Mozambique: L'escalade du conflit oblige des centaines de milliers de personnes à fuir

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22 Septembre 2020

Le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est inquiété, mardi, des conséquences de l'escalade du conflit et de la détérioration de la sécurité alimentaire à Cabo Delgado, au Mozambique. Dans cette région, plus de 300.000 personnes ont fui leurs foyers et leurs villages, abandonnant derrière elles leurs cultures et les laissant complètement dépendantes de l'aide humanitaire.

« Nous sommes profondément préoccupés par la situation humanitaire qui se déroule à Cabo Delgado où le conflit et la violence ont laissé les gens sans accès à la nourriture et aux moyens de subsistance », a déclaré Antonella D'Aprile, Représentante du PAM au Mozambique citée dans un communiqué.

La violence et l'insécurité croissantes ont accru la menace de la faim dans cette province du nord du pays, car les communautés ont perdu l'accès à la nourriture et aux sources de revenus.

« L'insécurité croissante et les mauvaises infrastructures ont fait qu'il est devenu plus difficile d'atteindre les personnes dans le besoin et maintenant avec la pandémie de Covid-19, la crise devient encore plus complexe », a ajouté Mme D'Aprile.

Les derniers résultats du Réseau du système d'alerte rapide aux risques de famine (FEWSNET) indiquent que les communautés continueront à faire face à des niveaux « critiques » d'insécurité alimentaire jusqu'au début de 2021. Un niveau d'inquiétude similaire à la phase 3 du Cadre intégré de classification de la phase humanitaire et de la sécurité alimentaire (IPC).

Malnutrition chronique

La situation est d'autant plus inquiétante que Cabo Delgado a le deuxième taux de malnutrition chronique le plus élevé du pays. Dans cette province, plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique. « Tout choc supplémentaire pourrait rapidement aggraver la situation, en particulier pour les femmes et les enfants », avertit l'agence onusienne.

Face à cette urgence humanitaire, le PAM, en collaboration avec le gouvernement, vient en aide aux plus vulnérables, avec de la nourriture, des bons et un soutien nutritionnel. Malgré des défis opérationnels importants, il prévoit d'atteindre 310.000 personnes chaque mois dans les provinces de Cabo Delgado, Nampula et Niassa.

Sur le terrain, des milliers de Mozambicains se sont réfugiés en Tanzanie voisine. Ce qui a renforcé les inquiétudes de la communauté internationale quant à la régionalisation du conflit. Cabo Delgado enregistrant actuellement le deuxième plus grand nombre de cas de COVID-19 au Mozambique, les déplacements de population ont le potentiel d'accélérer la propagation du nouveau coronavirus.

Selon un dernier bilan établi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Mozambique recense au moins 6.771 cas confirmés de Covid-19, dont 43 décès.

Par ailleurs, le PAM rappelle que depuis 2017, Cabo Delgado subit des attaques de groupes armés non étatiques qui ont progressivement déplacé des communautés qui cherchent maintenant refuge dans d'autres provinces, comme Nampula et Niassa.

Ces attaques ont entraîné des pertes en vies humaines et ont gravement endommagé les infrastructures - qui avaient déjà été gravement touchées par le cyclone Kenneth en 2019. Selon le PAM, cela a perturbé l'accès aux personnes les plus démunies.

Et pour venir à ces populations, l'agence onusienne a un besoin urgent de 4,7 millions de dollars par mois pour aider les déplacés internes dans le nord du Mozambique. Sans financement supplémentaire, le PAM sera obligé de réduire les rations alimentaires dès ce mois de décembre.

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