Congo-Kinshasa: Procrastination ?

Ils ont du mal à regarder dans la même direction. Ils sont à couteaux tirés. Ils s'entredéchirent et se rentrent dedans. Jusque-là, le projet de gouvernance commune qui fonde la coalition relève d'une vaste opération de charme.

Car, au fond, les dissensions nées de la dernière d'ordonnances présidentielles, des lois Minaku-Sakata, du renvoi de la candidature de Ronsard Malonda non investie et, même, de la démission de Tunda, de la non-nomination de son remplaçant, de l'éviction de Kabund et de toutes ces insultes de la dernière espèce ourdies contre certaines personnalités dont la Speaker de l'Assemblée Nationale, révèlent bien qu'ils ne sont pas prêts à s'absoudre durablement dans une vision d'osmose, de paix, de stabilité institutionnelle.

Par contre, s'inscrivant dans la logique du coup sur coup, ils s'épient et se piègent mutuellement. Et, pour ce faire, tous les moyens sont bons. Les uns vont, certainement, recourir à la Majorité parlementaire pour scier les côtes aux autres. Tandis que les autres, sûrs de la signature et, surtout, de la manivelle de la justice, cherchent, à leur tour, à serrer la vis aux uns.

Ainsi, la République ira-t-elle crescendo vers des crises politiques oiseuses. Et, pourtant, au regard des échéances, les élections sont prévues en 2023. Elles nécessitent, à la fois, des moyens, des hommes et du temps. Autrefois, Nangaa avait placé la puce aux oreilles de Félix Tshisekedi pour lui prévenir que s'il faut y arriver dans de meilleures des conditions, la préparation du tout nouveau fichier électoral devrait prendre, si tout va bien, deux ans pour un coût estimé à plus ou moins 400 millions de dollars. L'acquisition des kits électoraux ainsi que des autres matériels nécessaires devait, elle aussi, comporter des préalables aussi bien techniques que juridiques, avant d'aborder, le moment venu, la phase de l'opérationnalisation des scrutins proprement dits, sans oublier celle des opérations post-électorales liées notamment, aux contentieux devant les Cours et Tribunaux.

Mais, dans tout ceci, le budget 2021 qui, normalement, sera examiné et adopté au cours de cette nouvelle session ordinaire au Parlement, devra être conséquent pour la matérialisation du processus électoral.

Déjà, le choix des animateurs pose problème. Alors qu'il se pose également celui des réformes électorales exigées par la classe politique ainsi qu'une frange importante de la Société civile. Lamuka qui en fait son cheval de Troie, n'entend pas rechigner là-dessus.

A la CENCO, les Evêques, eux qui doivent se mettre ensemble avec d'autres responsables des confessions religieuses pour pourvoir à la succession de Nangaa, disent n'avoir aucun intérêt à désigner formellement, ni cautionner la désignation de quelqu'un à la tête de la CENI en l'absence d'un cadre juridique réformé.

Donc, les réformes d'abord. Le choix des animateurs après. L'inverse n'est plus possible ! Voilà pourquoi, les Députés et Sénateurs devraient ainsi examiner, de toute urgence, les questions ayant trait aux élections pour qu'avant fin 2020, les lois et la nouvelle Centrale Electorale se mettent en action. Agir autrement, ce serait, pour eux, la consécration implicite du schéma de la procrastination de ces futures élections.

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