Cameroun: Salles de classe, aires de jeu, espaces collectifs - L'épreuve de la distanciation

La reprise des cours rime avec rencontre entre des élèves pas toujours préparés à rester distants les uns des autres. Incursion dans quelques établissements qui cherchent la recette.

A la dernière rentrée, ils faisaient des calculs pour accueillir au maximum. Surtout avec l'afflux de personnes venant d'autres régions du pays. Le Lycée bilingue de Mendong à Yaoundé a même étendu ses salles, en divisant celles qui étaient trop grandes, pour accueillir d'autres classes. En cette veille de rentrée scolaire 2020/2021, les calculs sont encore au rendez-vous. Pandémie de Covid-19 oblige, la distanciation physique est de rigueur pour limiter la propagation de la maladie. L'établissement situé au pied d'une colline ne va rien créer. Il compte bien suivre les instructions gouvernementales en la matière. 50 élèves par salle, pas plus. Alors, une stratégie s'impose. Avec 84 salles de classes, difficile d'accueillir tout le monde aux mêmes horaires. Surtout que l'année écoulée a vu un effectif total de 6500 élèves. A en croire Jean-Pierre Voundi Abondo, proviseur de cet établissement, « nous sommes en train de travailler sur les emplois du temps pour que le système de mi-temps instruit par la hiérarchie soit opérationnel. Les effectifs étant moins pléthoriques en raison de ce système, la concentration humaine au sein du lycée sera moins dense de telle sorte que la distanciation sociale sera préservée. »

Stratégie déjà adoptée dans les écoles primaires d'Olézoa à Yaoundé. Les groupes I et II de l'établissement se partagent les mêmes locaux depuis quelques années. « Chaque groupe dispose de six salles de classe et il faut faire que les enfants suivent tous les cours. Certains viennent le matin et d'autres, le soir », indique Lucile Mengue, directrice adjointe au groupe II A. Ici, deux bâtiments de quatre salles chacun se font face. C'est là que les élèves vont se côtoyer pendant l'année. A en croire la responsable, ils ne sont pas trop nombreux et ce sera relativement aisé à gérer. « Nous n'avons pas d'effectifs pléthoriques dans nos salles. L'instruction gouvernementale n'aura donc pas une trop grande influence sur notre système », assure-t-elle.

Le casse-tête de la récréation

Au collège de la Retraite, l'on n'envisage pas vraiment le scénario de cette manière, parce que cette solution demande des moyens. « L'année dernière, nous avions près de 3000 élèves. Avec les nouvelles données, il faudra respecter le quota de 50 enfants par salle de classe. Nous avons un souci parce que nous nous demandons ce que nous ferons de ces enfants. Quand on va commencer avec un autre système avec de nouvelles charges, nous nous demandons comment nous allons nous en sortir », s'interroge le Père Clément Nkodo Manga, principal du collège de la Retraite. Cet établissement privé dit avoir expérimenté le quota de 50 élèves par salle et compte s'assurer que le port du masque de protection sera obligatoire pour tous. En plus de l'organisation des salles, il y a aussi la problématique des espaces collectifs. L'établissement compte s'organiser avec ce qu'il a. « Je n'ai pas autre chose que ce qui a toujours existé. En attendant la reprise des cours pratiques, les élèves vont suivre les cours théoriques tel que demandé par le ministère des Enseignements secondaires », indique le principal.

Cette problématique ne se pose pas vraiment à l'école Notre-Dame-de-Mvolyé. L'espace vaste y apparaît comme une solution idoine pour le directeur. « Nous n'aurons pas besoin de suivre les enfants. Surtout qu'ils sont incontrôlables pendant les récréations. C'est à ce moment que nous aurons le plus de mal à assurer la distance entre les élèves », souligne l'Abbé Bienvenue Eloundou, directeur de l'école. L'espace est prisé même par les établissements voisins. Avec 20 salles de classe pour une moyenne de 730 élèves au total, l'école ne craint pas vraiment le respect de la distance. Le directeur envisage d'ailleurs de faire désinfecter toute l'école à la veille de la rentrée, pour s'assurer que les enfants ne soient pas exposés. « Je n'ai pas les moyens de faire plus au courant de l'année, sauf si des généreux comme des maires nous viennent en aide », ajoute-il. D'un établissement à l'autre, les regards sont tournés sur le gouvernement pour la conduite à tenir. En attendant, les scénarii possibles sont envisagés pour prolonger avec les élèves, le respect de la distanciation physique.

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