Madagascar: Crises politiques - Les victimes réclament des indemnisations

Le collectif des victimes des crises politiques successives est sorti de son silence hier pour réclamer le paiement des réparations et indemnisations prévues par la feuille de route de sortie de crise de 2012. Près de 2000 personnes et sociétés seraient concernées

C'est un fait qui illustre l'impuissance du Comité de réconciliation des Malagasy (CFM). En quatre années d'existence, il n'a pas réussi à accomplir une des missions que la feuille de route de sortie de crise de 2009 lui a attribuées, l'indemnisation des victimes des crises politiques. Las d'attendre, ces dernières sont sorties de leur silence hier pour réclamer l'application de la loi 2016-037, déjà ratifiée par le Parlement, relative à la mise en œuvre de ce dispositif. Selon les explications du colonel Rabehavana, un des membres du collectif des victimes de la crise politiques, près de 2000 personnes et entreprises sont concernées par cette indemnisation et aucune d'entre elles, pour le moment, n'a bénéficié d'aucun paiement.

« Cette loi existe déjà depuis 2016 mais le CFM n'a rien fait pour sa mise en œuvre. Nous réclamons la promulgation de son décret d'application et le paiement de ce qui nous est dû pour ce que nous avons subi à cause de ces crises », déclare le militaire désormais à la retraite, lors d'une conférence de presse organisée à l'hôtel Colbert hier.

Ce collectif regroupe ceux qui sont concernés par la crise de 2002 et de 2009 qui s'est étalée jusqu'en 2011. Les formes de préjudices que ces personnes affirment avoir subis sont très diversifiées mais les plus connues et les plus nombreuses, évidemment, sont les emprisonnements. C'est le cas, entre autres, de l'ancien ministre des Sports de Marc Ravalomanana et ancien député de Faratsiho, Henri Raharinjatovo qui avaient été mis sous mandat de dépôt en 2009. Il y a également le journaliste Lôlo Ratsimba que sa femme, présente hier à l'hôtel Colbert, affirme avoir fini par succomber aux séquelles de ce qu'il avait subi à l'époque. «Il était devenu cardiaque et c'est pour cela qu'il est mort », affirme la femme du journaliste.

Il y a évidemment ceux qui avaient subies les pillages lors du lundi noir du 26 janvier 2009. Il y a eu quelques particuliers mais surtout des magasins et entreprises dont le plus connu évidemment est Tiko. Pour ce dernier, en particulier, les pertes sont particulièrement lourdes puisque la plupart de ses magasins et usines ont été pillés et incendiés. «Comme vous pouvez le constater, nous nous sommes déjà réconciliés, sans avoir attendu le CFM. Mais nous exigeons une réparation pour que ce que nous avons enduré à cause de ces crises », renchérit le colonel Rabehavana.

Silence radio, pour l'instant, du côté du CFM suite à cette sortie médiatique du collectif des victimes des crise politiques. Cette structure présidée par Maka Alphonse serait déjà proche de la fin de son mandat et prépare une assemblée générale la semaine prochaine. La question sur le financement risque également d'être la pierre d'achoppement pour la mise en œuvre de la loi 2016-037. 30% des charges liées aux indemnisations seraient prévues être supportées par l'État et le reste par la communauté internationale.

Plus de: L'Express de Madagascar

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.