Congo-Kinshasa: Coincer Kabila = neutraliser Tshisekedi ?

A quoi rimait le retour de Joseph Kabila au Sénat après deux ans d'école buissonnière ? En bouche autorisée, Barnabé Kikaya vient de couper court aux supputations et donner la réponse : c'était pour donner le coup d'envoi de la campagne pour son retour aux affaires en 2023. Trois ans, c'est vite passé, et comme le dit la sage tortue de La Fontaine, « rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Il faut commencer aujourd'hui.

Barnabé Kikaya, dans sa tribune parue, le dimanche 20/09 dans Matins.infos, commence par attaquer ceux qui évoquent des arguments juridiques contre la candidature du Sénateur à vie, l'unique qui nous reste, à la présidentielle de 2023. "Ce qui n'est pas interdit est autorisé", argue-t-il, dans une belle lapalissade que personne ne lui a demandée.

Ni la Constitution, ni la loi n'interdisent à un ancien chef d'Etat de briguer un troisième mandat après un mandat d'arrêt, continue-t-il.

Sûr que Prof. Mbata est déjà en train de lui fulminer une réponse cinglante.

Mais, laissons-les là à leurs joutes juridico-juridiques. Ce débat ne devrait pas avoir tant d'intérêt pour le peuple, pour deux raisons. Premièrement, parce qu'il n'aura jamais de solution scientifique dans ce contexte, vu que tous les juristes du pays ont un parti pris. Deuxièmement, s'il faut recourir à l'autorité de la Cour constitutionnelle pour empêcher, ou invalider la candidature de Joseph Kabila, il restera quelque part malgré tout un sentiment d'avoir utilisé la justice pour éliminer un adversaire politique. On n'a pas besoin de sortir l'artillerie lourde pour faire taire un cadavre.

Pour appuyer son plaidoyer, Barnabé agite une fois de plus ce lien fictif que tout le FCC tient à voir unir comme pour une étreinte éternelle Fatshi et JKK. "Coincer Kabila c'est condamner Fatshi" à ne pas briguer un deuxième ou un troisième mandat après la pause-Sénateur à vie, avance Kikaya.

C'est pauvre comme argument, mais Fatshi ne manquera certainement pas de lui adresser ses remerciements pour cette prévenance non sollicitée. Ça peut toujours servir, de biper ainsi le Président, au cas où le bateau venait à chavirer du côté de Kingakati. On ne sait jamais.

La vraie bataille n'est pas la candidature ou pas de Kabila, mais la crédibilité des élections.

Or, le « père de la démocratie » s'évertue à être aussi « le père de la tricherie » en voulant à tout prix imposer un candidat de sa poche à la présidence. Il veut rééditer ses tristes exploits de 2018 car, jusqu'à ce jour, Corneille Nangaa est devenu « le fugitif de la CENI », "le WANTED", qui ne veut ni publier les résultats complets des élections, ni faire son rapport.

Serge GONTCHO di Spiritu Sanctu (+ 243 81 27 22 490)

Conscience Nationale en Action (CNA)

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