Ile Maurice: Les conteneurs mettront deux fois plus de temps pour arriver

21 Septembre 2020

Port-Louis n'est plus un des ports de transbordement. Résultat : les navires ne s'arrêtent plus au port, causant un retard considérable dans le débarquement des conteneurs.

C'est la panique dans le port. Les transitaires portuaires ont émis un communiqué pour signaler le fait que les porte-conteneurs vont passer deux fois plus de temps en mer avant d'arriver à Maurice. En effet, les principales compagnies maritimes, à savoir Mersk, MSC et CGM, ont plusieurs fois évité Port-Louis pour diverses raisons. Le segment du transbordement se retrouve du coup paralysé avec des navires qui ne s'arrêtent pas pour débarquer leurs conteneurs à Port-Louis. En conséquence, des conteneurs destinés à Maurice sont acheminés vers les ports de Duban (Afrique du Sud), Tamatave (Madagascar) et Colombo (Sri Lanka) pour être transbordés sur d'autres navires.

L'Association des transitaires du port souligne que les navires prenaient entre 20 et 24 jours pour arriver à Maurice. Maintenant cette période est passée à 54 jours, voire 60 jours. Ce communiqué tire la sonnette d'alarme, selon plusieurs opérateurs qui s'inquiètent pour leurs activités d'exportation et d'importation. Ainsi, les opérateurs économiques qui doivent envoyer leurs produits à l'étranger et ceux qui en commandent doivent le faire dans les plus brefs délais. Par exemple, des marchandises commandées il y a deux mois devraient arriver bientôt alors que, pour les marchandises attendues pour la fin de l'année, il faut s'y prendre avant novembre.

Afzal Delbar, un dirigeant de l'Association des transitaires du port, demande aux opérateurs économiques de s'y prendre en avance sous peine de recevoir leurs produits après les fêtes de fin d'année. Cette révision est due au planning déjà établi pour les navires qui arriveront à Maurice. Le fait est que les grandes compagnies évitent de passer à Port-Louis, qui n'est plus un des ports de transbordement. Ce changement s'est opéré il y a un mois quand les compagnies maritimes ont informé les transitaires de la situation. Selon Afzal Delbar, le temps d'arrivée de 54 jours, voire 60 jours, est le minimum, car les cargaisons peuvent même arriver avec quelques jours de retard.

Le problème, en fait, se situe au niveau du port, où le temps d'attente est relativement long. Port-Louis n'est plus aussi attractif qu'avant car les problèmes de manutention par moments ont eu raison des compagnies maritimes internationales. De plus, depuis le naufrage du Sir Gaëtan, les navires de plus de 200 mètres et non équipés de propulseurs d'étraves doivent attendre. Ainsi, le MSC Livorno a préféré partir à Colombo déposer près de 500 conteneurs destinés à Maurice. Selon plusieurs transitaires, le secteur de la construction pourrait être impacté car les marchandises prendront plus de temps et cela peut provoquer du chômage technique.

Au niveau du port, on se veut rassurant, car la Cargo Handling Corporation Limited travaille à plein régime pour permettre aux navires d'accoster et ainsi augmenter la productivité. Mais le souci, c'est que le trafic est dense par moments. Nous avons contacté la Mauritius Ports Authority. Shekur Suntah, le directeur général, rétorque qu'il faut demander pourquoi les grandes compagnies maritimes ne desservent plus Maurice. Selon un transitaire, si la situation perdure, des pénuries se feront sentir dans plusieurs secteurs, dont la construction. De plus, les exportations deviendront plus difficiles, si Maurice n'est plus attractif, car des pays concurrents pour- ront livrer les commandes plus rapidement.

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.