Madagascar: Atsimo-Andrefana - Un terrain de coton litigieux fait des morts

Deux personnes ont été tuées à la suite d'un litige foncier non résolu depuis une trentaine d'années entre deux frères. Le Dinabe n'a pas encore été appliqué.

DEUX frères s'entretuent dans le fokontany d'Ankililaly, commune rurale de Soahazo, dans le district de Toliara II. Deux hommes ont trouvé la mort à la suite d'une attaque en plein jour, le 4 septembre. « Des mercenaires envoyés par le chef du fokontany sont venus chercher l'homme appelé Haraly qui s'occupait de mon terrain de coton, et lui ont tout de suite tiré au ventre. Un autre homme qui était avec lui, voulait s'enfuir, mais il a reçu un coup de hache à la tête et décède sur le coup. Haraly est aussi mort durant son évacuation vers l'hôpital de Soahazo », décrit Didier Ratsimbazafy, qui se dit propriétaire du terrain de coton où travaillait Haraly.

La maisonnette de Haraly a été ensuite brûlée. Le chef du fokontany est présenté par des sources locales, dont l'adjoint au maire de Soahazo, comme étant un fils du richissime propriétaire du terrain. Haraly avait été élevé avec lui dans son enfance et à la mort du père du chef du fokontany, celui-ci aurait cédé une parcelle de terrain à Haraly. Depuis, la discorde s'est installée entre les deux demi-frères car le chef du fokontany aurait accusé Haraly d'avoir falsifié les papiers réels de la superficie de son terrain lorsqu'il en a vendu une partie. Ce dont la victime aurait toujours nié. Onze dossiers de poursuite ont été présentés devant le tribunal concernant ce litige foncier.

Palabres

Le gendre du défunt Haraly qui habiterait non loin de la maisonnette brûlée, a témoigné à la gendarmerie et devant le chef du district de Toliara II, venus pour enquêter le lendemain du meurtre, qu'il a vu de ses propres yeux les tueurs de son beau-père. Il dit les connaître et que l'un d'eux s'avèrerait être « le fils du chef du fokontany ». Les familles des victimes ont déclaré à l'adjoint au maire et au reste des habitants qu'il est inutile de suivre les traces des meurtriers, puisqu'ils sont connus.

Elles ont néanmoins demandé à ce que le Dinabe, pacte communautaire de sécurité, soit appliqué et les sentences auraient prononcé qu'une centaine de zébus leur soient offerts. Le commandant de compagnie de Toliara a annoncé hier, que le chef du fokontany et son fils ont été placés sous mandat de dépôt depuis lundi à Toliara. « Quatre autres personnes indiquées pour avoir contribué à ce double meurtre par les soi-disant témoins, courent encore dans la nature », explique-t-il. L'application des sentences du Dinabe devra attendre les palabres du Dinabe-district.

Plus de: L'Express de Madagascar

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