Cameroun: « Personne ne sera spolié »

interview

Georges Elanga Obam, ministre de la Décentralisation et du Développement local.

M. le ministre, que répondez-vous aux populations qui redoutent l'expropriation lors de la construction du marché moderne de Douala ?

Je crois qu'au-delà des inquiétudes légitimes que peuvent exprimer les riverains, il faut déjà présenter le projet qui va être réalisé à Logbessou. Des marchés modernes ont été construits et inaugurés à Bertoua (région de l'Est) et à Sangmelima (région du Sud). Le président de la République a demandé qu'on construise un marché selon le même schéma à Douala. Le Feicom et l'Etat apporteront les financements, le Génie militaire réalisera le projet. C'est une transaction qui concerne la Communauté urbaine de Douala, les communes de Douala III et Douala V. Il s'agit d'une infrastructure marchande pouvant accueillir des volumes importants de transactions dans la perspective des ventes en gros et en détail ayant de grandes capacités de stockage.

Des discussions que nous avons eues avec l'administration dans la région du Littoral et des maires, il apparait qu'il existe des terres qui appartiennent aux collectivités pour lesquelles nous n'avons pas de difficultés particulières et qui peuvent accueillir la première phase des travaux. Les phases d'extension concernent quelquefois des démembrements du domaine national. Il existe aussi des parcelles qui sont la propriété soit d'individus soit de communautés. Et ce qu'on appelle expropriation pour cause d'utilité publique s'accompagne d'une indemnisation des populations. Ce sont ces mécanismes traditionnellement utilisés qui vont être mis en œuvre. Donc il n'y a aucune communauté, aucun individu qui sera spolié de ses droits.

Nous voyons que les communes financent elles-mêmes certains projets alors qu'elles attendent votre accompagnement. Qu'en est-il ?

En matière de décentralisation, on demande aux collectivités de mettre en place des infrastructures, des facilités qui rendent des services de base à leurs populations. Il y a des mécanismes de mise à disposition des financements qui sont connus. C'est lorsque l'Etat demande un effort exceptionnel que des ressources exceptionnelles peuvent être mises à la disposition des collectivités. Il existe toute une institution destinée au financement de ce que les collectivités font.Et c'est une institution qui fonctionne très bien, si j'en juge par la qualité des rapports avec les collectivités, notamment celles concernées par les projets que nous avons visités. Tous les mécanismes qu'on met en place pour faire les montages techniques, mobiliser les financements, peuvent se heurter à des difficultés courantes mais à la fin on trouve toujours des solutions. Donc, de mon point de vue, jusqu'à ce stade, les choses se passent plutôt bien.

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