Afrique: Liste noire du terrorisme - Le retrait du Soudan envisagé

Le département d'Etat américain sollicite le soutien du Congrès pour la réhabilitation de Khartoum.

Le Soudan serait-il redevenu fréquentable ? C'est du moins ce que laisse croire une récente correspondance adressée par le secrétaire d'Etat américain au Congrès. Dans cette adresse à Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au sein de cette Chambre, Mike Pompeo souhaite que les sénateurs retirent Khartoum de la liste noire des pays soutenant le terrorisme. Le rédacteur du texte estime que «la fenêtre d'opportunités est unique, mais étroite pour soutenir la transition civile soudanaise ». Dans son plaidoyer, il demande au Sénat d'adopter, d'ici la mi-octobre, un texte rédigé dans ce sens par le démocrate Chris Coons mettant un terme aux sanctions américaines contre le Soudan en vigueur depuis 1993.

Selon le secrétaire d'Etat américain, lesdites sanctions ont non seulement lourdement endommagé l'économie de ce pays de la Corne de l'Afrique, mais surtout empêché ce dernier de bénéficier d'une partie du système financier international. Pour lui, la levée des sanctions contre le Soudan va surtout dans l'intérêt de Washington et de sa sécurité, et permettra d'éviter un échec de la fragile transition soudanaise. En échange de ce retrait, le texte du sénateur Chris Coons prévoit une compensation de 335 millions de dollars aux familles des victimes des attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Pour les autorités américaines, cet arrangement serait une sorte de « paix légale » au Soudan et va éviter toute nouvelle procédure judiciaire.

En effet, l'accord signé le 30 août dernier à Juba au Soudan du Sud entre gouvernement et mouvements rebelles réunis au sein du Front révolutionnaire soudanais (FRS) mettait un terme à 17 années de guerre. Ledit accord est constitué de huit protocoles portant sur la sécurité, la propriété foncière, la justice transitionnelle, les réparations et compensations, le développement du secteur nomade et pastoral, le partage des richesses, le partage du pouvoir et le retour des réfugiés et des déplacés. Le texte prévoit un démantèlement à terme des mouvements armés et l'intégration des ex-combattants au sein de l'armée régulière. Tout comme il stipule également que justice soit rendue pour les crimes commis durant la guerre civile au Darfour et la coopération de Khartoum avec la Cour pénale internationale à La Haye.

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