Niger: Revendication de l'assassinat de six français au Niger par l'Etat ismalique - La France doit garder l'arme au pied

17 Septembre 2020
analyse

On en sait un peu plus sur le massacre de huit personnes dont six touristes français, le 9 août dernier, à Kouré, au Niger. En effet, dans un communiqué rendu public hier, 17 septembre, l'Etat islamique revendique cette attaque qui avait eu lieu en plein jour dans une zone qui abrite les derniers troupeaux de girafes d'Afrique de l'Ouest, située à une centaine de kilomètres de Niamey, la capitale.

On se rappelle que la plupart des victimes avaient été abattues par balles et une femme, dit-on, qui avait réussi à prendre la poudre d'escampette, avait été rattrapée et égorgée sans autre forme de procès. Une véritable boucherie humaine, s'il en est, qui n'est pas sans rappeler les autres atrocités commises par les groupes armés au Niger où plus de 80 soldats avaient péri dans une attaque, en décembre 2019.

C'est la preuve donc pour ceux qui en doutaient encore, qu'en dépit de sa voilure réduite, l'Etat islamique, puisque c'est ce mouvement qui a revendiqué l'attaque, dispose toujours d'une capacité de nuisance redoutable et qu'il serait périlleux pour les dirigeants de la sous-région, de dormir sur leurs lauriers. Car, il y va même de la survie de leurs pays respectifs.

En tout cas, la revendication de cette orgie sanglante doit sonner davantage la mobilisation des forces et ce, aussi bien au niveau des pays du G5 Sahel que de leurs partenaires, en l'occurrence la France à qui les terroristes veulent à tout prix faire payer un lourd tribut pour son engagement dans la bande sahélo-saharienne.

On en vient à se demander pourquoi l'Etat islamique a tant tardé à revendiquer cette attaque

Rappelons que le drame de Kouré est intervenu au moment où un changement venait d'être opéré à la tête de la Force Barkhane. En effet, le général de division, Pascal Facon, avait transmis, le 3 août dernier, le bâton de commandement à un autre général de division, en l'occurrence Marc Conruyt.

A travers cette sortie de l'Etat islamique, ce nouveau patron de Barkhane doit savoir qu'il a du pain sur la planche et que sa mission est loin d'être une partie de plaisir. Avec 5 100 hommes, il sait désormais à quoi s'attendre ; tant l'ennemi d'en face est imprévisible et use constamment de méthodes perfides pour ne pas dire lâches.

Cela dit, l'on en vient à se demander pourquoi l'Etat islamique a tant tardé à revendiquer cette attaque. Faut-il y voir un signe de couardise ou une stratégie de guerre ? Tout laisse croire que la dernière thèse est plus plausible car, ces ingénieurs du mal ne craignent ni Dieu, ni la mort. Bien au contraire, ils sont nombreux les combattants de l'Etat islamique qui défient quotidiennement la mort même si l'on ne peut jurer la main sur le cœur, qu'ils n'ont pas été endoctrinés ou dopés aux stupéfiants.

Cela dit, la France est désormais suffisamment prévenue et elle gagnerait à changer son fusil d'épaule. Autant dire qu'elle doit garder l'arme au pied car, cette sortie de l'Etat islamique n'est ni plus ni moins qu'un pied de nez fait à l'Armée française.

Plus de: Le Pays

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