Sénégal: Rentrée des classes - Les acteurs du préscolaire en conclave à Thiès

Thiès — Des acteurs du préscolaire venus des 14 régions du pays se sont retrouvés à Thiès, pour réfléchir pendant cinq jours, sur les conditions d'une rentrée des classes, en novembre, dans les meilleures conditions, pour les cases des tout-petits, dans le contexte actuel de pandémie, a constaté l'APS.

La directrice de l'Agence nationale de la case des tout-petits Thérèse Diouf Faye a procédé à l'ouverture officielle de cette rencontre qui a démarré effectivement lundi pour se poursuivre jusqu'au vendredi, dans un hôtel de la ville de Thiès.

Toutes les 14 coordinations régionales de l'ANCTP sont présentes à cet atelier. Outre le personnel d'encadrement du préscolaire, la direction de l'enseignement préscolaire (DEPS), le Réseau national des acteurs pour le développement de la petite enfance (RENADPE), la Cellule nationale de lutte contre la malnutrition (CLM) et l'UNICEF sont représentés à cette rencontre.

Au-delà du respect du protocole sanitaire, l'intégration d'une modélisation de l'offre préscolaire basée sur l'approche communautaire dans la planification, la finalisation du cadre de référence de la prise en charge des 0 à 2 ans, ou encore l'achèvement du cadre règlementaire des crèches et structures assimilées sont au menu des échanges.

Les participants devront aussi amorcer la réflexion sur les innovations, liées au démarrage à la rentrée prochaine, des centres d'éveil et de stimulation précoce et des crèches communautaires.

La règlementation des crèches privées sera aussi étudiée.

En raison du contexte "exceptionnel", lié à la pandémie de covid-19, la rentrée scolaire 2020/2021 nécessitera des "efforts supplémentaires" pour un respect des mesures barrières, a dit Mme Faye.

Le respect de ces "mesures simples et fondamentales" doit s'inscrire dans la durée pour éviter les risques de propagation du virus dans les structures de développement intégré de la petite enfance, a préconisé la directrice.

"Nous devons éviter toute surprise tout en réduisant autant que faire se peut les possibilités de contamination de nos cibles", notamment les enfants de 0 à 6 ans, ainsi que le personnel d'encadrement, les familles, a dit la directrice de l'ANCTP.

Pour elle, ce sous-secteur de l'éducation a "l'obligation de réussir la reprise des (enseignements) en toute sérénité, tout en rassurant les parents".

Les conclusions de cet atelier devront être partagées avec les cases des tout-petits et matérialisés par des plans d'actions, prenant en compte les recommandations qu'elles contiennent et les scénarii possibles.

Ces réflexions seront aussi versées dans celles du comité interministériel, regroupant plus de 15 ministères travaillant tous les mercredis autour du ministère de l'Education nationale, pour préparer la rentrée des classes, a annoncé Thérèse Diouf Faye.

Dahirou Mbaye, représentant le RENADPE, un regroupement d'organisations de la société civile active dans le plaidoyer de la prise en charge des nourrissons et les jeunes enfants, a salué l'esprit d'anticipation qui a présidé à cet atelier.

Il en a profité pour évoquer "la prolifération de crèches privées" dont une majorité présente un danger pour les enfants. Il a souligné la nécessité de réglementer l'ouverture de ces structures et d'accompagner la minorité d'entre elles qui assurent un service de qualité.

L'ANCTP chargée de la mise en œuvre de la politique de la petite enfance, se doit de développer des stratégies pertinentes, pour répondre aux multiples demandes des communautés en matière de prise en charge de cette tranche d'âge, selon sa directrice.

Pour elle, la réalisation d'un taux de 15% de prise en charge des enfants de 0 à 2 ans à l'horizon 2030 passe "inéluctablement" par l'accompagnement du privé, mais aussi du communautaire, comme indiqué dans le Programme d'amélioration de la qualité de l'équité et de la transparence (PAQUET).

"En plus des espaces d'éveil et de simulation précoce de l'ouverture des crèches communautaires de Sanar, Sibassor, Nguidjilogne, Tambacounda, il nous revient d'accompagner d'encourager et d'encadrer les initiatives privées et communautaires", a-t-elle dit.

Le directeur de l'enseignement préscolaire Tenguéla Bâ a souligné l'ambition des autorités de booster le taux de préscolarisation, qui est passé de "moins de 3% en 2000 à 17,2% en 2019", grâce au modèle de la case des tout-petits qui connait une "forte demande".

Plus de: APS

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