Afrique: Notation financière - Le risque pays de la Côte d'Ivoire 2020 évalué à 5,7 sur 10

18 Septembre 2020

Le Rapport a fait l'objet de discussion lors de la 4e édition de la Conférence-débat organisée par l'agence de notation Bloomfield Investment au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.

Le ministre de l'Économie et des Finances, Adama Coulibaly, a commenté le jeudi 17 septembre, le Rapport 2020 de l'agence Bloomfield Investment sur le risque pays de la Côte d'Ivoire présenté ce jour à l'Hôtel Ivoire lors de 4e édition de la conférence-débat sur le sujet.

Tout en saluant la qualité du rapport et la pertinence des analyses, Adama Coulibaly a tenu à relever quelques points qui nécessitent d'être revus ou nuancés, selon lui.

Relativement au taux de croissance économique en 2020, le ministre a fait « noter qu'il sera meilleur que celui indiqué dans le rapport du fait de l'assouplissement des mesures prises par le Conseil national de sécurité et la mise en œuvre des plans de riposte sanitaire, économique et social ».

Puisque les dernières évaluations effectuées indiquent que le taux de croissance devrait se situer à 1,8%, a-t-il expliqué, en estimant que le taux dans le rapport devrait être modifié en conséquence.

Au dire de l'argentier ivoirien, le déficit budgétaire qui connaît une dégradation en 2020, du fait de la pandémie, devrait revenir à la norme communautaire à moyen terme.

S'agissant de la dette, Adama Coulibaly a indiqué : « Celle libellée en dollars est en baisse dans le portefeuille.

En effet, l'encours de la dette en dollars en 2019 est de 3132,8 milliards soit 23,6% de la dette totale et 35,3% de la dette extérieure ». Cette tendance baissière est d'autant plus nette que l'encours représentait en 2018, 32% de la dette totale et 48% de la dette extérieure.

Le ministre de l'Économie et des Finances a également déclaré que les différentes opérations de gestion des passifs ont permis d'atténuer considérablement les risques de change en remplaçant les souches eurobonds en dollars par des souches euros.

En précisant que le résiduel de l'encours en dollars fait l'objet de couverture. Les risques de change sont donc très limités sur le portefeuille.

De la lecture de la situation politique, Adama Coulibaly n'a pas manqué d'exprimer son souhait de voir certains termes utilisés dans le rapport pour décrire la situation sociopolitique être nuancés, notamment la mention de 3e mandat.

D'autant plus qu'ils ne correspondent pas à la réalité, selon lui. « Il faut plutôt parler de candidature du Président sortant à la prochaine élection présidentielle », a-t-il fait remarquer.

Le ministre a toutefois dit la volonté du gouvernement de prendre en compte les recommandations pertinentes qui se dégageront des discussions sur le Rapport.

Ce souhait du gouvernement à s'appuyer sur toutes les critiques constructives visant à améliorer son action a été réitéré par le ministre Moussa Sanogo en charge du Budget et du Portefeuille de l'État lors du premier des trois panels.

Concernant les relations de la Côte d'Ivoire avec les institutions de Bretton Woods, Moussa Sanogo a déclaré que nous ne sommes plus dans les schémas des années 1980 où des orientations étaient imposées au pays.

« Le Fonds monétaire international vient aujourd'hui comme un partenaire qui nous aide à franchir un palier supérieur et non pas comme un pompier qui vient nous sortir d'un mauvais pas », a-t-il expliqué.

Il a échangé sur la situation du pays avec l'ancien ministre Thierry Tanoh et Sébastien Kadio-Morokro, Dg de Petro Ivoire.

A l'occasion, Stanislas Zézé, P-Dg de Bloomfield Investment, a annoncé qu'après les quatre éditions qui se sont tenues à Abidjan, la conférence-débat se déroulera désormais de manière tournante dans les pays africains.

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