Cote d'Ivoire: Présidentielle - Ce n'est plus Hambak, c'est la LONACI !

A Paris, où il vit en exil depuis 10 mois, Guillaume Soro, qu'on ne présente plus, pendant sa dernière conférence de presse, tenue à l'hôtel Bristol, est monté sur ses grands chevaux, déterminé et offensif pour clamer que l'élection présidentielle n'aurait pas lieu en Côte d'Ivoire le 31 octobre prochain.

A Yopougon, Hamed Bakayoko (Hambak), l'actuel Premier ministre et ministre de la Défense, au cours d'un meeting du RHDP à la place Figayo, d'un air taquin et moqueur, a ravalé l'ancien chef rebelle à un politique sans humilité qui « a le vertige et bavarde au hasard ».

De l'hôtel Bristol à la place Figayo, les envolées lyriques de Guillaume Soro et d'Hamed Bakayoko sont symptomatiques de la montée d'adrénaline qui agite les principaux ténors de la classe politique ivoirienne au lendemain de la publication de la liste des candidats retenus pour briguer la magistrature suprême.

Alassane Ouattara, Affi N'Guessan, Henri Konan Bédié, Kouadio Kona Bertin, sont les 4 sur les 44 postulants dont les dossiers de candidature ont passé le tamis de la Cour constitutionnelle. Parmi les 40 recalés, des poids lourds du landerneau politique ivoirien : Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly, Albert Mabri Toikeuse et justement Guillaume Soro, qui ne décolère pas parce que l'institution de validation des dossiers de candidature l'a recalé malgré les injonctions de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples.

Que dans leur colère, suite au rejet de leurs candidatures, des opposants, notamment Guillaume Soro, appellent les Ivoiriens au boycott du scrutin du 31 octobre et à œuvrer « pour faire barrage au troisième mandat, anticonstitutionnel, de Ouattara », cela relève d'une surenchère politique qui vaut ce qu'elle vaut.

Mais c'est dommage que le camp du président Ouattara, à l'image de son Premier ministre, tombe dans les « africaneries » qui, en lieu et place des arguments politiques à opposer à l'adversaire, misent sur l'achat des consciences des électeurs. En effet, à la fin du fameux meeting de la place Figayo de Yopougon, le 17 septembre, Hambak a fait parler « les feuilles ».

Il a décidé de donner 5 millions de FCFA à une jeune fille, vendeuse de bananes, et 5 autres millions à un jeune commerçant pour le développement de leurs activités. Ces heureux gagnants à cette loterie à la Hambak ont eu la chance de venir à un meeting du parti au pouvoir, d'avoir joué des coudes pour être au premier rang et, surtout, au dire même du distributeur des millions, d'avoir beaucoup applaudi.

Moralité : jeunes de Côte d'Ivoire, accourez aux meetings du RHDP, mettez-vous aux premières loges et, surtout, cassez l'applaudimètre en battant fort des mains ! La Loterie nationale de Côte d'Ivoire (LONACI), que dis-je, Hambak fera de vous des heureux millionnaires !

La jeunesse africaine mérite mieux que ces modèles de « béni oui oui » qui attendent, comme une grâce, la générosité scabreuse de politiciens repus de la prédation des biens publics, qui laissent tomber des miettes de leurs portefeuilles pour des électeurs en manque de repères. Ham Bak aurait rendu davantage service à son président-candidat s'il avait expliqué au cours du meeting à ces deux jeunes du secteur informel et aux autres jeunes de Côte d'Ivoire ce que son champion prévoit de faire pour mieux financer leurs projets structurants, s'il est réélu.

Mais c'est trop demander aux politiques africains que de leur dire d'aller à la conquête des voix de leurs électeurs avec des idées novatrices pour un plus grand essor économique du continent. Qui a dit qu'après les semblants d'indépendances des pays africains, voici venues les démocraties factices ? En tout cas en Côte d'Ivoire, Hambak marche sur les platebandes de la LONACI pour gagner l'élection présidentielle. Il fait d'heureux millionnaires. Pour ce qui est du projet de société de son candidat, il faudra repasser.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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