Burkina Faso: Elections du 22 novembre 2020 - Le CGD plaide pour des élections apaisées

16 Septembre 2020

Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a organisé, le mardi 15 septembre 2020, à Ouagadougou, une conférence publique pour des élections inclusives et transparentes en novembre prochain.

A deux mois des élections couplées présidentielle et législatives du Burkina Faso, le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) veut jouer le rôle de veille et de sensibilisation des acteurs politiques pour des élections apaisées, transparentes et inclusives au soir du 22 novembre 2020.

Pour ce faire, le CGD, en partenariat avec le PNUD, a organisé un dialogue démocratique, le mardi 15 septembre 2020, à Ouagadougou, sous le thème : « Les élections en contexte de crise sécuritaire : comment relever les défis de l'inclusion et de la transparence ? ». C'est à l'occasion de la Journée internationale de la démocratie.

Cette rencontre, selon les panélistes, a pour but de sensibiliser les populations et d'interpeller les acteurs que sont les partis politiques, la société civile, les structures intervenant dans le processus électoral et les médias à jouer pleinement leur rôle pour des élections libres, transparentes et inclusives lors des prochains scrutins.

Pour le professeur Augustin Loada, les élections constituent un critère essentiel dans la consolidation de la démocratie. Mais, elles n'épuisent pas toutes les problématiques de la construction démocratique.

« Les élections, ce n'est pas seulement désigner des gouvernants. Elles ont d'autres fonctions plus importantes, les fonctions d'imputabilité, de redevabilité », a-t-il précisé. Les élections doivent être un moyen d'évaluation de la gestion des affaires publiques. Pour ce faire, l'éducation démocratique doit être assurée par tous les acteurs.

« Il faut expliquer au peuple que les élections sont aussi un moyen de sanctionner les dirigeants à qui il a donné sa confiance. Si le peuple est satisfait de la manière dont le pouvoir a été exercé, il doit les reconduire.

Mais s'il n'est pas satisfait, il doivent les sanctionner et les remplacer par une autre équipe », a martelé le Pr Loada.

Les élections, pour participer à la consolidation démocratique, a-t-il poursuivi, doivent remplir un certain nombre de propriétés et il s'agit d'élections concurrentielles, pluralistes autour d'un projet et reflétant la volonté du peuple.

Assurer l'égalité de chances

Quant au député de la majorité Ousseyni Tamboura, la CENI, le Parlement, le cadre de dialogue politique et le gouvernement sont pour le maintien des élections au regard des enjeux. C'est ce qui a, selon lui, justifié la modification du Code électoral. « Ce sont surtout les articles 148 et 155 qui ont été modifiés », a-t-il précisé.

Et ces articles prévoient qu'en cas de force majeure et de circonstance exceptionnelle, seuls les résultats des scrutins issus des zones indemnes seront pris en compte. « Il est quasi évident que la CENI ne va pas se déployer dans toutes les communes et il y aura des communes où il n'y aura pas de vote », a-t-il déploré.

Abordant la question des déplacés internes, l'honorable Tamboura a tenu à préciser qu'ils voteront pour leurs communes d'accueil.

Ce qui pose particulièrement des problèmes pour les élections municipales et législatives. Néanmoins un plan de sécurisation s'avère, selon le parlementaire, nécessaire pour le bon déroulement des élections.

Lequel plan, aux dires du député, figure dans les six recommandations faites à l'exécutif. Le professeur Djihina Ouédraogo s'est, quant à lui, appesanti sur la responsabilité des structures chargées d'encadrer le jeu électoral, à savoir le Conseil constitutionnel, la Commission électorale et le Conseil supérieur de la communication.

Mais le Conseil constitutionnel est le plus déterminant au regard de son rôle prépondérant dans le processus, a relevé le professeur de droit.

« L'article131 de la Constitution stipule que le juge constitutionnel prend toutes les dispositions pour assurer l'égalité de chances », a-t-il déclaré.

L'universitaire a, en outre, demandé une reconsidération du parrainage et du financement des campagnes électorales pour un équilibre de jeu entre les candidats.

Plus de: Sidwaya

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