [des écosystèmes] et à une augmentation du braconnage dans un habitat naturel doté d'une importante biodiversité".

La NCEA déplore, dans le rapport d'impact produit par les deux firmes, l'absence de questionnements sur l'impact environnemental, et juge "sombre " l'avenir de la forêt de Bugoma-un sanctuaire de 400 km² pour les chimpanzés - ainsi que le futur des poissons du lac Albert fournissant 30 % de la pêche en Ouganda.

Au sujet du pipeline, les firmes Total et CNOOC affirment que le tuyau sera enfoui jusqu'à deux mètres de profondeur sur la majorité de son parcours, qu'un couloir de 30 m de large, au-dessus du pipeline, sera entièrement dégagé de toutes les constructions, des cultures vivrières et des arbres.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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