Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du ‎point presse sur la Covid-19 ̶ 18 septembre 2020

La COVID-19 a montré que collectivement, le monde était terriblement mal préparé.

Dans ce nouveau rapport, le Conseil mondial de suivi de la préparation expose les principaux enseignements que le monde doit tirer de la pandémie et les mesures concrètes que nous pouvons prendre pour nous protéger.

Grâce à l'engagement et à l'investissement politiques et financiers appropriés aujourd'hui, nous pouvons prévenir et atténuer les pandémies de demain.

Il s'agit d'un moment critique pour les pays et nous demandons aux dirigeants de mettre en place des mesures ciblées qui, nous le savons, peuvent supprimer la propagation et garantir la protection des systèmes et des agents de santé.

Les individus aussi peuvent agir, et nous vous demandons de continuer à respecter les mesures essentielles.

Bonjour, bon après-midi et bonsoir.Je suis heureux d'être rejoint par la Dre Gro Brundtland et M. As Sy, deux éminentes personnalités de la santé publique qui co-président maintenant le Conseil mondial de suivi de la préparation.

Depuis le tournant du millénaire, les virus du SRAS et du MERS, les virus H1N1, Zika et Ebola ont tous montré que, de plus en plus fréquemment, des virus franchissaient la barrière des espèces entre animaux et êtres humains.

Le Conseil mondial a été créé il y a deux ans par l'OMS et la Banque mondiale pour sortir du cercle vicieux de la panique et de la négligence, dont nous avons été les témoins au cours de multiples flambées de maladies.

Le même schéma s'est dessiné de façon récurrente, les fonds affluant lorsque les flambées épidémiques sont déjà en pleine expansion pour se tarir ensuite lorsqu'il s'agit de prévenir l'épidémie suivante.

Les bilans et les rapports ne valent que par la mise en oeuvre des recommandations qu'ils contiennent. La COVID-19 a montré que collectivement, le monde était terriblement mal préparé.

Pourtant, si nous faisons preuve d'humilité et de solidarité collective, nous pouvons planifier à long terme, et investir dans la santé et la préparation. Il n'est pas question ici de philanthropie mais d'un investissement dans notre avenir collectif.

Dans ce nouveau rapport, le Conseil mondial de suivi de la préparation expose les principaux enseignements que le monde doit tirer de la pandémie et les mesures concrètes que nous pouvons prendre pour nous protéger.

Assurons-nous que les recommandations sont prises au sérieux et que, ensemble, nos systèmes d'alerte précoce et de surveillance sont améliorés afin que nous puissions enrayer les flambées rapidement et efficacement.

Cette pandémie a montré que les systèmes de santé peuvent être complètement débordés et les services essentiels s'effondrer, que les pays soient riches ou pauvres.

Comme je l'ai dit, bon nombre des pays qui ont bien réagi ont appris des flambées précédentes.

Le 13 janvier de cette année, la Thaïlande a été le premier pays en dehors de la Chine à enregistrer un cas de la maladie.

L'expérience vécue par la Thaïlande avec le virus du SRAS et le virus H5N1 - combinée à un système de santé publique et de surveillance solide - a donné au pays la « mémoire musculaire » nécessaire pour riposter rapidement face à la COVID-19.

Le leadership dont a fait preuve l'ensemble du gouvernement thaïlandais et l'engagement public soutenu par un million d'agents de santé communautaires ont contribué à déployer rapidement un système efficace de recherche et de suivi.

Cela a permis au pays de supprimer le virus, les citoyens jouant un rôle actif dans la rupture des chaînes de transmission. L'OMS a récemment partagé une vidéo décrivant la riposte de la Thaïlande et nous saluons la Thaïlande.

Se forger une « mémoire musculaire », comme l'a fait la Thaïlande en tirant parti des flambées précédentes, est la clé de la riposte en cas de pandémie et il faut désormais que le monde entier renforce sa préparation.

Au-delà des avertissements sans fin sur l'insuffisance de la préparation mondiale, tous les pays doivent s'atteler à la tâche ensemble et investir pour s'assurer qu'une pandémie de cette ampleur et de cette gravité ne se reproduise plus jamais.

Grâce à l'engagement et à l'investissement politiques et financiers appropriés aujourd'hui, nous pouvons prévenir et atténuer les pandémies de demain.

Dans un monde qui se réchauffe et où l'intensification de l'activité humaine réduit les espaces sauvages, la probabilité de propagation d'un nouvel agent pathogène de l'animal à l'homme augmente.

Nous savons avec certitude qu'il y aura à l'avenir de nouveaux virus jusque-là inconnus et une autre « maladie X ».

Mais nous possédons aussi les outils contre ceux-ci et savons que la seule façon de faire face à ces menaces mondiales est d'agir en tant que communauté mondiale, unie dans la solidarité et engagée dans une coopération à long terme.

Alors que certains pays commencent à encourager la reprise de l'activité, nous constatons une recrudescence des cas et des décès, et des inquiétudes concernant le manque potentiel de capacité hospitalière.

Il s'agit d'un moment critique pour les pays et nous demandons aux dirigeants de mettre en place des mesures ciblées qui, nous le savons, peuvent supprimer la propagation et garantir la protection des systèmes et des agents de santé.

Les individus aussi peuvent agir, et nous vous demandons de continuer à respecter les mesures essentielles.

Respecter la distanciation physique, vous laver les mains, porter un masque, vous couvrir la bouche et le nez et vous tenir à distance des autres en cas de toux ou d'éternuements, éviter les foules et garder fenêtres et portes ouvertes lorsque vous ne pouvez pas rencontrer vos amis et votre famille à l'extérieur. Faites tout cela !

Je tiens à remercier le Royaume-Uni, l'Égypte et l'Indonésie qui ont annoncé qu'ils se joindront au mécanisme COVAX. Mes remerciements vont aussi aux autres pays qui prennent des engagements avant la date limite.

Au nom de l'OMS et de nos partenaires de la Banque mondiale, je voudrais remercier les coprésidents et les membres du Conseil mondial pour ce rapport et pour leurs recommandations.

Pour que nous en sachions plus sur ces recommandations, je donne maintenant la parole à ma sœur la Dre Bruntland. Vous avez la parole.

Merci beaucoup Gro, je voudrais maintenant inviter le coprésident, mon frère As Sy, à s'exprimer ; vous avez la parole.

Plus de: WHO

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.