Congo-Kinshasa: Loi portant amnistie pour les faits insurrectionnels... - Le Gouvernement est embarrassé !

Les gouvernements ont toujours été embarrassés lorsqu'il s'agit de négocier avec des groupes insurrectionnels. Car, en cédant aux exigences des insurgés, les gouvernements cèdent à un chantage qui tendrait à se généraliser.

Ce qui mettrait en danger la paix sociale et l'existence même de l'Etat. "C'est à l'Etat qu'appartient la Force", dit-on et "pas aux individus". Qu'adviendrait-il si chaque individu dans la République use de la force et de la terreur pour obtenir des avantages politiques et économiques. La vie du plus grand nombre s'en trouverait en danger.

En fait, la République cède depuis plus de deux décennies à des chantages du genre rébellion, sécession, groupe armé et massacre.

L'AFDL a pris le pouvoir après une marche forcée de plus de 7000 kilomètres au travers du pays pour faire partir le Maréchal Mobutu et son régime. Deux ans plus tard, une rébellion menée par le MLC et le RCD amènent les deux mouvements à faire leur entrée dans le gouvernement et à mettre fin à une partition du pays après une insurrection et des faits de guerre. C'était l'acceptation des faits insurrectionnels et des faits de guerre comme moyen de pression pour faire adopter un agenda politique qui aboutirent à la constitution de la troisième République. C'est aussi ce qui a fait des émules.

Car depuis lors, certains groupes armés ont éclos au pays avant de mettre à leurs activités après des négociations et une amnistie et cependant d'autres l'exigent en vain avant de déposer des armes.

Tenez, après la réunification du pays, un mouvement insurrectionnel appuyé par le Rwanda et dirigé par Nkunda Batware avait mis les Kivu à feu et à sang et malgré cela, la communauté internationale enjoignit au gouvernement congolais de faire la paix avec le groupe en l'amnistiant et en lui demandant de faire une paix de brave avec lui. C'est le CNDP qui avait mis en mal la jeune armée nationale que le gouvernement tentait tant bien que mal de mettre sur pied et cela occasionna la mort de plusieurs citoyens. Depuis, on entend plus parler de Nkunda Batware mais un de ses ténors est jugé par la Cour Pénale internationale en l'occurrence Bosco Ntaganda. Mais plusieurs de ses membres furent amnistiés et quelques uns insérés au sein des Forces Armées de la République Démocratiques du Congo.

Ce mouvement fut suivi par l'insurrection d'un autre groupe, soutenu toujours par le Rwanda qui s'appela cette fois le M-23. La Communauté Internationale avait exigé des négociations avec le mouvement, celles-ci n'aboutirent pas complètement et le M-23 exige jusqu'à ce jour que les accords soient appliqués, sauf que plusieurs évènements sont survenus dans l'intervalle de temps et la tête du pays n'est plus la même.

Il y a eu aussi le cas de Gédéon Kyungu, un chef de guerre récidiviste et un condamné à mort qui fut gracié dans les circonstances assez floues et qui s'est évaporé dans la nature, faute d'avoir obtenu une amnistie.

De tous ces cas, il se trouve que le gouvernement qui a pratiqué la politique de clémence envers certains groupes s'était refusé d'amnistier d'autres qui avaient négocié leurs redditions de la même manière que les groupes cités plus haut. D'où, son embarras. Les groupes comme le FRPI qui ont œuvré au même moment que le CNDP, de Cobra Matata et quelques groupes Maï-Maï demandent la même clémence que le gouvernement avait manifestée à l'égard de CNDP et du M-23 depuis une décennie sans succès. Cette politique de deux poids deux mesures a donné des prétextes à leur groupe de ne pas déposer des armes pour continuer la lutte.

Pour vider ces litiges, le gouvernement peut s'être décidé de corriger ses erreurs pour aborder une nouvelle ligne de conduite sous des bons auspices. Mais à condition cette fois-ci de se montrer ferme à l'égard de nouveaux groupes et de clore pour toujours le dossier d'amnistie.

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