Afrique: La FAO alerte l'ONU sur la nécessité d'agir en urgence pour prévenir le risque de famine au Burkina Faso, au Soudan du Sud

Un éleveur
communiqué de presse

Rome/New York, — Au nord du Nigéria, en République démocratique du Congo, en Somalie et au Soudan, les conflits et le COVID-19 aggravent l'insécurité alimentaire

Le Directeur général de la FAO, QU Dongyu,a averti le Conseil de sécurité des Nations Unies de la menace de famine qui pèse sur le Burkina Faso, le Soudan du Sud et le Yémen et a appelé à mener de toute urgence une intervention humanitaire unie pour sauver des vies et préserver les moyens d'existence.

«Malheureusement, les conflits et l'instabilité, que le COVID-19 ne fait qu'accentuer, aggravent la faim et l'insécurité alimentaire aiguë dans beaucoup d'autres contextes, en particulier dans les zones où les conflits et d'autres facteurs, tels que les turbulences économiques et les conditions météorologiques extrêmes, plongent déjà les populations dans la faim et la pauvreté», a-t-il déclaré.

Dans l'allocution sur les conflits et la faim qu'il a adressée au Conseil de sécurité, QU Dongyu est aussi revenu sur la situation catastrophique au nord du Nigéria, en République démocratique du Congo, en Somalie et au Soudan.

Le Conseil de sécurité a invité le Directeur général de la FAO, ainsi que M. Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, et M. David Beasley, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, à présenter un compte rendu de la situation relative à la sécurité alimentaire dans plusieurs pays touchés par l'insécurité alimentaire.

«Partout dans le monde, les plus gravement touchés sont les pauvres urbains, les travailleurs du secteur non structuré et les communautés pastorales, mais aussi les groupes qui sont déjà particulièrement vulnérables, tels que les enfants, les femmes, les personnes âgées, les personnes malades et les personnes handicapées», a déploré le Directeur général de la FAO.

«Nous devons agir sans tarder pour éliminer la faim, assurer la prévention et la production au plan local, générer une volonté politique et mener des actions collectives, car les prévisions concernant la sécurité alimentaire en 2020 sont de plus en plus mauvaises», a-t-il ajouté.

M. QU Dongyu s'était déjà adressé au Conseil de sécurité une première fois cette année, au mois d'avril, pour parler, avec M. Lowcock et M. Beasley, de l'insécurité alimentaire liée aux conflits.

Le COVID-19 et le criquet pèlerin parmi les facteurs aggravants de l'insécurité alimentaire aiguë

M. QU Dongyu s'est dit profondément préoccupé par les dernières informations sur la situation en République démocratique du Congo, où 21,8 millions de personnes ne sont pas en mesure de se nourrir suffisamment tous les jours, ajoutant que «jamais autant de personnes ne s'étaient trouvées en situation d'insécurité alimentaire aiguë à un niveau de crise, voire pire, dans un pays».

Le Directeur général de la FAO a également signalé que le criquet pèlerin faisait peser une menace supplémentaire sur les disponibilités alimentaires au Yémen

«La FAO exhorte toutes les parties concernées à faire le nécessaire pour permettre l'exécution des opérations de lutte destinées à empêcher ce ravageur d'aggraver encore davantage la situation au Yémen et ailleurs», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, il s'est dit très alarmé par l'aggravation de la situation au Burkina Faso, où le nombre de personnes souffrant de l'insécurité alimentaire aiguë à un niveau de crise ou pire a presque triplé.

Dans le nord du Nigéria, entre juin et août 2020, le nombre de personnes en proie à l'insécurité alimentaire aiguë à un niveau de crise ou d'urgence a augmenté de 73 pour cent par rapport au pic de 2019, s'établissant ainsi à près de 8,7 millions, a indiqué M. QU.

Il a expliqué que, en Somalie, 3,5 millions de personnes se trouvaient dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë à un niveau de crise ou pire depuis juillet 2020.

Cette hausse de 67 pour cent par rapport au pic de 2019 est le résultat du triple choc survenu cette année, du fait du COVID-19, des inondations et de la recrudescence du criquet pèlerin.

«Bien que la lutte contre les criquets ait considérablement progressé, la FAO ne ménage pas ses efforts pour pérenniser les opérations d'enrayement», a précisé le Directeur général.

Au Soudan, le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire d'urgence a augmenté de 64 pour cent entre juin et septembre 2020, pour atteindre environ 9,6 millions. Ce chiffre est le plus élevé jamais enregistré dans le pays, et les fortes inondations ne font qu'aggraver la situation.

Combattre l'insécurité alimentaire aiguë et exploiter les possibilités offertes par les investissements et l'innovation

Dans son allocution devant le Conseil de sécurité, le Directeur général de la FAO a appelé à appliquer un «ensemble de solutions» pour combattre efficacement l'insécurité alimentaire aiguë.

Il a déclaré que les interventions menées à l'interface entre l'action humanitaire, le développement et la paix devaient être bien coordonnées et complémentaires, et se renforcer mutuellement à tous les niveaux (mondial, régional, national et local).

«Les acteurs humanitaires peuvent fournir une aide d'urgence. Les systèmes alimentaires, quant à eux, peuvent jouer un rôle plus durable afin d'améliorer la production, la nutrition, l'environnement et les conditions de vie», a expliqué M. QU.

Il a indiqué qu'il y avait néanmoins une «bonne nouvelle», à savoir que la FAO prévoyait une récolte abondante à l'échelle mondiale pour les principales cultures - qui constituerait un record absolu, 58 millions de tonnes au-dessus de la production de 2019.

M. QU a souligné que ces résultats avaient été obtenus grâce à des politiques porteuses, à l'innovation, à des investissements et au «travail acharné de millions d'agriculteurs».

«Nous pouvons parvenir à une paix et une harmonie durables grâce à des politiques et des investissements efficaces dans le domaine des infrastructures et au renforcement des capacités en matière de développement rural, en particulier dans les zones de conflit», a-t-il ajouté.

M. QU estimait que le Conseil de sécurité pouvait jouer un rôle crucial face au risque d'insécurité alimentaire aiguë liée aux conflits, en encourageant le dialogue et en trouvant des solutions aux conflits et aux violences.

Cela permettrait de renforcer les interventions d'urgence qui sauvent des vies et des moyens d'existence et de mieux intégrer les actions humanitaires et de développement visant à contrecarrer les multiples facteurs qui sous-tendent l'insécurité alimentaire.

«Une fois encore, permettez-moi de vous assurer de l'appui continu du Conseil de la FAO, qui peut prendre plusieurs formes: avis en matière de politiques, assistance technique, plateforme sur les mégadonnées et services concrets sur le terrain», a conclu le Directeur général.

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