Madagascar: Réforme des critères de l''enseignement - Des milliers de maîtres FRAM et leurs élèves en danger

Dès l'arrivée de la technocrate Marie Michelle Sahondrarimalala à la tête du ministère de l'éducation nationale, beaucoup ont attendu le coup d'envoi d'une véritable réforme du système d'enseignement.

Le dernier conseil des ministres a publié les nouveaux critères requis pour le recrutement des enseignants dans les écoles publiques. Dorénavant, pour devenir enseignant dans le système public, du moins au niveau des établissements que le gouvernement compte ouvrir dans les prochaines années, avoir des connaissances en haut lieu ou être un demandeur d'emploi ne seront plus les critères suffisants pour décrocher un poste.

Il faut répondre aux nouvelles exigences imposées par le gouvernement pour devenir enseignant d'une école primaire ou secondaire publique. Il faut en premièr lieu avoir une expérience d'au moins 6 ans dans le domaine de l'enseignement et ayant suivi une formation dans le domaine de la pédagogie, indique le compte rendu du conseil des ministres de mercredi 16 décembre dernier.

Clientélisme. Ce qui n'est le cas auparavant où les chasseurs de têtes du ministère de l'éducation nationale pêchent même dans une armée de chômeurs non qualifiés pour prendre en main l'avenir des enfants malgaches. Le recrutement massif de maitres FRAM a conduit le système public à une descente aux enfers en termes de qualité de l'enseignement au niveau du primaire et du secondaire. La qualification est loin d'être un critère fondamental et nécessaire à l'embauche de ces enseignants qui, par milliers, contrôlent une grande partie du système. Ils sont présents dans les périphéries de la ville, mais inondent aussi les écoles publiques dans la brousse.

Beaucoup d'entre eux ne sont titulaires, par exemple, que d'un brevet d'étude du premier cycle du secondaire pour se charger d'une classe en primaire. Cette réalité est beaucoup plus ahurissante lorsqu'on quitte loin des villes pour attérir dans les zones plus reculées où l'on peut rencontrer un enseignant du collège qui n'a même pas mis ses pieds à l'université.

Fonction publique. Les nouveaux critères peuvent offrir une opportunité de promotion pour les enseignants vacataires, qui remplissent les conditions requises et sont recrutés durant ces derniers 6 ans. Cependant, l'application des ces nouveaux prérequis pourrait mettre en danger l'emploi de certains maîtres FRAM qui ne répondent pas aux exigences. Et des élèves risquent, à cet effet, se retrouver sans enseignants.

Aussi, ceux qui n'ont pas eu leur bacc risquent alors de ne jamais intégrer la fonction publique. Et le nouveau critère sur la « maitrise des langues malgache et française » pourrait encore compliquer leur tâche. La décision du dernier conseil des ministres veut alors mettre fin aux pratiques qui ont miné l'enseignement public en publiant ces nouveaux critères de recrutement.

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.