Afrique du Sud: Un an après, les étrangers dans la peur de nouvelles violences

Un an après les attaques subis par les étrangers en Afrique du Sud, les victimes sont toujours dans la crainte d'une nouvelle vague de violence. Une situation que dénonce certaines ONG comme Human Rights Watch.

Des odeurs de cuisine congolaise s'échappent d'un petit appartement en banlieue de Johannesburg. Kevin y vit depuis qu'il s'est fait attaquer à la descente d'un taxi à cause de sa nationalité, il ne veut plus habiter dans le centre-ville :

« C'est pendant la vague de xénophobie. Il y en a un qui m'a d'abord giflé. Il a commencé à me taper avec le sjambok, leur fouet-là. Quand ils ont commencé à frapper, beaucoup d'autres venait. Il y avait du sang partout, oh la la... En plus ce qui me fait mal, c'est qu'on se bat entre nous les Noirs... Nos propres frères. Là ça fait très mal. »

C'était il y a tout juste un an que l'Afrique du Sud connaissait cette nouvelle vague de violences xénophobes. Des commerces tenus par des étrangers étaient pris pour cible par des Sud-Africains leur reprochant de voler le travail des locaux. Les attaques avaient fait selon les autorités 12 morts dont deux étrangers, mais Human Rights Watch dénonce des chiffres sous-estimés.

Frederick, venu il y a cinq ans du Nigeria, a vu son magasin de pièces automobiles être pillé : « Ils m'ont volé et détruit beaucoup de choses. Moi, j'ai peur, je ne voudrais pas que ce qui s'est passé se répète à nouveau. C'est injuste, car nous les étrangers, on est venu et on a créé nos propres entreprises par nous-même, sans aucune aide du gouvernement. »

Le système policier et judiciaire ne réagit pas

Le rapport de Human Rights Watch dénonce aussi les discriminations subies au quotidien, par exemple dans les écoles, et le manque de justice pour les victimes. Dewa Mavhinga, directeur régional de l'ONG détaille les problèmes : « Il y a un manque de prise de responsabilités et de justice. Souvent, la police détourne les yeux, et refuse d'agir contre ceux qui commettent ces violences. Le système n'a pas du tout changé. »

L'organisation appelle le gouvernement à aller au-delà des promesses, et à prendre des mesures « urgentes et concrètes ».

Plus de: RFI

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