Cameroun: Livre - Le rosaire poétique de Danielle Eyango

Le recueil intitulé « Le parfum de ma mère » vient d'être publié aux Editions de midi.

« J'écris pour guérir ». Cette phrase répétée encore et toujours par Danielle Eyango ouvre une fenêtre au lecteur sur la démarche littéraire de l'écrivaine. Danielle Eyango, c'est l'écriture-thérapie. Elle le démontre une fois de plus avec sa deuxième œuvre, un recueil de poèmes illustré intitulé « Le parfum de ma mère », publié aux Editions de midi en août 2020. Huit ans après un roman en prose inspiré de conversations dans la vie et dans la mort avec son oncle, « Kotto Bass. Comme un oiseau en plein envol ».

« Le parfum de ma mère », au-delà du recueil de poésie de 76 pages, est aussi le titre d'un des 17 poèmes. Un poème qui a remporté le 3e prix du concours Africa Poésie 2020. Et pour en revenir à l'œuvre tout entière, elle permet à Danielle Eyango de continuer son parcours initiatique. Explorant la nuit. La nuit comme noirceurs de l'âme, situations difficiles, mais aussi comme univers d'introspection, où seule face à elle-même, l'auteure s'entend, se dévoile et partage son moi profond, aussi peu idéal soit-il à ce moment-là, avec le lecteur. D'ailleurs, dix des poèmes du recueil sont sortis de l'imaginaire de la poétesse après le coucher du soleil. Un exercice de sincérité pour la bonne chrétienne catholique qu'est Danielle Eyango, appliquant à la lettre le verset 8, chapitre 32 de l'évangile selon Jean : « Vous connaitrez la vérité et la vérité vous affranchira. »

La vérité de Danielle Eyango, de vers en vers, de strophe en strophe, oscille entre méditation et expiation des fautes de la société, de la famille. A travers une écriture tumultueuse, tourmentée. Ici, le tourment n'est pas lamentation, plutôt source du perpétuel questionnement de l'individu. Les mots, habités, possédés, vivants, se bousculent : solitude, nuit (bien sûr), froid, blessure, minuit, désert, sang, muet, mur, rose... La rose toutes épines dehors, bien loin de toute pensée romantique. Même si le recueil, dans son ensemble, peut lui s'apparenter au courant poétique romantique avec son verbe brut, coloré, expressif.

Une écriture en mouvement par laquelle l'auteure finit par sortir de sa nuit noire, de son champ de bataille, pour entrevoir la lumière au bout du chemin, parler d'espoir. On passe ainsi des « rêves engloutis » dans « Le parfum de ma mère », poème inaugural, à « Une bouteille à la mer », vers de clôture, qui « s'en va chercher le Soleil... . » Au final, Danielle Eyango livre un rosaire poétique qui égrène les maux pour mieux les laisser s'évaporer dans le passé et dessiner un avenir porteur d'espérance. Un rosaire qui attend le grand public pour une séance de dédicace ce 19 septembre à la Fnac Douala dès 14h.

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