Ile Maurice: Relation Ramgoolam et Boolell - Fidélité et rivalité chez les Rouges

20 Septembre 2020

Pères et fils semblent emprunter le même chemin. Le leader du Parti travailliste (PTr), Navin Ramgoolam, et Arvin Boolell se rendent aujourd'hui, à Kewal Nagar pour célébrer la naissance de leur papa. Sir Seewoosagur Ramgoolam aurait eu 120 ans le 18 septembre et Sir Satcam Boolell 100 ans le 11 septembre.

Les deux fils seront donc sur la même plateforme. Or, tout comme les pères, la rivalité a été présente parmi les fils à une période. Il semblerait que ce soit du passé. Du moins, pour le moment...

Il n'a jamais été un secret qu'Arvin Boolell, également le leader de l'opposition, a convoité le leadership des Rouges, plus particulièrement après la défaite de 2014. Et Navin Ramgoolam connaît l'ambition du fils de Sir Satcam Boolell qui fut à une époque le leader du PTr et il ne manque pas d'occasion pour le lui faire savoir. Pourtant, ils seront côte à côte.

Depuis plus d'un mois, les deux politiciens semblent avoir mis leur rivalité de côté pour préparer cet événement. À en croire un membre du PTr qui a travaillé avec eux ces derniers mois, ce n'est pas juste une trêve. «Arvin Boolell est reconnaissant envers Navin Ramgoolam de lui avoir donné l'investiture à la partielle de Belle-Rose-Quatre-Bornes. Il y a aussi beaucoup de concertation entre eux pour les travaux parlementaires, notamment sur des échanges d'informations et d'idées. Les deux hommes communiquent beaucoup mieux entre eux et Arvin Boolell est conscient que convoiter le siège du PTr fera le jeu du MSM qui en profitera pour colporter des rumeurs en cette période», analyse-t-il.

À la veille de cette double commémoration, Arvin Boolell ne dit pas ouvertement qu'il a mis de côté ses ambitions. «Il n'y a aucune rivalité entre Navin Ramgoolam et moi. Nous avons certes des divergences d'opinions tout comme les autres membres qui s'expriment également lors de nos réunions, mais nous conjuguons nos efforts pour faire ce qui est le mieux pour le parti», commente-t-il. D'ajouter que tout le monde travaille pour la pérennité du parti. Qu'en est-il de son ambition de prendre le leadership du PTr ? «Il y a des instances qui prennent ce genre de décision. Il y a des procédures à suivre. L'urgence est de collaborer tous ensemble pour la paix et l'harmonie dans le pays contre des pyromanes qui sont à l'oeuvre», maintient-il.

Cependant, l'historien et observateur politique Jocelyn Chan Low affirme que même si les deux hommes entretiennent de bonnes relations, cette rivalité existera toujours en raison du poste constitutionnel d'Arvin Boolell et également parce que le nom Boolell a été associé à un moment au leadership du PTr tout comme celui de Ramgoolam. D'ailleurs, il rappelle que pendant les années 70, il n'y avait pas de rivalité entre Sir Seewoosagur Ramgoolam et Sir Satcam Boolell, mais plutôt une divergence d'opinions. Par la suite, tout a changé. «Sir Veerasamy Ringadoo était pour l'élargissement de l'État providence, mais sir Satcam Boolell était contre. Il était plutôt pour une politique de droite. Donc, sir Seewoosagur Ramgoolam était plus du côté de sirVeerasamy Ringadoo», raconte-t-il.

Et quand Ramgoolam père a connu la défaite de 1982, la question de leadership a été évoquée au sein des Rouges et Sir Satcam Boolell était parmi ceux qui étaient intéressés, ditil, en rappelant que le père d'Arvin Boolell avait même claqué la porte du PTr pour former son propre parti. L'historien ajoute que finalement, il était retourné au bercail. «Les Boolell, surtout les enfants de sir Satcam, sont fidèles au PTr. Arvin Boolell le sera toujours tout comme Navin Ramgoolam», conclut Jocelyn Chan Low.

Navin Ramgoolam : «Biento zot pou gagn koud pié»

Le leader du PTr a réitéré son scepticisme devant la décision du gouvernement de procéder à une réouverture par phases des frontières à partir du 1er octobre. Navin Ramgoolam était face à la presse à l'issue d'un dépôt de gerbes au samadhi de son père, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Celui-ci aurait fêté ses 120 ans, vendredi. Pour lui, il est clair que le gouvernement n'a pas une bonne politique. «Zot pa pé fer séki bizin fer.» Autre point que le chef des Rouges déplore : le fait que le gouvernement exige aux Mauriciens de payer les frais de quarantaine. «Dépi kan sa ? Pé fout dimounn. Biento zot pou gagn koud pié !» Par ailleurs, il donne rendez-vous aux partisans au rassemblement annuel qui se tiendra à Kewal Nagar demain.

Plus de: L'Express

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