Kenya: Sept ans après l'attentat meurtrier de Westgate Mall, le Kenya a considérablement amélioré ses réponses aux menaces terroristes

Nairobi — Décrit comme le premier attentat terroriste perpétré par le groupe islamiste somalien d'Al-Shabaab sur le sol kényan depuis les attentats de Kampala en 2010, l'attaque du centre commercial Westgate à Nairobi qui a été assiégé pendant quatre jours (du 21 au 24 septembre 2013) par des hommes armés de ce groupe terroriste affilié à Al-Qaidia, a changé pour de bon les approches de sécurité nationale du pays.

Quatre hommes armés avaient pris d'assaut le centre commercial haut de gamme de Nairobi avant de commencer à tirer sur les clients, ciblant des non-musulmans dans l'une des pires attaques dans l'histoire du Kenya, qui a fait 68 morts et plus de 200 blessés.

Mais sept ans plus tard, alors que le Kenya pleure encore les victimes de cette attaque meurtrière, ce pays d'Afrique de l'est a considérablement amélioré sa réponse aux menaces et aux attaques terroristes.

En effet, lors de l'attaque de l'année dernière à l'hôtel Dusit, à Nairobi, les responsables de la sécurité ont été félicités pour avoir déployé une opération d'intervention bien coordonnée qui a fait moins de victimes et neutralisé la menace plus rapidement. Une preuve que les approches antiterroristes du pays ont changé et évolué.

Selon les services sécuritaires du pays, les approches de collecte de renseignements et les systèmes de surveillance ont été améliorés après l'attaque de Westgate, à travers la création du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC) et la mise en place d'une police de proximité chargée de recueillir des renseignements aux niveaux des villages, notamment ceux situés à la frontière avec la Somalie.

Les agences de sécurité ont aussi renforcé la surveillance, en particulier dans les bâtiments susceptibles d'être la cible d'attaques, et ont en même temps aidé les propriétaires de bâtiments à réorganiser leurs systèmes de sécurité et leur vigilance.

Ces efforts ont été couronnés par l'arrestation de plusieurs jeunes hommes d'origine somalienne, soupçonnés d'avoir planifié une attaque à l'hôtel Hilton en juin de l'année dernière, après avoir été capturés par des caméras de vidéosurveillance prenant des images de l'hôtel.

Le 1er août 2019, trois autres jeunes hommes ont été arrêtés pour avoir prétendument pris des photos de l'hôtel Vila Rosa Kempinski, à Nairobi, pendant cinq jours. Ils ont été accusés d'avoir surveillé l'hôtel dans l'intention d'y commettre une attaque terroriste.

Alors que le Kenya marque aujourd'hui un autre sombre anniversaire de l'attaque de Westgate, les experts préviennent que la menace terroriste est toujours présente et que le groupe d'Al-Shabaab recrute désormais davantage de membres en ligne.

La semaine dernière, le secrétaire général d'Interpol, Jürgen Stock, a mis en avant l'importance cruciale des alliances régionales pour combattre efficacement une criminalité transfrontalière en augmentation.

Dans son discours devant l'Assemblée générale de l'Organisation de coopération des chefs de police d'Afrique de l'Est (OCCPAE), Stock a souligné l'importance du travail de l'Organisation avec l'OCCPAE afin de mieux cerner et satisfaire les besoins régionaux en matière de police, et de favoriser la mise en œuvre du programme régional en matière de sécurité.

Il a mis en avant le travail accompli par le Bureau régional d'INTERPOL de Nairobi pour réunir 17 pays africains en vue de négocier un accord entre l'Afrique de l'Est et l'Afrique centrale afin de faire face à l'augmentation de la criminalité transfrontalière.

Plus de: MAP

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