Burkina Faso: Mariage d'enfants - Les patrons de presse GALOPent avec Sika Kaboré

Le Groupe d'actions de lobbying et de plaidoyer (GALOP), avec à sa tête l'épouse du chef de l'Etat, Sika Kaboré, veut passer à la vitesse supérieure dans sa lutte contre le mariage précoce d'enfants.

Après les journalistes, c'est avec les patrons de presse que le GALOP s'est entretenu le jeudi 17 septembre 2020. Objectif, susciter leur adhésion à cette cause en vue d'éliminer les mariages d'enfants au Burkina.

Au Burkina, 10% des femmes sont mariées avant l'âge de 15 ans et 52% (soit 1/2) se marient avant 18 ans. Ce phénomène est présent sur l'ensemble du territoire à différents degrés.

Selon l'UNICEF, en 2014, le Pays des hommes intègres était en 2e position avec un taux de 55% de femmes ayant un âge compris entre 20 et 24 ans qui ont déjà trois enfants ou plus à leur charge.

Toutes choses qui contribuent à transmettre la pauvreté de génération en génération, à augmenter le taux de mortalité maternelle et post infantile en Afrique subsaharienne.

Sans oublier les multiples conséquences qui vont avec, notamment l'abandon des classes, la baisse du niveau d'éducation des filles.

Pire, ce phénomène a privé le pays d'une bonne partie de son capital humain si bien que l'amélioration du dividende démographique et l'atteinte des objectifs de développement durable dépendent fortement des avancées réalisées dans l'éradication du mariage d'enfants.

Cette situation qui reflète malheureusement la réalité sous nos cieux ne pouvait laisser indifférent le GALOP qui, en partenariat avec l'ONG Voix de Femmes, a à cœur de faire bouger les lignes afin de changer ces chiffres avec pour objectif qu'aucune fille ne soit appelée madame.

Ainsi, après la formation des journalistes et communicateurs les 6 et 8 août dernier, le GALOP a décidé d'aller vers les patrons de médias afin de susciter l'adhésion et l'engagement de ces derniers en vue d'accélérer l'élimination du phénomène.

C'est ce qui justifie la rencontre du jeudi 17 septembre à la maison de la Femme de Ouagadougou. Le GALOP entendait par là, non seulement favoriser un espace de sensibilisation dans les organes de presse mais également encourager la publication de productions journalistiques en rapport avec la problématique du mariage d'enfants.

Pour la première dame, cette rencontre s'inscrit dans le cadre de leur programme d'activités de cette année : « Après avoir mis en place le Réseau des journalistes et communicateurs pour la promotion de l'abandon du mariage d'enfants, nous avons demandé à rencontrer les responsables des médias afin de solliciter leur soutien pour la publication des productions journalistiques qui leur parviendront par le biais du réseau », a souligné Sika Kaboré en précisant que c'est ainsi que la structure qu'elle préside pourra atteindre le maximum de lecteurs, d'auditeurs et de téléspectateurs afin de parvenir à la tolérance zéro en ce qui concerne le genre, plus précisément l'excision et le mariage d'enfants.

La cinquantaine de participants ont échangé à bâtons rompus avec les membres du GALOP. Comme souhaité par la première dame, chacun des participants a individuellement pris l'engagement de contribuer à la lutte contre ce fléau. Ils ont ainsi paraphé un document en guise d'engagement qu'ils ont remis main à main à l'épouse du chef de l'Etat, Sika Kaboré.

Plus de: L'Observateur Paalga

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