Afrique: Créer un environnement sanitaire sécurisé, une exigence amplifiée par la Covid-19

Brazzaville — « Le 17 septembre de chaque année, nous célébrons la Journée mondiale de la Sécurité des Patients qui est fondée sur le principe déclarant que la première étape pour dispenser des soins de santé de qualité consiste à ne pas nuire.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans des hôpitaux de pays à revenu faible et intermédiaire, on recense chaque année 134 millions de manifestations indésirables dues à l'offre des soins dangereux, avec pour corollaire 2,6 millions de vies perdues ».

C'est avec ces propos liminaires que la Ministre de la santé et de la population, de la promotion de la femme et de l'intégration de la femme au développement (MSPPFIFD), Mme Jacqueline Lydia Mikolo a introduit son allocution relative à la à la célébration de cette Journée instituée en Mai 2019 par la 72ème Assemblée mondiale de la Santé.

Au cours de la cérémonie organisée à cet effet, dans la soirée du 16 septembre 2020 dans les jardins publics du siège de la Préfecture de Brazzaville, la Ministre en charge de la santé s'est adressée aux cadres et responsables nationaux et départementaux des structures de santé, en présence entre autres des membres de son cabinet, des représentants et/ou délégués des agences du système des Nations Unies, des ONGs, associations et de la société civile.

Cette allocution a été suivie par un évènement symbolique émouvant : l'éclairage et/ou l'illumination en couleur orange de la stèle érigée en mémoire des victimes de l'intolérance politique.

En procédant à ce geste, Mme Mikolo a donné, au nom du gouvernement congolais, une réponse favorable à la proposition faite par l'OMS aux villes du monde entier d'illuminer en orange des lieux et des monuments emblématiques pour célébrer cette journée.

Eclairer ou allumer un monument de la couleur orange représente, symboliquement, une reconnaissance publique très visible des efforts déployés par les travailleurs de la santé dans le monde entier pour fournir chaque jour des soins de santé sûrs à leurs patients.

S'exprimant sur l'objectif de cette journée, elle a évoqué l'exposition permanente des agents de santé en première ligne aux risques infectieux en raison des soins qu'ils prodiguent aux patients.

A ce titre, a-t-elle indiqué, cette Journée célébrée cette année sous le thème « Sécurité des agents de santé : une priorité pour la sécurité des patients », constitue une interpellation pour les décideurs et les responsables de la santé au renforcement des stratégies de protection des agents de santé contre le risque infectieux.

Elle a poursuivi en précisant que cette réalité « a été vécue de façon plus intense avec le contexte de l'épidémie COVID-19 dans le pays. « La rapide transmission de cette maladie dont les contours ne sont pas encore totalement établis, a mis à rude épreuve tous les systèmes de santé par son effroyable contagiosité.

Au Congo, sur 5 000 cas infectés à ce jour, 192 cas soit 3,8%, sont des agents de santé qui sont en première ligne », a-t-elle affirmé, ajoutant que cette sécurité des patients est une composante essentielle de renforcement du système national de santé en vue de parvenir à la couverture sanitaire universelle.

« La journée dont nous lançons la célébration ce jour, doit nous permettre de mieux faire comprendre aux usagers des hôpitaux que la sécurité du patient commence par celle des agents de santé et qu'il nous faut mettre en place une collaboration et une communication ouvertes entre les équipes soignantes, les patients et leurs accompagnants, ainsi que des associations professionnelles dans l'intensification des pratiques d'hygiène en milieux des soins.

A ce titre, il convient de s'y investir tous conformément au slogan « Agents de santé en sécurité - Patients en sécurité » pour éviter toute forme de maladies nosocomiales.

La Ministre de la santé a en outre exprimé la volonté du gouvernement d'intensifier, à l'instar de tous les gouvernements dans ce contexte marqué par la crise épidémique, la sécurité des personnels de santé, surtout ceux qui sont en première ligne.

« Au Congo, a-t-elle déclaré, cette sécurité se fait à travers la mise en œuvre des activités dans le cadre du comité technique de riposte à la COVID-19, la commission Prévention et contrôle des infections, couplée de la mise en place des unités de pré tri dans les formations sanitaires et à la disponibilité des équipements de protection individuelle.

Dans le cadre de la sécurité des patients, outre la charte des patients en général, et de parturientes en particulier, le gouvernement a mis en place un programme nationale de lutte contre les maladies nosocomiales dont les missions sont les suivantes : prévention et contre les infections nosocomiales et renforcement de l'hygiène hospitalière ; mise en place des unités de lutte contre les nosocomiales ; planification, coordination et supervision des activités de lutte contre les infections nosocomiales ; promotion de bonnes pratiques d'hygiène hospitalière et de lutte contre les infections nosocomiales ; mobilisation des ressources nécessaires à la lutte contre les infections nosocomiale ; gestion correct des déchets biomédicaux solides et liquides ; promouvoir la recherche contre les infections nosocomiales »

Mme Mikolo a conclu son allocution en exhortant tous les responsables des structures sanitaires à renforcer les actions suivantes : s'approprier et mettre en œuvre la politique nationale des déchets biomédicaux ; mettre en place les comités de lutte contre les infections nosocomiales ; diffuser les recommandations d'hygiène appropriées en cas d'accident ou d'exposition au sang ; promouvoir le lavage des mains ; prendre toutes les mesures d'hygiène générale et hospitalière pour rendre agréable les conditions de travail du personnel de santé et les conditions de vie des malades.

Juste avant de procéder à l'illumination du monument, geste qu'elle a qualifié de « véritable appel d'humanisation des soins dans les formations sanitaires. la Ministre de la santé a réitéré la profonde gratitude du gouvernement aux personnels de santé pour les efforts déployés en vue de réduire la contamination en milieu des soins et assurer les soins de qualité avec assurance tout en garantissant celle des agents de santé.

Le monument aux « victimes de l'intolérance politique » érigé dans les jardins de la Préfecture en mémoire des victimes innocentes tuées dans le cadre du contentieux de la décennie des guerres civiles qui endeuillèrent le pays de 1993 à 2003, met en relief trois femmes mutilées et décapitées, le buste dénudé jusqu'à la taille.

L'endroit choisi borde le boulevard Alfred-Raoul, ex-boulevard des Armées, qui est le lieu exceptionnel où la République reprend son souffle, le 15 août, de chaque année, pour fêter le jour de l'indépendance nationale à travers un défilé civil et militaire solennel.

Aux abords du boulevard, est élevé le Palais des congrès que tutoie désormais le ministère des Affaires étrangères.

Construite en 1984, la bâtisse demeure dans l'imaginaire collectif le siège de la Conférence nationale souveraine de 1991 qui relança le processus démocratique dans le pays. Il est aussi le miroir des grandes cérémonies publiques.

C'est là que le Président de la République du Congo a rendez-vous avec ses compatriotes et la communauté diplomatique : souvent pour délivrer son message sur l'état de la nation, parfois pour rendre hommage à un digne fils du pays disparu.

Le Palais des congrès abrite, par ailleurs, diverses rencontres d'associations de la société civile, messes de réconciliation et conférences internationales.

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