Ile Maurice: Nettoyage du lagon - Plus de 150 plaisanciers du Sud-Est mis à l'écart

20 Septembre 2020

Dépités, désespérés, fauchés... Hier matin, nombreux sont les plaisanciers du Sud-Est qui ont exprimé leur mécontentement à Pointe-Jérôme.

Leur espoir de pouvoir travailler auprès des autorités a été vain. Alors qu'ils ont tenté de négocier avec les compagnies d'experts en dépollution embauchées pour le nettoyage du lagon, dont la société grecque Polyeco et la firme française Le Floch Dépollution, ils ont été devancés par des individus venant d'autres régions de l'île.

Ce travail était très prisé car il allait permettre à plus de 150 plaisanciers du Sud-Est de gagner un salaire. Qui aurait pu les aider à joindre les deux bouts en cette période difficile. À leur grand dam, d'autres personnes ont été engagées pour nettoyer le lagon.

En effet, la société française Le Floch Dépollution a fait appel à la compagnie Maxi Clean pour la fourniture de main-d'oeuvre. La compagnie Polyeco s'est engagée, quant à elle, à donner de l'emploi aux pêcheurs et aux plaisanciers de la région.

Tony Apollon, porte-parole des plaisanciers, avance qu'il a rencontré le directeur de Polyeco hier matin. «La discussion que nous avons eue m'a satisfait», soutient-il. «Il était à l'écoute et a décidé de jouer le jeu, en continuant à engager les habitants de la région.»

Le plaisancier a également fait comprendre à la compagnie grecque que les bateaux des plaisanciers de la région sont mis à disposition pour l'exercice de nettoyage. Cela aurait été plus juste d'engager les Mahébourgeois pour ce travail, affirment les plaisanciers. «On aurait pu constituer des groupes et les faire travailler en rotation», soulèveTony Apollon.

Cependant, Tony Apollon fait ressortir que des combines se cachent derrière la démarche de la société Le Floch Dépollution. «Les employés engagés par Maxi Clean gagnent Rs 400 par jour, alors qu'ils devaient gagner Rs 800. On cherche clairement à faire des profits sur le dos de ces personnes-là.»

Contactée, la société Le Floch Dépollution indique qu'elle a préféré avoir recours aux services de Maxi Clean, estimant que cette firme connaît les règles de gestion du nettoyage à Maurice. D'ajouter toutefois que certains pêcheurs ont été engagés par Le Floch Dépollution. «Ce sont des pêcheurs qui nous ont prêté main-forte à notre arrivée. Ils ont souhaité continuer à travailler avec nous et nous avons accepté, à condition qu'ils signent un contrat avec nous.»

«Nou pé soufer... nou pa pé kapav tir latet andéor délo»

Nombreux sont ceux qui ont fait part de leurs doléances lors d'une conférence de presse à Mahebourg, hier. Commerçants, restaurateurs, propriétaires de «guesthouse» et autres résidences touristiques, chauffeurs de taxi et pêcheurs et plaisanciers, de l'Est et du Sud-Est, ont exprimé les difficultés financières auxquelles ils font face suivant le naufrage du «Wakashio». «Nou pé soufer... Nou pa pé kapav tir latet andéor délo», ont-ils lancé. Youssah Dinmahamud, représentant de la Mahebourg Taxi Owners Association, a souligné qu'une réunion entre les chauffeurs de taxi et les députés de la région devait avoir lieu vendredi.

À la dernière minute, les trois représentants du gouvernement ont fait faux bond. «Ils nous ont demandé d'adresser nos doléances au ministère des Finances car ils n'avaient pas le temps de venir assister à la réunion.» Christ Barlaine Vayavery, restaurateur, est également offusqué par l'indifférence des députés de la région. «Est-ce si difficile pour eux de nous rencontrer afin de trouver des solutions ?»

En raison de l'économie circulaire de la région, qui est actuellement à genoux, il demande que soit annulé le paiement des emprunts contractés auprès des banques et autres institutions. Eshan Bechooa Lam, commerçant, a, quant à lui, proposé la tenue d'une table ronde, réunissant les députés de la région et les différents acteurs économiques. «Nous devons trouver un consensus, parce que nous n'avons pas de revenu actuellement.» Christelle Rousel, travailleuse sociale, a, elle, fait valoir que la santé physique et morale des enfants de Mahébourg a été négligée par les autorités. «Nos enfants qui passaient leur temps libre au bord de la mer n'ont plus de distraction. Nous demandons au gouvernement de trouver une solution pour eux.» Dev Nadan, représentant des «guesthouses» et autres résidences touristiques du Sud-Est, a, pour sa part, soutenu que ce drame écologique a fait fuir les Mauriciens qui fréquentaient les plages de la côte. Et que des mesures doivent être prises afin d'y remédier...

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