Sénégal: Grâce aux équipements post-récoltes du PUDC - Bienheureuse « révolution » à Dioffior, Ndjithiare et Ndimb 2

21 Septembre 2020

À Dioffior, Ndjithiare et Ndimb 2, les cœurs des femmes battent d'enthousiasme. Elles ne sont plus obligées de livrer leurs corps au supplice du pilage et du décorticage grâce aux équipements mis à leur disposition par le Programme d'urgence de développement communautaire (Pudc).

Ainsi, une bienheureuse « révolution » s'y opère avec une autonomisation en cours des femmes qui s'adonnent de plus en plus aux activités génératrices de revenus.

La pluie diluvienne du samedi 5 septembre 2020 n'a pas tempéré l'enthousiasme des femmes du quartier Darou de Dioffior. Elles ont chanté et dansé sous une pluie battante. La raison de cette effusion collective de joie ineffable : deux machines.

Un moulin et une décortiqueuse à mil mis à la disposition des femmes de ce quartier de la commune de Dioffior par le Programme d'urgence de développement communautaire (Pudc). Ces équipements sont en train de changer qualitativement leurs conditions de vie.

Ils ont généré plus de 4 millions de Fcfa. Plus exactement 4.200.000 Fcfa. « Les femmes ont vu non seulement leurs travaux allégés mais avec les deux machines, nous gagnons de l'argent », déclare Mme Fall née Ndèye Khady Diouf, une des responsables.

Ces femmes ont de la suite dans les idées. Elles ont acheté des chaises qui sont louées à l'occasion des cérémonies. Une source supplémentaire de revenus. Une partie des fonds est prêtée aux membres à un taux d'intérêt presque nul.

De 15.000 FCfa, le montant a considérablement augmenté. « Aujourd'hui, tous nos membres mènent des activités génératrices de revenus », se félicite Ndèye Khady Diouf. Mais les membres du groupement Darou Khorom ne se sont pas arrêtés en si bon chemin.

« Nous avons donné à deux reprises 2.000 FCfa à toutes les femmes âgées de plus de 60 ans. C'est une manière pour nous de les remercier et de leur dire qu'elles font partie du groupement », confie Mme Fall.

Les femmes de Darou s'illustrent également dans les actions sociales de leur quartier et de la commune de Dioffior.

Le Maire Youssou Diome ne tarit pas d'éloges sur elles. « Les femmes du groupement Darou Khorom ont contribué à hauteur de 50.000 FCfa au fonds mis en place par la municipalité pour lutter contre le nouveau coronavirus », rappelle-t-il.

« Elles ont déboursé 100.000 FCfa en guise de contribution à la construction de la mosquée de leur quartier, en plus de l'appui qu'elles apportent au poste de santé pour l'achat de produits de nettoiement et de désinfection », poursuit-il.

Ndèye Khady Diouf, responsable politique de l'Alliance pour la République, le parti au pouvoir, loue la vision du Chef de l'État qui a eu l'idée de mettre en place ce programme et son combat pour l'autonomisation des femmes.

« Avec le Pudc, le Président Macky Sall est en train de matérialiser l'autonomisation des femmes par un allègement des tâches ménagères, le renforcement des capacités économiques des femmes bénéficiaires à travers les revenus générés par l'exploitation des équipements, et le renforcement de leurs capacités organisationnelle et de gestion », dit-elle.

Les femmes de Darou ont construit un local qui abrite les équipements pour un coût de 1.200.000 FCfa. Une partie sert de bureau à la microfinance qu'elles ont mise sur pied.

Scène de liesse à Ndjithiare et Ndimb 2

La veille, vendredi 4 septembre 2020, dans le village de Ndjithiar, commune de Taïba Moutoupha dans le département de Diourbel, les femmes nous ont également réservé un accueil festif.

Elles ont chanté malgré que le ciel soit enceint de gros nuages noirs qui annoncent l'imminence de la pluie. Ici, les récoltes s'annoncent sous de bons auspices. Le mil, le sorgho et l'arachide ont des semis assez avancés. Le niébé est en train d'être récolté.

Après Ndjithiare, cap sur le village de Ndimb 2, dans la commune de Ndindy, toujours dans le département de Diourbel. Les trombes d'eau qui sont tombées en route ont rendu les pistes difficiles. Le sol est meuble, les herbes hautes.

Malgré la longue attente, les femmes du groupement « Nokoss Gui » ont manifesté de manière bruyante leur joie. Elles affirment que les équipements post-récoltes mis à la disposition ont sensiblement amélioré les conditions de vie.

Ce groupement a reçu, en mai 2017, une décortiqueuse et une broyeuse d'arachide et, en août 2020, un torréfacteur manuel.

« Nos enfants ne parcourent plus des kilomètres pour aller moudre le mil », confie Gana Diouf qui a parlé au nom de la présidente du groupement. En plus de l'allègement des travaux, ces équipements ont généré une épargne de 750.000 FCfa. Une partie des fonds est prêtée aux membres.

Petite révolution

Une petite révolution est en train de s'opérer à Dioffior, Ndjithiar et Ndimb 2. Les femmes ont mis en place un fonds social.

C'est un dispositif qui permet de prêter de faibles sommes d'argent à des personnes dans le besoin. Ainsi, tout membre ou toute personne dans le besoin peut solliciter, en toute discrétion, un prêt pour régler ses problèmes.

À Diffior, dix femmes sont choisies parmi les membres pour renforcer la discrétion. Chacune reçoit 100.000 Fcfa.

« C'est un fonds qui fait énormément de bien. On permet à beaucoup de gens de régler leur problème en toute discrétion », confient en chœur les responsables.

Astou Fall, la présidente du groupement Mame Diarra du village de Ndjithiar, dans la commune de Taïba Moutoupha, département de Diourbel, indique que les femmes s'adonnent à des activités génératrices de revenus grâce ces petits prêts. Certaines s'activent dans le petit commerce, d'autres dans la transformation de produits locaux et l'élevage.

Les femmes de Dioffior, Ndjithiar et Ndimb 2 soutiennent que les équipements du Pudc favorisent un développement inclusif « en réduisant la charge de travail domestique et en libérant le temps nécessaire pour qu'elles puissent se consacrer à des tâches productives ».

À Dioffior, elles sont plus ambitieuses. Elles ont mis en place une institution de microfinance pour financer leurs activités.

TAHIROU DIAGNE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA SISMAR

«La commande du Pudc représente, au moins, 25 % de notre commande annuelle »

Arame Sarr est concentrée sur son travail au milieu du bruit des machines. Tous les ateliers (sections montage, mobilier solaire, soudure, chaudronnerie, mécanique générale) de l'usine de Pout de la Société industrielle sahélienne de mécanique, de matériel agricole et de représentation (Sismar) fonctionnent à plein régime grâce, entre autres, à une commande du Programme d'urgence de développement communautaire (Pudc).

Elève au lycée technique de Thiès, elle effectue un stage dans cette entreprise. Une aubaine pour Arame Sarr, surtout en cette période d'épidémie du nouveau coronavirus où toutes les activités tournent au ralenti.

Spécialisée dans la mécanique, la Sismar doit livrer des équipements agricoles et post-récoltes dans la deuxième phase du Pudc. Il s'agit d'une gamme de matériels de culture attelés et tractés. « Une bouffée d'oxygène », selon son Directeur général Tahirou Diagne.

« La commande du Pudc représente, au moins, 25 % de notre commande annuelle », confie-t-il. M. Diagne assure que les équipements commandés sont achevés à 98% lors de notre passage (4 septembre dernier). « Les livraisons doivent commencer à partir de la semaine prochaine sur les différents sites retenus », assure-t-il.

Le Directeur général de la Sismar magnifie la collaboration avec le Pudc qu'il qualifie de « fructueuse », soutenant que grâce à ce programme, des emplois sont préservés ; ce qui participe au développement du pays. Il se fait même l'avocat du Pudc.

« L'exécution de cette commande nous a permis de maintenir les emplois permanents et saisonniers dans le contexte de la Covid-19. Nous souhaitons que le Pudc soit pérennisé parce qu'il allège les travaux des populations dans leurs activités quotidiennes et favorise la technologie, le savoir-faire local.

C'est un programme intégré et structurant pour le développement du Sénégal », argumente-t-il. Dans la phase 2 du Pudc, la Sismar a reçu une commande de 246 équipements destinés aux populations des régions de Ziguinchor, de Kolda et de Sédhiou.

Dans la phase 1, la Sismar avait livré du matériel pour les régions de Kédougou et de Tambaounda. « Le Pudc, en rapport avec le Pnud, ont eu une entière satisfaction concernant notre matériel fabriqué entièrement au Sénégal par des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers sénégalais. C'est un label sénégalais », se plait à rappeler le Directeur général de la Sismar.

Les équipements post-récoltes s'inscrivent dans la composante 2 du Pudc : amélioration de la productivité rurale, de la production agricole et de l'élevage. Ils contribuent à l'allègement des tâches domestiques en renforçant l'autonomisation des femmes en milieu rural.

Avec son appui, 1.674 comités de gestion ont été mis en place dans la première phase et leurs membres formés à la gestion administrative et financière. 3.684 opérateurs (conducteurs, meuniers, etc.) ont été également formés sur l'utilisation des équipements et les premières opérations de maintenance.

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