Cameroun: « Nous allons libérer les drains pluviaux »

interview

Valentin Epoupa Bossambo, maire de Douala III.

Quel est l'état des lieux des constructions anarchiques dans les zones marécageuses de votre arrondissement ?

Ce qu'il faut savoir de prime abord c'est que l'arrondissement de Douala III est parsemé de cours d'eau qui vont se déverser dans le Wouri. Ces cours d'eau sont alimentés par des drains qui sont obstrués au passage par des constructions anarchiques. L'eau ne trouvant plus de passage commence à entrer à l'intérieur des quartiers. Les constructions anarchiques sont à plus de 50% responsables des inondations dans notre arrondissement. Ces gens qui ont construit dans les drains et à une distance non réglementaire provoquent des inondations qui s'étendent jusqu'aux zones normalement admises aux constructions. Sur les drains, la distance règlementaire est de 7 mètres d'emprise pour construire une maison. Au niveau des embouchures, elle est de 20 mètres. Mais chez nous, les gens vont construire jusqu'à l'eau, et partout où ils trouvent de l'espace. A Song-Bounga, une zone frontalière entre Douala VI, Douala II et Douala III, les populations ont détruit la mangrove du fait de la contrebande pour s'y installer. Conséquence : à chaque pluie, l'eau monte dangereusement pour aller vers les maisons. Lors des dernières inondations, c'était la catastrophe totale dans cette zone où l'eau est montée jusqu'à un niveau supérieur à la taille de l'être humain. Des habitations avaient été totalement inondées tout simplement parce que rien ne pouvait arrêter l'eau. Et c'est le rôle que joue la mangrove.

Quelles solutions préconisez-vous face à ce phénomène ?

Ce que nous devons faire maintenant c'est de délimiter les drains pour que plus jamais personne ne s'y installe. Nous avons démarré les délimitations et le recensement des habitations construites dans les drains. Il y a quelques jours, nous avons dénombré 554 habitations illégales construites dans les drains. L'opération se poursuit et nos équipes techniques estiment le nombre global d'habitations anarchiques à près d'un millier. Ce travail de dénombrement devrait être bouclé sous peu. Heureusement, aujourd'hui, nous observons une forte coopération inattendue des riverains. Ce qui n'était pas le cas hier. C'est les chefs de quartiers eux-mêmes et leurs populations qui nous appellent pour nous montrer les zones critiques.

Devrait-on s'attendre à la démolition des constructions situées dans les drains ?

Au regard de la gravité de la situation, nous estimons qu'il faut libérer les drains. Pour le faire, nous allons utiliser les engins. Pour se mouvoir, l'engin a besoin d'un espace d'au moins 7 mètres. Sur le millier d'habitations, nous allons déterminer les cibles prioritaires pour lesquelles on ne peut ne pas détruire. Et ça doit se faire dans les tous prochains jours. Ils ont été sommés de partir et certains ont même déjà quitté leurs maisons d'après les informations que me fournissent quotidiennement les chefs de quartiers. Ces derniers commencent d'ailleurs à se demander pourquoi l'opération de démolition prend du retard. Nous ne voulons pas faire un point partiel au maire de la ville. Nous allons faire un travail exhaustif et nous référer au maire de la ville en lui envoyant la liste des zones prioritaires que nous aurons dressée. Par la suite, il enverra les engins pour les démolitions.

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