Sénégal: Tournée économique de Macky Sall - De nouveaux programmes de modernisation de l'agriculture annoncés

21 Septembre 2020

L'axe Fatick-Kaolack-Kaffrine a vibré, le week-end, au rythme de la tournée agricole du chef de l'État, Macky Sall, qui a visité près d'une dizaine de localités du centre pour s'enquérir de l'état des cultures et s'entretenir, sans protocole, avec les acteurs du monde agricole.

Le Président de la République dit boucler sa tournée sur une note d'espoir au regard de l'abondance de la pluviométrie et du comportement satisfaisant des champs. Il a annoncé d'autres programmes de renforcement, de mécanisation et de modernisation de l'agriculture.

Le Sine-Saloum a été l'attraction du monde agricole, le week-end, avec la tournée économique du Chef de l'État, Macky Sall, qui a sillonné une bonne partie des régions de Fatick, de Kaolack et de Kaffrine, dans ses profondeurs. Durant deux jours, il s'est entretenu avec les paysans et s'est imprégné des réalités du monde agricole.

Fatick a été la première étape de la tournée présidentielle, précisément la commune de Niakhar, une importante zone de production de mil, spéculation essentielle pour la subsistance du monde rural.

De Fatick à Niakhar, le tronçon était jalonné de forces de l'ordre, dès les premières heures de la matinée. Vers 9h, la circulation sur cet axe était au ralenti. Priorité aux véhicules de l'administration territoriale et à ceux des forces de défense.

Le long de cette route s'offre un décor pittoresque. Des champs verdoyants s'étendent à perte de vue. Le paysage est magnifique, surtout en cette période d'hivernage. Le ciel alternant éclaircies et passages nuageux, samedi matin, menace d'ouvrir ses vannes.

Après une quinzaine de minutes de trajet, nous voilà aux portes du champ de l'Asc « Jamm Bugum » (nous voulons la paix en sérère). Sur le site, le service protocole du palais s'attèle aux derniers réglages. Les forces de l'ordre filtrent les entrées et quadrillent l'endroit.

Les maires des communes environnantes, écharpes tricolores en bandoulière, et les autorités administratives déconcentrées sont prêts pour l'accueil de l'hôte du jour. L'endroit se remplit à mesure que le cortège du Chef de l'État approche.

Le respect des gestes barrières, comme le port du masque, est scrupuleusement respecté avec la Covid-19. La longue attente ne semble pas ébranler la foule massée à l'entrée du périmètre champêtre. Vers 11h, le Chef de l'État descend de son véhicule et se diriger vers les cultures.

Accompagné de quelques membres du Gouvernement et de son cabinet, Macky Sall démarre la visite à pas de charge avec les paysans qui faisaient office de guide.

À chaque étape, le président de l'Asc « Jamm Bugum » répond aux questions du chef de l'État sur l'état de maturation des cultures, la trajectoire de leur association, la production, la commercialisation, l'acquisition des intrants...

Au milieu des épis de mil, en fin de maturation, le Chef de l'État suit avec attention les explications de Mame Birame Sène qui, tout joyeux, rappelle les péripéties de son association.

Renforcer la mécanisation agricole

Après avoir parcouru cette première phase du programme, le Chef de l'État s'est réjoui de l'initiative des jeunes de cette localité qui ont fait de leur Asc, qui compte 1005 membres, une véritable plateforme d'industrie agricole.

« C'est extraordinaire ce que j'ai vu dans ce champ de 524 hectares cultivé par des jeunes sur des bases culturales modernes.

La sélection des semences de mil a permis de doubler les rendements. Les activités des membres de l'Asc touchent aussi toute la chaîne de valeurs, de la production jusqu'à la transformation du mil. Ces jeunes méritent tout notre soutien et notre politique d'équipement agricole voit toute sa justification.

Pour faire autant d'emblavures, il faut renforcer les dotations en machines », a déclaré le Chef de l'État. Il a promis de renforcer la mécanisation de l'agriculture, avec une dotation accrue en tracteurs.

Il a rappelé que le Gouvernement a déjà distribué plus de 2000 tracteurs ; ce qui explique l'augmentation des superficies emblavées.

L'État a su anticiper

Vu la bonne pluviométrie de cette année, le Président Sall espère des rendements records. « Il y a un bon comportement des cultures. Nous pourrons espérer qu'une très bonne récolte sera obtenue sur presque l'ensemble du territoire national.

Nous avons trouvé des populations braves et attachées aux activités agricoles. Elles se battent pour vivre de leur sueur. Ce qui est intéressant, c'est qu'elles sont dans la culture du mil. Une spéculation importante, mais que beaucoup sous-estiment », a affirmé le Chef de l'État.

Selon lui, en se fondant sur les prévisions d'une bonne pluviométrie, le Gouvernement a pris la décision d'augmenter de 20 milliards de FCfa le budget du programme agricole 2020-2021 en le portant à 60 milliards de FCfa. Ces efforts, a dit le Chef de l'État, montrent toute l'attention portée à l'agriculture.

« Ce que nous avons vu est rassurant. Nous invitons tout le monde à accorder plus d'intérêt aux activités agricoles qui sont l'un des moteurs devant tirer notre économie.

L'État sera toujours aux côtés des paysans pour les accompagner, les encadrer, leur doter d'équipements agricoles et les assister pendant la campagne de commercialisation. L'Asc « Jamm Bugum » est un exemple et une source d'inspiration pour les jeunes Sénégalais », s'est réjoui Macky Sall.

Sibassor expérimente la polyculture

Après Niakhar, le cortège présidentiel a fait cap sur le village de Ngothie, dans la commune de Sibassor. Il abrite le champ de la Coopérative pour le développement local de Sibassor (Copedelsi) qui regroupe 2100 sociétaires.

Arrivé vers 13h, le Chef de l'État a visité le champ de 4 hectares dont 3 pour la culture arachidière et le reste pour le mil. Accompagné de la présidente de la Copedelsi, Binta Mbengue, le président de la République a constaté l'état de maturation des cultures et s'est félicité de l'engagement des femmes de cette localité.

S'adressant aux membres de cette organisation paysanne, le Chef de l'État déclare : « Je me suis rendu compte que le matériel agricole vous a permis d'augmenter vos rendements. J'ai dit au ministre de l'Agriculture d'élaborer d'autres programmes pour renforcer la mécanisation et la modernisation de l'agriculture.

Cela permettra d'accroître aussi bien le rendement que la productivité. Je vais renforcer les moyens du ministère de l'Agriculture pour que les coopératives agricoles et d'élevage puissent se moderniser dans les techniques culturales et dans l'encadrement et la commercialisation », a promis M. Sall.

Il a salué l'« ingénieuse idée » de la coopérative qui a institué un système de polyculture à travers la diversification des spéculations. Il s'agit du niébé, de l'arachide, du mil, de la pastèque.

Percée du riz de plateau dans le Saloum

Après Sibassor, le Chef de l'État a pris la direction de Keur Socé (commune située dans l'arrondissement de Ndiédieng).

Ici, la Coopérative des professionnels pour la réforme de l'agriculture (Coopar), forte de 3000 membres dont 600 femmes, a, à son actif, de vastes champs où sont cultivées différentes variétés : arachide, maïs, sésame, pastèque.

Mais le point d'attraction était la culture du riz de plateau qui a retenu l'attention du Chef de l'État. « C'est un plaisir de visiter les cultures de riz de plateau qui poussent comme les autres spéculations.

Avec le riz de plateau, nous allons atteindre plus rapidement notre objectif d'autosuffisance en riz. Jusque-là, nous avons une formule 40 % de riz pluvial et 60 % de riz irrigué. Aujourd'hui, cette tendance est inversée », s'est félicité le Président Sall.

S'organiser en coopérative

En vue de bénéficier davantage de matériels agricoles, des semences, de l'engrais et d'autres intrants, le Chef de l'État, à toutes les étapes de sa tournée, a appelé les agriculteurs à s'organiser en coopérative.

Il estime que ces plateformes leur permettent de mieux s'organiser. « Nous voulons aider les agriculteurs en les dotant de machines comme les tracteurs qui peuvent être subventionnés à hauteur de 70 %.

Nous les invitons à se mettre en coopérative pour leur permettra d'accéder plus facilement au matériel agricole », a déclaré le Chef de l'État. Il a également demandé aux agriculteurs de développer davantage la contractualisation.

« Progressivement, nous aurons des acteurs qui vont accompagner les producteurs en mettant à leur disposition des intrants et en achetant leurs productions.

Je salue l'initiative de la coopérative de Sibassor qui a institué un partenariat avec la Sonacos à travers la contractualisation. Ce genre de partenariat est à encourager », a soutenu Macky Sall.

Le secteur privé national invité à investir dans l'agrobusiness

La visite du Chef de l'État, dans son champ situé à Sagoudia (à quelques kilomètres de Toubacouta), marque la dernière étape de la première journée de sa tournée agricole.

Il a rappelé son attachement à l'agriculture. « Je suis, quelque part, un agriculteur, même si je ne suis pas trop fréquent dans les champs. Mais il y a une équipe de professionnels qui s'en occupe.

À travers cette visite dans mon champ, je voulais donner l'exemple en montrant que l'agriculture n'est pas seulement l'affaire des paysans », a déclaré le Président de la République. Il a précisé avoir acquis ce terrain pour développer des cultures fruitières comme la mangue, la clémentine ou la pastèque.

Ce modèle agricole, à son avis, permet de faire travailler les populations et de développer une agriculture avec une haute valeur ajoutée. Le Chef de l'État entend également développer un projet laitier. « Mon ambition est de développer des fermes laitières.

Le Sénégal importe énormément de lait. Nous devons encourager les hommes d'affaires, le secteur privé, à investir dans les fermes laitières qui sont très exigeantes en entretien, de soins, d'alimentation et d'eau.

Certes, nous continuons à faire l'élevage traditionnel, mais pour avoir plus de productivité et être autosuffisant en lait et en viande, il nous faut une nouvelle méthode de travail », a dit M. Sall.

BARA NGOM, PRODUCTEUR À NIAKHAR

« Il faut faciliter aux producteurs l'accès au crédit»

Président du Groupement des producteurs céréaliers du village de Dogo Deguen Sorokh, Bara Ngom est content de la visite du Chef de l'État. « Nous nous réjouissions de son déplacement à Niakhar. Nous avons saisi l'occasion pour lui demander de nous aider dans nos activités, notamment pour ce qui est de l'accès au crédit », a-t-il déclaré.

La coopérative dont il est membre a créé des groupes de 30 personnes dans chaque village environnant ; c'est une sorte de mutuelle de crédit pour permettre à ses membres de financer leurs activités. Chaque année, ils réunissent les cotisations afin de disposer d'un fonds plus important dans les banques et institutions de microfiance.

« Par exemple, l'année dernière, nous avons pu réunir 17 millions de FCfa. Grâce à cette enveloppe, nous avons acheté de l'engrais et des semences.

Mais ce montant était insuffisant au regard de la forte demande des membres de la coopérative. C'est pourquoi, nous sollicitons l'appui de l'État en termes de financement, de subventions sur les matériels agricoles et autres intrants », a plaidé Bara Ngom.

CAPITAL SEMENCIER

Les producteurs de Dabaly encouragés à préserver le potentiel génétique

La seconde journée de la tournée économique du Chef de l'État a été marquée par une visite dans la commune de Dabaly (département de Nioro) qui abrite un domaine de production de semences d'arachide et d'autres spéculations.

Le Chef de l'État s'est félicité de l'option de la Coopérative des producteurs de semences (Coprosem) de se focaliser sur la reconstitution de semences. « Je suis ravi de voir qu'il y a une organisation à la base qui s'active dans la production de semences.

Il est important de reconstituer le capital semencier. Cela contribuera à la préservation du potentiel génétique », a déclaré Macky Sall, promettant à ces acteurs le soutien de l'État. Créée le 6 décembre 2007, la Coprosem regroupe des producteurs des communes de Paoskoto, de Darou Salam et de Dabaly.

Aujourd'hui, elle compte 527 membres dont 76 femmes et 451 hommes. Cette année, la coopérative a distribué à ses membres 1 793 tonnes de semences d'arachide dont 820 tonnes de semences certifiées, 100 tonnes de semences de maïs R1, 60 tonnes de semences de mil base.

S'y ajoute un lot important de matériels agricoles composé de semoirs, de houes sines, de charrettes équines et bovines.

« L'impératif de tendre vers une professionnalisation globale »

Conseiller agricole et rural dans la région de Fatick, Ibrahima Diouf a profité de la tournée du Chef de l'État pour l'inviter à mettre plus de moyens afin d'aller vers une professionnalisation globale des acteurs ruraux.

Selon lui, depuis 2012, l'Ancar travaille avec l'Asc « Jamm Bugum » qui lui avait soumis un sous-projet de 200 ha de mil porté par 100 jeunes issus de 100 ménages.

Ce sous-projet, financé par le Projet d'appui aux filières agricoles (Pafa), a fait l'objet d'une convention avec l'Ancar pour accompagner l'Asc en ce qui concerne l'organisation et la formation sur les bonnes pratiques agricoles de production de mil de qualité.

ETAPE DE KAFFRINE

Sphère administrative : visite présidentielle sur un dispositif architectural novateur

La sphère administrative de Kaffrine qui sera livrée dans six mois a accueilli, hier, le Chef de l'État Macky Sall dans le cadre de sa tournée économique.

Bâtie sur une superficie de 2,7 ha, la sphère administrative de Kaffrine, pendant de la sphère de Diamniadio, est un complexe immobilier conçu pour donner un nouveau visage à la capitale régionale. Un dispositif architectural novateur qui a accueilli, dimanche, le Chef de l'État Macky Sall dans le cadre de sa tournée économique.

Il abritera la gouvernance, la préfecture, une villa présidentielle ainsi que des résidences dédiées au gouverneur et au préfet. Le complexe regroupera également une vingtaine de services régionaux. « Je constate avec fierté que le rythme des travaux est satisfaisant.

C'est une excellente chose. Du courage », a lancé le Chef de l'État en s'adressant à l'architecte en charge du projet.

Ce dernier a assuré que les travaux seront terminés dans six mois. La délégation présidentielle a eu droit à une brève présentation de la sphère et de ses dépendances. Cela a permis de découvrir d'autres aspects du bijou : espaces verts, restaurant, parking, voirie interne, espaces pour chauffeurs.

« Le plan a été soumis au gouverneur pour validation. Nous avons adopté une démarche participative », a expliqué Malick Gaye, Directeur général de l'Agetip, agence qui conduit les travaux.

Il a rappelé que la sphère de Kaffrine entre dans le cadre d'un vaste programme qui concerne trois autres régions : Thiès, Diourbel et Sédhiou. Coût total du projet : 22 milliards de FCfa.

L'objectif du Gouvernement est de moderniser l'administration, d'améliorer les conditions de travail des fonctionnaires, de marquer la présence de l'État dans les régions et d'optimiser les dépenses publiques. Les quatre sphères permettront à l'État d'économiser 2,5 milliards par an.

« Dans des villes comme Kaffrine et Sédhiou, tous les services de l'État sont logés dans des maisons conventionnées. C'est dire que ces sphères favoriseront la réduction des prix des loyers dans les régions », a déclaré le Directeur général de l'Agetip.

Macky Sall dans les champs d'Abdoul Aziz Sy Al Amine

La visite du Chef de l'État Macky Sall à Médina Sy, dans les champs du défunt Khalife général des Tidianes, Abdoul Aziz Sy Al Amine, a été un des temps forts de sa visite dans la région de Kaffrine.

Le Président Sall a été accueilli par le fils du défunt guide Mouhamadou Moustapha Sy, qui a cultivé 200 ha d'arachide et 60 ha de mil cette année. Macky Sall a profité de ce périple pour l'encourager en magnifiant son amour pour le travail.

Médina Sy, village situé dans la commune de Dianké Souf, a été fondé en 1965 par Abdoul Aziz Sy « Junior » qui y a exploité, jusqu'à son décès, de vastes champs d'arachide et de mil. Aujourd'hui, son fils Mouhamadou Moustapha Sy a pris la relève.

Hommages aux chefs religieux cultivateurs

En visitant le domaine agricole de Serigne Moustapha Sy situé à Mérina Sy, le Chef de l'État a rendu un hommage aux chefs religieux qui s'activent dans l'agriculture. Il fait référence au père fondateur dudit domaine, Serigne Abdoul Aziz Al Amine.

« Le défunt khalife des Tidianes était un grand cultivateur. Aujourd'hui, ce sont ses enfants qui ont repris le flambeau. C'est pourquoi, je les remercie parce qu'ils ont perpétué l'héritage. Les chefs religieux peuvent beaucoup nous apporter dans l'agriculture.

Ils acceptent de travailler la terre et cela donne de la fierté. Je rends hommage à tous les chefs religieux qui sont dans l'agriculture.

Ils méritent le soutien de l'État. Nous devons les accompagner dans l'organisation, la dotation en intrant », a souligné Maccky Sall. Pour lui, les importants rendements nécessitent un modèle cultural moderne.

30 milliards de FCfa pour appuyer le secteur informel

En marge de la clôture de sa tournée économique, le Président de la République est revenu sur les efforts consentis par l'État pour accompagner les acteurs de l'économie afin de faire face aux effets de la pandémie de la Covid-19. Il indique qu'il fallait accompagner les entreprises pour préserver les emplois en développant des mécanismes leur permettant d'avoir de la trésorerie.

Ce qui explique la mise en place du Fonds de riposte. « Il reste le secteur informel qui joue un rôle important dans l'économie.

Ce sont, par exemple, les artisans, les mécaniciens, les menuisiers. D'après les derniers recensements, ils sont au nombre de 200 000. Et ils seront accompagnés. Ils bénéficieront, au moins, de 30 milliards de FCfa », a annoncé le Chef de l'État.

Sur le plan de relance, il rappelle que celui-ci va s'appuyer sur le Pse à travers le Pap 2 qui sera accéléré et ajusté. « Nous avons décidé d'adapter le Pap 2 à la lumière des choix.

Il faut renforcer l'agriculture et l'industrie pharmaceutique. Les enseignements de la Covid-19 nous permettront de choisir et de privilégier des secteurs et de les renforcer davantage », a soutenu le Président de la République.

RAPPORT AMERICAIN SUR LE CLIMAT DES AFFAIRES AU SÉNÉGAL

« Le Sénégal reste un pays de destination en matière d'investissement »

Interpelé sur un rapport « alarmant » du département d'État américain sur le climat des affaires au Sénégal, le Président de la République déplore le traitement qu'en a fait une partie de la presse nationale. Toutefois, il assure que le Sénégal est un pays de destination en matière d'investissement. «

Nous ne disons pas que nous avons tout fait, mais nous sommes fiers de ce qui est fait dans ce pays. Les Américains n'ont pas critiqué, c'est une partie de la presse qui raconte n'importe quoi. S'il y a des gens qui décident de saboter leur pays, c'est leur responsabilité.

Ce ne sont pas ces actes qui vont nous arrêter puisque les résultats sont tangibles », a déclaré le Chef de l'État. Il estime que le développement de l'investissement privé est en jeu. Selon lui, les investisseurs veulent venir au Sénégal parce que c'est un pays stable avec des ressources humaines de qualité.

« C'est un pays qui attire. Et nous faisons des efforts au quotidien. Toutefois, il y a des gens qui nous tirent vers le bas. C'est leur choix. Ils pensent qu'ils détruiront le Sénégal ; ils se détruiront tout seul. Et c'est dommage », a dit Macky Sall.

MACKY SALL À KAFFRINE

« Les emblavures vont nécessairement jouer sur la croissance »

Subventions publiques renforcées, pluviométrie favorable, bon comportement des cultures. Tout cela, dit Macky Sall, donnera de bons rendements qui impacteront sur la croissance.

Le Chef de l'État était, hier dimanche, à Kaffrine, à la rencontre des producteurs de la région. Il a salué les performances réalisées. Un acte d'encouragement et de soutien moral aux producteurs qui complète le soutien en matériel.

Le Président Sall dit avoir noté « avec satisfaction » que les efforts du Gouvernement sont visibles sur le terrain par l'augmentation des superficies cultivées. Et cela est un bon signe pour le Sénégal qui s'est engagé dans la relance post-Covid.

« De Fatick à Toubacouta en passant par Niakhar, Nioro et Médina Sy dans le Malem Hodar, partout, ce sont les mêmes images, les mêmes étendues de champ. Ce qui annonce de lendemains meilleurs pour notre pays », s'est réjoui le Chef de l'État, faisant remarquer que les immenses « emblavures visitées joueront nécessairement sur la croissance ».

« Il est évident que les bons rendements attendus auront un effet positif sur notre économie. La question est de savoir si elle sera suffisante pour dépasser nos prévisions de croissance, durement frappée par la crise sanitaire mondiale », a souligné Macky Sall, qui annonce le maintien et même le renforcement des moyens qui seront alloués à l'agriculture.

La Covid-19 a montré, a dit le Chef de l'État, que les pays qui n'investissent pas dans l'agriculture ne sont pas à l'abri d'une crise alimentaire.

« Nous avons accordé cette année 60 milliards aux producteurs et nous allons davantage soutenir ce secteur qui est appelé à occuper une bonne place dans la relance de notre économie », a indiqué Macky Sall, qui compte également renforcer l'industrie pharmaceutique. L'idée est d'assurer « une autosuffisance du Sénégal » dans tous les domaines.

Un vaste chantier qui doit être porté également par le secteur privé. Le Président Sall est d'avis qu'il faut une implication des privés dans la production et une approche par filière pour doper la transformation et la commercialisation créatrices de richesses et d'emplois.

S'agissant du volet commercialisation, le Chef de l'État rappelle que l'exportation est maintenue, notant l'existence d'une ligne de crédit pour la Sonacos obtenue grâce à la Banque islamique de développement (Bid).

« Tout cela montre que le Gouvernement mise énormément sur l'agriculture pour développer le Sénégal.

Et tout sera fait pour renforcer les producteurs et les acteurs de ce secteur important de notre économie », a encore dit Macky Sall, qui rappelle que le Gouvernement a acheté et distribué 2000 tracteurs subventionnés à hauteur de 60 % sur toute l'étendue du territoire national.

Cette mécanisation, assure le Chef de l'État, sera poursuivie et élargie « pour que tous ceux qui veulent cultiver la terre puissent trouver du matériel sans difficulté majeure ».

6 milliards accordés à 44618 ménages agricoles de Kaffrine

L'État a mobilisé pour cette présente campagne (2019-2020) 6 milliards de FCfa pour subventionner 44618 ménages agricoles de la région de Kaffrine.

Une subvention qui a permis aux bénéficiaires de renforcer leur résilience et de disposer des semences certifiées (arachide et espèces diverses) et de l'engrais en quantité suffisante, permettant de doubler des emblavures comme le riz.

13340 tonnes de semences d'arachide ont été réceptionnées et cédées aux producteurs de la région de Kaffrine. « Des semences de qualité saluées par les bénéficiaires », fait remarquer Samba Ndao Tall, Directeur régional du développement rural (Drdr) de Kaffrine.

S'agissant des semences d'espèces diverses, la subvention porte sur 6 spéculations : le riz, le maïs, le sorgho, le niébé, le sésame et le manioc. Pour l'engrais, les quotas sont passés de 10309 tonnes en 2019 à 11918 tonnes en 2020, soit une hausse de 16 %.

« Toutes les conditions sont réunies à Kaffrine pour faire de cette campagne une réussite », affirme Samba Ndao Tall. Ce dernier fait aussi état d'une situation phytosanitaire sous contrôle. Les attaques des cultures enregistrées fin août, dit-il, ont été vite maîtrisées grâce aux interventions des techniciens sur le terrain.

Tous les 3955 hectares infectés dans les trois départements de Kaffrine (1 555ha), de Koungheul (1320 ha) et de Birkilane (780 ha) viennent d'être traités.

« Les prospections et les traitements se poursuivent et la vigilance reste de mise dans la région », assure Samba Ndao Tall, soutenant que les équipes descendent régulièrement sur le terrain.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.