Cameroun: Changements climatiques - La leçon de l'Académie des sciences

Une conférence publique organisée le 17 septembre dernier, à Yaoundé, a permis de présenter les résultats des recherches autour de ce phénomène.

Douala, Maroua, Yaoundé, Limbe et Kribi noyées par les eaux pendant plusieurs jours. Dernier spectacle en date qui rappelle à tous que la planète subit, depuis des années, des transformations dans la mauvaise direction. L'Académie des sciences du Cameroun saisit l'opportunité de ces catastrophes pour esquisser un guide de survie face aux changements climatiques. Cette problématique a constitué le fil d'Ariane des exposés délivrés le 17 septembre dernier à Yaoundé au cours d'une conférence publique. Objectif : « mettre à la disposition des décideurs le savoir et le savoir-faire sur les inondations, les changements climatiques et les glissements de terrain, pour qu'ils sachent comment gérer, et surtout prévenir ces catastrophes », explique le président de l'Académie des sciences, le Pr. Beban Sammy Chumbow.

Dans la salle qui a accueilli les travaux, climatologues, géologues, architectes, géographes et experts de la santé se sont accordées sur le fait que combattre la nature équivaudrait à essayer d'attraper le vent avec les mains. Par contre, explique le Pr. Ayonghe Samuel Ndonwi, géologue et vice-recteur à l'Université de Buea, il faudrait plutôt « orienter les propositions de solutions pour s'adapter à ces phénomènes. Parce que les pays qui sont à l'origine des changements climatiques ne peuvent pas réduire leurs émissions de gaz qui occasionnent les changements climatiques ».

L'adaptation commence par une modification des plans qui gouvernent la construction des villes. Celles-ci « sont trop étalées et leurs superficies ne cessent de s'accroître en largeur » plutôt qu'en hauteur, regrette le Pr. Chrispin Pettang, ingénieur architecte. Ce développement horizontal les rend inadaptées aux défis climatiques de l'heure. De plus, « nous avons de plus en plus de monde en ville qui occupe de l'espace, réduisant la perméabilité des sols. Les eaux qui quittent des toitures vers les exutoires y rencontrent le plastique du fait de l'incivisme des populations. Ces éléments réduisent les canaux d'évacuation des eaux et rendent obsolètes les formules de dimensionnement et d'hydrologie urbaine qui étaient jusque-là appliquées », poursuit-il.

Si les cités camerounaises ne subissent pas une mue en phase avec les humeurs de la nature, le risque que les phénomènes tels que les glissements de terrain, les inondations et les pics de chaleur pourraient s'aggraver, devenant plus réguliers. Les experts recommandent également le recours aux technologies de l'information et de la communication pour régler tous les problèmes accessoires et permettre à l'Homme de se concentrer sur l'aide à la décision.

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