Congo-Kinshasa: Kabasu Babu exige un audit à la Présidence !

"L'IGF étant contrôlée par la présidence ne peut donc pas être juge et partie. Il est donc impérieux que la Cour des Comptes soit mise à contribution pour établir l'orthodoxie financière de la présidence comme service public. Le Parlement devrait exiger la réduction des rémunérations excessives dans ce service public. La validation de ses crédits pour l'exercice 2021 devrait être conditionnéeà la réalisation préalable de cet audit. Il est aussi indispensable qu'une évaluation indépendante de l'exécution de tous les programmes de la Présidence ainsi que son système managérial soit initiée. L'Etat de Droit ne peut pas être déployé en sens unique", écrit Hubert Kabasu Babu Katulondi, dans une lettre ouverte adressée aux Députés et Sénateurs.

Sous la casquette de "Gardien Intellectuel" de la République,il rappelle que c'est au niveau de la gestion budgétaire, un instrument essentiel de la bonne gouvernance étatique, que la situation est très dramatique.

Déjà, au 31 mai 2019, ce service public avait consommé près de 98 % de son budget de toute l'année, soit FC 132 milliards (USD 75 millions) sur des crédits budgétaires de FC 143 milliards. Cette transgression de la Loi Financière de l'exercice 2019 s'est quasiment systématisée avec désinvolture en 2020.

En effet, au 31 mai 2020 les charges rémunératoires de ce service de l'Etat se sont chiffrées à FC 68 milliards ($36,7 millions) contre les allocations budgétaires de FC 42 milliards sur cette période, soit un dépassement de 161 %.

En clair, il indique que ces rémunérations ont été triplées, des individus engagés, des structures créées, selon une rationalité financière et managériale qui demeurent inconnue par les Congolais (dont les salaires ont entretemps enregistré un dramatique amenuisement dans cette période noire de la Covid-19).

Pour le troisième trimestre de 2020 (juillet-aout-septembre), le dérapage budgétivore s'est accéléré. Ce service public a consommé pour le seul mois de juillet 2020, toutes les allocations trimestrielles, soit FC 34,6 milliards (USD 17,6 millions) sur les prévisions de FC 30,4 milliards (USD 16 millions).

Finalement, en huit mois, ce service public a ingurgité toutes les allocations budgétaires des rémunérations soit USD 55 millions sur les crédits de USD 50 millions devant couvrir 12 mois ! Le trésor public devra donc suppléer avec USD 27,5 millions.

A son avis, la "Présidence fonctionne comme un électron libre, dans l'opacité totale, sans aucune redevabilité, comme une véritable cour monarchique. Et la société et les institutions sont toutes tétanisées face à cette gravissime répudiation de la bonne gouvernance.

Et, pourtant, les experts en la matière notent que ce type des dépassements excessifs systématisés de la rubrique budgétaire des rémunérations dans les services publics est symptomatique des détournements généralisés des ressources de la République qui seraient affectées aux fins non autorisées par la Loi Financière de l'Etat".

Plus loin, dans cette même lettre aux Députés et Sénateurs, Kabasu Babu rappelle, par ailleurs, que "le procès sur le détournement de USD 57 millions relatifs au programme de 100 jours du président a révélé des dysfonctionnements insolites de ce service public.

Mais, aucune disposition corrective n'a jamais été implémentée de manière transparente pour assurer les citoyens que des forfaits de ce type ne seront plus savamment orchestrés au niveau de l'institution directrice de l'Etat. Alors que, dans l'entretemps, la Présidence a initié d'autres programmes dont leurs implications budgétaires et leurs transactions financières ne sont jamais établies de manière transparente".

A ce jour, réaffirme-t-il, leurs indicateurs des performances-impacts sont inconnus par les citoyens et par le Parlement.

Voilà pourquoi, à la lumière de cette "situation déplorable et inadmissible dans une République Moderne, le Parlement de la République qui est l'autorité budgétaire suprême, et le rempart de la bonne gouvernance (par le contrôle du gouvernement ayant en charge les services publics de l'Etat), a l'obligation d'exiger un audit budgétaire, financier et managérial de ce service public. Il est nécessaire qu'une commission mixte Assemblée-Sénat soit mise en place, à cet effet, pour explorer cette transgression gravissime de la législation budgétaire-financière", conclut-il.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.