Congo-Kinshasa: Réformes électorales - Le G13 pris au piège du FCC

18 Septembre 2020

Nombre de compatriotes pensaient qu'après avoir bouclé son round de consultations des forces politiques et sociales, entre juillet et septembre 2020, au sujet de la recherche d'un consensus autour des réformes électorales, et déposé ses conclusions sur la table du Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi, le lundi 14 septembre, le G 13 (Groupe de 13 parlementaires et personnalités) allait poursuivre sa campagne en direction des structures réfractaires à sa démarche. Au lieu de cela, il a préféré ficeler une proposition de loi sur les réformes électorales, laquelle vient d'être déposée au bureau de l'Assemblée nationale.

Les non initiés pourraient croire que c'est la bonne option pour obtenir le toilettage des textes qui sous-tendent le processus électoral, notamment la loi électorale, la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). Hélas, c'est plutôt le contraire.

En décidant d'amener le dossier des réformes électorales à l'Assemblée Nationale, le G13 est tombé dans le piège du FCC (Front Commun pour le Congo). En effet, avec sa majorité mécanique, la famille politique de l'ancien Chef de l'Etat ne va pas commettre la bévue de laisser passer des innovations de nature à réduire à néant ses chances de refaire, lors des élections de 2023, le plein des élus à l'Assemblée nationale, au Sénat, ainsi que dans les Assemblées provinciales.

Ce qu'il faut redouter le plus, dans l'initiative du G13, est que le FCC se saisisse de ce document pour y apporter des amendements tels que le peuple congolais risque de se retrouver, comme janvier 2011, devant un « monstre » comparable à une révision constitutionnelle de fait. On voit mal cette famille politique, qui a grande soif de modifier la Constitution, se faire harakiri, en se laissant emprisonner dans les innovations du G13.

Le FCC ne demanderait pas mieux que de sauter sur la passe en or lui faite par cette frange de compatriotes pour donner corps à l'idée lancée dernièrement par un de ses députés nationaux, Ngoy Kasanji pour ne pas le citer, suggérant l'élection du Président de la République au second degré. Par ailleurs, les dispositions relatives au seuil de représentativité et à la proportionnelle, qui avaient permis aux « Kabilistes » de réaliser un raz de marée électoral en 2018 au niveau du Parlement national et des parlements provinciaux, ne pourraient, en aucun cas, être abandonnées pour les beaux yeux des membres du Groupe des 13.

En tournant et retournant toutes les facettes de la proposition de loi du G13, force est de constater que ses auteurs courent non seulement droit à l'échec mais, pire, jettent l'opposition dans le gueule des parlementaires du FCC.

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