Ile Maurice: Enquête sur la fraude d'un milliard - De la poudre aux yeux ?

21 Septembre 2020

Après la déclaration de Sattar Hajee Abdoula à l'effet qu'il y a eu des fraudes à la State Bank of Mauritius (SBM), déclaration qui ferait suite à une enquête interne à la SBM, la police a commencé les interrogatoires.

Cependant, cela ne concerne qu'une partie des fraudes, en l'occurrence le prêt accordé à Renish Petroleum basée à Dubaï. L'intermédiaire indien, Hitesh Mehta, a disparu en 2018 avec Rs 1,4 milliard sans avoir remboursé un seul sou du prêt, qui aurait été accordé sans garantie.

Qui a approuvé cette transaction et qui l'a recommandée ? Selon la conclusion de l'enquête interne de la SBM, il faudrait le demander à l'exchairman de la SBM Holdings, Kee Chong Li Kwong Wing. Les limiers de la Central CID ont donc promptement convoqué ce dernier. Lors de l'interrogatoire, ce dernier s'est armé de patience pour expliquer ce qu'il a toujours dit, à savoir qu'il n'a rien eu à faire avec les prêts. Selon des informations venant de différentes sources, c'est le comité de crédit et plus haut, le CEO de la SBM de l'époque, Raj Dussoye, et l'ancien Chairman, Nayen Kumar Ballah, qui sont concernés. Or, ni l'un ni l'autre, ni personne du Credit Committee n'a été inquiété jusqu'à l'heure.

Un ancien dirigeant de la SBM souligne que Kee Chong Li Kwong Wing fut de plus un président non-exécutif et que la société d'investissement, SBM Holdings, n'a pas de banking licence pour accorder des prêts et n'est pas autorisée à s'ingérer dans les affaires internes de la banque. Pourquoi ne pas avoir interpellé Dussoye et Ballah ? À la police, on nous assure que tous les protagonistes concernés seront convoqués en temps et lieu.

Notre interlocuteur, un ancien dirigeant de la SBM, nous signale que Raj Dussoye a quitté le pays sans qu'aucune autorité ne lui fasse de difficultés. Il serait actuellement dans un pays du Golfe. À la SBM, on se dit soucieux de respecter la présomption d'innocence. «Quand Dussoye a quitté le pays, l'enquête n'était pas encore terminée et l'on ne pouvait rien faire légalement», nous dit-on. Pourquoi l'avoir évincé alors ainsi que trois autres managers ? «Il le fallait pour que personne ne gêne l'enquête interne, ni n'interfère avec les témoins ou les preuves.»

Notre interlocuteur, un ancien dirigeant de la SBM, nous signale que Raj Dussoye a quitté le pays sans qu'aucune autorité ne lui fasse de difficultés. Il serait actuellement dans un pays du Golfe. À la SBM, on se dit soucieux de respecter la présomption d'innocence. «Quand Dussoye a quitté le pays, l'enquête n'était pas encore terminée et l'on ne pouvait rien faire légalement», nous dit-on. Pourquoi l'avoir évincé alors ainsi que trois autres managers ? «Il le fallait pour que personne ne gêne l'enquête interne, ni n'interfère avec les témoins ou les preuves.»

Notre interlocuteur, un ancien dirigeant de la SBM, nous signale que Raj Dussoye a quitté le pays sans qu'aucune autorité ne lui fasse de difficultés. Il serait actuellement dans un pays du Golfe. À la SBM, on se dit soucieux de respecter la présomption d'innocence. «Quand Dussoye a quitté le pays, l'enquête n'était pas encore terminée et l'on ne pouvait rien faire légalement», nous dit-on. Pourquoi l'avoir évincé alors ainsi que trois autres managers ? «Il le fallait pour que personne ne gêne l'enquête interne, ni n'interfère avec les témoins ou les preuves.»

Une autre source déclare que ces personnes ont démissionné avant que la banque ne les mette à la porte. «Ils sont malins. Ainsi, ils demeureront des fit and proper persons auprès de la Banque de Maurice.» Donc, quand l'enquête fut enfin bouclée, Raj Dussoye avait déjà quitté le pays. «Il sera convoqué et interrogé quand il le faudra», tente-t-on de nous rassurer tant à la SBM qu'au CCID.

Mais pourquoi Kee Chong Li Kwong Wing a-til été le premier à être convoqué à le CCID ? Du côté de la police, on dit s'être basée sur les conclusions de l'enquête de la SBM. Mais, chez cette dernière, c'est un autre son de cloche. «Les enquêteurs auront sans doute confondu SBM Holdings et SBM Ltd», nous dit un haut cadre qui reconnait lui aussi que le chairman de SBM Holdings n'a rien à faire avec les prêts.

Deux ans d'enquête pour en arriver là, c'est-à-dire pour que la police recommence tout à zéro, tout en se trompant dès le départ ? C'est pour cela que l'ex-dirigeant de la SBM est d'avis que la convocation de l'ancien chairman vise à démontrer que les choses avancent pour calmer les esprits, notamment des actionnaires. «Je ne crois pas un seul instant que la police s'est trompée. C'était voulu. La preuve: vous ne verrez aucune issue dans ces enquêtes 'bidon' et je doute fort que les vrais responsables de la banque ne soient même interpellés», dit-il.

Plus de: L'Express

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