Congo-Kinshasa: Septième ART - Moyindo Mpongo passe derrière la caméra

Célèbre dans le milieu du cinéma kinois en pleine éclosion, qui se bat bec et ongles pour se faire connaître à l'international, le jeune acteur, incarnant souvent les premiers rôles dans la plupart de ses apparitions, entend réaliser à son tour deux films, un moyen et long métrage, d'ici à décembre.

Lucrèce Lompengo, alias Moyindo Mpongo, est au nombre des personnages de la série Canal+ tournée à Kinshasa, L'amour à 200 mètres.

Dans l'un des épisodes, vu en première diffusion à la mi-novembre 2019, rediffusé pendant le confinement, il campait le rôle d'Eddy en couple avec Sabrina, Diane Kamuanga. Sa carrière d'acteur, entamée il y a sept ans, lui sourit plutôt bien jusqu'ici au point et lui a donné curieusement l'envie de passer voir comment les choses se passent aussi de l'autre côté de la caméra.

« Les êtres humains ont tous des talents qu'ils exercent chacun à sa manière. Dans mon cas, je me suis rendu compte que j'ai beaucoup à donner devant, mais aussi derrière la caméra. Il faut noter que j'ai d'abord fait de la littérature, les langues, l'écriture. J'écris des scénarios, des synopsis, des dialogues, etc. J'ai l'œil qu'il faut pour la réalisation, pour avoir travaillé avec des réalisateurs. J'ai compris l'art de la réalisation et je me dis qu'il serait utile d'offrir à mon pays cet autre talent encore caché et laisser la place aux autres devant la caméra. Après l'expérience accumulée en RDC, je souhaite aussi tourner au Ghana, au Nigéria, puisqu'ici j'ai fait le tour de tous les réalisateurs », raconte Moyindo au Courrier de Kinshasa.

À vrai dire, être réalisateur n'est pas un rêve nouveau pour l'acteur kinois qui s'y est même déjà essayé, il y a quelques années. « J'ai écrit beaucoup de scénarios, mais je n'ai pas encore réalisé de films. Toutefois, à l'époque où, rappeur, je vivais en Corée du Sud, je réalisais des vidéos de mes titres, des mini-films. Je ne voulais pas que les gens se retrouvent juste à danser dans mes clips. Je tenais à illustrer des informations que je rappais en anglais par des images », a-t-il dit.

Le cercle et Mikili

Pour l'heure, nous apprend Moyindo : « Personnellement, je travaille sur deux projets de films que je compte tourner parallèlement d'ici à la fin de cette année. Le cercle 1 pour commencer, parce que c'est une saga en trois épisodes, il y aura plus tard, le 2 et le 3, ainsi que Mikili ». Et de poursuivre : « Dans Le cercle je raconte un fait très récurrent dans toutes les sociétés. Plusieurs personnes, des familles se font du mal, s'autodétruisent alors qu'ils ont des liens parallèles sans le savoir de sorte que l'on se fait du mal en faisant du mal à autrui. Et d'illustrer ses propos, il explique une des intrigues du Cercle : « Je joue le rôle d'un homme marié dans le film, dont la femme a des affinités avec un gars pas net, un pickpocket qui lui vend, à l'occasion, le fruit de ses larcins, notamment des téléphones. Il m'a dépouillé de mon portefeuille et mis en difficulté mon foyer. Pourtant, ce voleur n'est nul autre que le fils de son patron, en perpétuel conflit avec son père qui n'approuve pas son choix de vie. Ce mauvais fils entretient de bonnes relations avec ma femme, sans réellement savoir qui ils sont. Lorsqu'il me vole, il ne sait pas qu'il fait du mal à celle qui le considère comme une personne de confiance. C'est courant dans notre société de rencontrer des gens qui se font du tort et découvrent au final leur parenté, ils sont cousins, par exemple. Des incidents déplorables du genre sont légions dans la société ».

Quant à Mikili, nous raconte Moyindo : « Ce film est assez spécial, il évoque une autre réalité, dont certaines gens prétendent avoir été témoins. Il s'agit de ces personnes qui, par un phénomène inexplicable, se seraient retrouvés un beau matin dans la rivière N'Djili, alors qu'elles résident en Europe ou en Occident depuis plusieurs années. Elles se seraient fait rapatrier ou téléporter de manière mystérieuse ».

Par ailleurs, souligne-t-il : « En toile de fond de cette fiction, j'exhorte la jeunesse congolaise à aimer notre pays, d'y travailler et investir. Plusieurs jeunes veulent à tout prix le quitter, il y a une vraie recrudescence de cette tendance. Ils tiennent à aller en France ou en Belgique, sans objectif prédéfini, ils y tiennent, c'est tout ! J'en ai personnellement rencontré pas mal en France que j'enviais, vu d'ici pensant qu'ils menaient une bonne vie, car ils résident depuis dix, voire vingt-ans. J'ai été surpris de les voir survivre misérablement en vendant des petits rien, n'importe, quoi aux abords de la Tour Eiffel, aux Champs-Élysées, etc. À y regarder de près, je vis bien mieux à Kinshasa, moi. Les jeunes doivent chercher à se former et s'informer pour aider la nation à émerger ».

Vu au petit écran, Moyindo est le commandant Elombe de la série Ndakisa que les Kinois ont suivi, notamment sur B-One TV en 2017.

Tout récemment, il a partagé le rôle principal avec l'Américain Brandon Ray Olive, dans Heart Of Africa (Cœur d'Afrique) de Tshoper Kabambi.

Tenu pour une star, à part entière, du cinéma congolais en construction, Moyindo Mpongo a fait du chemin depuis son premier rôle professionnel offert par le Grand Balufu Bakupa-Kanyinda dans Esprit de paix. Et ce n'est pas faux, lorsqu'il affirme avoir eu affaire à tous les réalisateurs, après sa participation à près d'une trentaine de réalisations locales. Il est présent dans vingt-sept fictions où, pour la plupart des cas, il a joué le premier rôle.

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