Madagascar: De l'euphorie à l'incertitude - Les yeux du FMI rivés sur Madagascar

Dans quel état se trouvent les relations entre le Fonds monétaire international et le régime en place.

La question mérite d'être posée car le temps passe et rien n'est à signaler entre les deux parties. Seules les échos de concertations et consultations régionales sur les préparatifs du projet de loi de finances 2021 ont perturbé ce calme inhabituel. Et encore, après la rencontre à Morondava, capitale de la région du Menabe, cette démarche initiée par le ministère de l'Économie et des finances n'a pas été suivie par d'autres « séminaires » se voulant être instructifs et constructifs.

Mais souvent dispendieux et sans lendemain. Rares étaient les propositions avancées par les groupements professionnels des opérateurs économiques, retenues par le gouvernement, quand vient le moment de présenter aux députés les premières moutures du budget à venir.

Dans ces moments de doute et d'ambiguïté, il est difficile d'imaginer une amorce des discussions avec l'équipe du FMI conduite par Charalambos Tsangarides, qui a succédé à Marshall Mills comme premier responsable du dossier Madagascar. En clair, le Conseil d'administration du FMI attend la fameuse « Lettre d'intention » du gouvernement de Christian Ntsay. Des grandes lignes du cadrage macro-économique à venir, échafaudées avant d'être détaillées et calibrées par des données chiffrées du projet de loi de finances initial.

Session budgétaire

À soumettre à l'appréciation et à l'examen des députés et sénateurs lors de leur prochaine session ordinaire du mois d'octobre. Baptisée à juste titre de session budgétaire. Mais aucun souci à se faire pour le gouvernement. Un peu récalcitrants au début, les parlementaires, au prix de quelques concessions chez les... concessionnaires, finissent par tout avaler. Mêmes les grosses couleuvres. Ici, le mot d'ordre est aussi simple qu'envoyer une lettre à la poste. L'adoption sans amendement.

Le vrai danger pour les tenants du pouvoir, ce serait de ne pas conclure un programme avec le FMI. Ce qui signifierait que les ambitions affichées manquaient peut être de réalisme. Ou trop mirobolantes pour être pragmatiques. Ou encore, des sujets qui fâchent subsistent. Comme les subventions à tout va et à tout vent de l'État, à ces sociétés au bord du précipice de la faillite. Et la différence de conception sur l'application de la vérité des prix sur le carburant.

Si ces pourparlers débouchaient sur une impasse, ce serait un très mauvais signal envoyé aux autres partenaires financiers, aux autres bailleurs de fonds traditionnels, aux investisseurs désireux de venir ou déjà installés. Car, être sous programme avec le FMI confère au programme gouvernemental un gage de crédibilité. Une sorte de garantie pour les opérateurs économiques, évoluant dans le milieu des affaires et des finances, plus à l'aise dans un climat apaisé. Ils détestent naviguer à vue.

D'où l'importance d'un accord trouvé avec le FMI. D'autant plus nécessaire et utile après les dégâts désastreux causés par la crise sanitaire du coronavirus qui n'a pas encore fini de faire son tour du monde funeste et néfaste. Richard Randriamandrato, ministre de l'Économie et des finances, a eu l'occasion d'admettre, avec une certaine hauteur d'esprit, que les aides financières obtenues du FMI, près de 333 millions de dollars depuis le mois de mars, ont été puisées au titre de la Facilité de crédit rapide, FCR. Pour affronter dans les meilleures conditions l'invasion meurtrière de la Covid-19. Les dirigeants actuels, ont été malgré eux les heureux héritiers des 310 millions de dollars gagnés de haute lutte par le régime HVM dans le cadre de la Facilité élargie de crédit. Le nouveau crédo du FMI.

Plus de: L'Express de Madagascar

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