Cameroun: Constructions en zones marécageuses - Incivisme à hauts risques

Ces zones sont prises d'assaut par les populations qui y construisent des maisons au mépris des textes, aggravant les inondations.

La pelleteuse de la Communauté urbaine de Douala a été sans pitié il y a quelques jours pour les populations de Douala V ayant construit au lieu-dit Nkon-Ngon à Logbessou une zone à risque. Leurs maisons ont tout simplement été détruites. La même scène de démolition pourrait se produire à Youpwè (Douala II) à l'entrée de l'échangeur où le milieu marin de la zone est en cours de destruction systématique. La clôture en construction dans ce bras du Wouri laisse entrevoir l'ampleur de ce chantier qui va totalement faire disparaitre l'écosystème marin à ce niveau, pour laisser place au béton.

Tout au long de la zone allant de Youpwè jusqu'au lieu-dit Cité Berge (arrondissement de Douala III), les populations se sont installées pratiquement dans les eaux du Wouri et de ses affluents. Ici, les acquéreurs de terrain achètent des mètres carrés d'eau. « Avec 200.000 F, vous pouvez avoir un lopin de terre », témoigne un riverain de Bobongo plage. Selon nos sources, l'astuce est simple. Pendant les marées basses, des murs de pierre sont érigés jusqu'au-dessus du niveau moyen de l'eau. La zone conquise est ensuite remplie de terre et le tour est joué. Très souvent, les normes de construction en zone marécageuse ne sont pas respectées. Toutes choses qui exposent les populations aux intempéries et autres catastrophes. Des constructions anarchiques qui sont par ailleurs une des causes des inondations fréquemment enregistrées dans la capitale économique.

Les drains pluviaux sont eux aussi investis par les populations, réduisant considérablement l'écoulement des eaux de ruissèlement. Des attitudes qui augmentent les risques d'inondations là encore. Pourtant, la loi d'avril 2004 régissant le code de l'urbanisme au Cameroun en son article 9 stipule clairement que les terrains exposés à des risques naturels tels que les inondations, les éboulements, les séismes, sont inconstructibles sauf prescription spéciale. Malheureusement, ces restrictions légales ne découragent pas les acquéreurs de terrains.

En procédant à la démolition des constructions anarchiques à Logbessou récemment, le chef de la police municipale de la Communauté urbaine de Douala a annoncé que cette action va se poursuivre dans les prochains jours à Bobongo Petit Paris (Douala III) où les populations ont construit sur les drains. Ce phénomène qui est quasi général dans la ville de Douala mérite vraiment que les autorités s'y penchent pour trouver des solutions durables.

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