Afrique: Changement climatique et conflits - Plus d'un milliard de déplacés dans le monde d'ici à 2050

Plus d'un milliard de personnes risqueraient d'être déplacées dans le monde d'ici à 2050, à cause des changements climatiques et des conflits. Et ce n'est qu'un début, selon l'institut.

Cette annonce alarmiste est consignée dans le rapport de l'Institute for Economics and Peace (IEP). En cause, la croissance démographique, le stress hydrique, l'insécurité alimentaire, la sécheresse et les inondations qui ont fait près de 30 millions de déplacés en 2019. Mais ce n'est qu'un début de ce qui attend la planète, selon l'institut. L'accroissement rapide de la population, le manque d'accès à la nourriture et à l'eau et les catastrophes naturelles risquent de faire plus d'un milliard de déplacés d'ici à 2050, selon une analyse des risques écologiques mondiaux menée par l'IEP, un groupe de réflexion indépendant.

Le rapport de l'IEP prédit d'ici 2050, que 141 pays seront exposés à au moins une menace écologique. Les 19 pays les plus menacés comptent une population de 2,1 milliards d'habitants, soit 25% de la population mondiale.

Le rapport parle de 1,2 milliard de déplacés d'ici 2050

La population mondiale devrait s'élever à 10 milliards d'habitants d'ici 2050. Ce qui va entraîner une course aux ressources naturelles et alimenter les conflits. Près de 1,2 milliard de personnes vivant dans les zones vulnérables que sont l'Afrique subsaharienne, l'Asie centrale ou le Moyen-Orient pourraient être contraintes d'émigrer. Et 60% d'eau douce serait déjà moins disponible qu'il y a 50 ans, selon le fondateur de l'IEP, Steve Killelea. Et la demande en nourriture est attendue en hausse de 50% dans les trente prochaines années. Alors que les catastrophes naturelles sont appelées à se multiplier en raison du réchauffement climatique. Dans ce contexte, même des pays stables deviendraient vulnérables en 2050.

Steve Killelea poursuit : « Les menaces écologiques et le changement climatique posent de sérieux défis à la paix mondiale. Au cours des 30 prochaines années, l'accès insuffisant à la nourriture et à l'eau ne fera qu'augmenter si la communauté internationale ne commence pas de coopérer de toute urgence ». D'ici 2050, 3,5 milliards de personnes pourraient souffrir d'insécurité alimentaire, soit 1,5 milliard de personnes de plus qu'aujourd'hui.

Vingt pays africains classés « très vulnérables »

Parmi les pays africains les plus menacés, le rapport cite le Mozambique, la Namibie, Madagascar, le Tchad, l'Ethiopie, la Tanzanie, le Nigeria, l'Angola, le Burkina Faso, l'Ouganda, le Mali, le Niger... Ces pays souffrent déjà de pénuries de ressources, de faibles niveaux de paix et de taux de pauvreté élevés. Les cinq pays où l'insécurité alimentaire est la plus élevée sont la Sierra Leone, le Liberia, le Niger, le Malawi et le Lesotho. Plus de la moitié de la population vit dans l'incertitude d'avoir suffisamment de nourriture pour rester en bonne santé. Le manque de résilience exacerbera l'insécurité alimentaire et la compétition pour les ressources, entraînant une augmentation des troubles civils et des déplacements massifs, ainsi qu'une croissance des flux de réfugiés dans les pays développés.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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