Burkina Faso: An VI de l'insurrection populaire - Les cris de détresse des blessés

22 Septembre 2020

Le président de l'ABIP/BF, Dramane Ouédraogo (micro) : « Nous interpellons le gouvernement sur notre sort ».

L'Association des blessés de l'insurrection populaire au Burkina Faso (ABIP/BF) a animé, le mardi 22 septembre 2020, à Ouagadougou, un point de presse au cours duquel, elle a appelé le gouvernement à se pencher sur le sort de ses membres.

A l'occasion de l'an VI de l'insurrection populaire d'octobre 2014 et de l'an V du putsch de septembre 2015, des blessés « en état de santé critique » interpellent le gouvernement sur leur sort. L'appel a été lancé, le mardi 22 septembre 2020, à Ouagadougou, au cours d'un point de presse animé par le président de l'Association des blessés de l'insurrection populaire au Burkina Faso (ABIP/BF), Dramane Ouédraogo et ses compagnons.

« A la veille de chaque commémoration, vous envoyez une délégation composée de plusieurs ministres pour rencontrer les victimes des deux évènements que sont l'insurrection populaire et la résistance au putsch de Gilbert Diendéré. Vous recueillez nos doléances mais une fois la commémoration passée, vous nous oubliez carrément et impossible de vous revoir pour le suivi de ces doléances », a-t-il lancé à l'exécutif. Pour ces blessés, le gouvernement a certes fourni des efforts, mais leur situation reste toujours préoccupante. « Nous traînons toujours les séquelles.

Certains ont toujours des balles dans leur corps. Moi par exemple, j'ai un bras que je ne peux plus jamais utiliser. J'ai également reçu une balle et mon ventre a été déchiré d'en haut jusqu'en bas », a témoigné Constant Bassolé, une victime. Le cas pathétique est le témoignage de Abassé Ilboudo : « Je ne peux plus rien faire, c'est grâce à l'Association qu'on m'a évacuée au Maroc où j'ai subi neuf opérations. Toutes les parties de mon corps ont été opérées pour pouvoir enlever des os, des peaux et de la chair pour greffer mon pied. Il me reste une dernière intervention que je dois repartir faire. Et cela fait déjà quatre années que j'attends pour mon évacuation.

D'ici là, je ne pourrai plus rien faire. Le froid arrive et c'est une période où j'aurai constamment mal aux os », a-t-il relaté. Le président de l'ABIP/BF lui-même ayant fait une opération au crâne pour avoir reçu une balle, dit avoir perdu l'odorat et est psychologiquement convaincu que ces maux font désormais partie de sa vie. A défaut « d'une prise en charge conséquente », a estimé Dramane Ouédraogo, les politiciens burkinabè devraient avoir « le minimum de respect » pour les 256 blessés et rescapés. Pour ces blessés, cette sortie médiatique a été suscitée par les discours politiques à l'orée de ces élections de 2020.

« Nous entendons des responsables politiques et OSC parler de réconciliation nationale, de retour des exilés politiques ou d'une justice transitionnelle. La lecture des blessés de l'insurrection populaire par apport à ces déclarations est simple : c'est de la manipulation », a affirmé Dramane Ouédraogo. Pour lui et ses camarades, il n'y a pas d'exilés politiques à la suite de l'insurrection populaire, « mais plutôt des bourreaux qui, par peur de la guillotine, ont décidé de quitter leur terre pour errer comme de vulgaires SDF à travers le monde ».

Plus de: Sidwaya

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