Mozambique: Violations des droits de l'homme en République démocratique du Congo, au Mozambique et aux Philippines

18 Septembre 2020
communiqué de presse

Strasbourg, France — -- Le gouvernement de la République démocratique du Congo doit enquêter sur les menaces proférées à l'encontre du lauréat du Prix Sakharov, le docteur Denis Mukwege, de sa famille et de l'équipe de l'hôpital de Panzi

Les autorités du Mozambique doivent prendre des mesures décisives vis-à-vis de l'insurrection islamiste dans le nord du pays

Le gouvernement philippin doit immédiatement mener une enquête transparente et indépendante sur les exécutions extrajudiciaires

Jeudi, le Parlement a adopté des résolutions faisant le point sur la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo, au Mozambique et aux Philippines.

République démocratique du Congo (RDC) - Dr Denis Mukwege, lauréat du Prix Sakharov

Le Parlement s'inquiète vivement du grave danger auquel est actuellement confronté le lauréat du Prix Sakharov et du Prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, et condamne les menaces de mort proférées récemment à son encontre et à l'encontre de sa famille ainsi que des membres de l'équipe de l'hôpital de Panzi où il exerce. Depuis juillet dernier, Denis Mukwege a reçu un nombre croissant de menaces sérieuses et répétées en réponse à ses appels réitérés, le même mois, à mettre un terme à l'impunité des auteurs de crimes sexuels et de massacres à Kipupu, Sange et dans la province d'Ituri.

Les députés saluent le courage de Denis Mukwege ainsi que son engagement de toute une vie dans la lutte contre l'utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre et de conflit armé. Ils saluent également la décision de l'ONU de rétablir la protection de sa sécurité. Comme promis par le Président Félix Tshisekedi, le gouvernement de la RDC doit maintenant mener sans attendre une enquête sur ces menaces, affirme le texte.

La résolution, qui traite également de la situation générale des droits de l'homme dans le pays, des violences passées et présentes, de l'exploration des ressources naturelles dans le pays et d'autres sujets, a été adoptée par 654 voix pour, 5 contre et 26 abstentions. Elle sera prochainement disponible ici (17.09.2020)

Situation humanitaire au Mozambique

Les députés s'inquiètent vivement de la détérioration de la situation sécuritaire au nord du pays, en particulier dans la province de Cabo Delgado, et présentent leurs condoléances aux victimes des violences en cours. Depuis octobre 2017, le groupe terroriste Al-Shabaab, soupçonné d'être affilié au groupe armé État islamique de la province d'Afrique centrale, a mené plus de 500 attaques violentes dans la région, terrorisant les populations locales, tuant plus de 1 500 personnes et entraînant le déplacement de plus de 250 000.

La résolution souligne que les problèmes de sécurité actuels aggravent encore plus une situation humanitaire déjà fragile liée aux taux élevés de sous-développement, de chocs climatiques et de conflits. Elle appelle les autorités du Mozambique à mener des actions décisives pour lutter contre cette insurrection islamiste tout en leur rappelant leur responsabilité de traduire en justice toutes les personnes soupçonnées d'activités terroristes dans le cadre de procès équitables.

Les députés soulignent que si cette insurrection n'était pas stoppée, elle pourrait croître et s'étendre aux pays voisins, ce qui menacerait la stabilité de la région comme cela a déjà été le cas au Sahel ou dans la Corne de l'Afrique.

La résolution, adoptée par 616 voix pour, 13 contre et 57 abstentions, sera prochainement disponible ici (17.09.2020).

Philippines

Le Parlement exprime sa vive inquiétude quant à la détérioration rapide de la situation des droits de l'homme dans le pays sous la présidence de Rodrigo Duterte et appelle le gouvernement philippin à mettre en œuvre les recommandations de la Haute commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme afin de traiter plusieurs sujets graves tels que les exécutions "systématiques et généralisées" liées à la campagne anti-drogue des autorités.

Les députés dénoncent avec force les milliers d'exécutions extrajudiciaires et d'autres violations graves des droits de l'homme liées à la "guerre contre la drogue". Ils condamnent également les menaces, le harcèlement, l'intimidation, le viol et la violence à l'encontre de ceux qui cherchent à dénoncer ces exécutions extrajudiciaires et d'autres violations des droits de l'homme dans le pays, notamment des militants écologistes et des droits de l'homme, des syndicalistes et des journalistes.

Le Parlement est par ailleurs très inquiet du niveau de détérioration de la liberté de la presse dans le pays et condamne les menaces, le harcèlement, l'intimidation, les poursuites inéquitables et la violence visant les journalistes, notamment le cas de Maria Ressa. Toutes les accusations à motivation politique portées contre elle et ses collègues doivent être abandonnées, indique la résolution.

Le texte a été adopté par 626 voix pour, 7 contre et 52 abstentions et sera prochainement disponible ici (17.09.2020)

SOURCE Parlement européen

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