Mali - Les Responsables Du Coup d'État Doivent Libérer Immédiatement Les Anciennes Autorités Gouvernementales Détenues, Déclare L'expert Des Nations Unies

Genève — « Il n'y a aucune base légale pour la détention de l'ancien premier ministre, de l'ancien président de l'Assemblée nationale et d'autres anciens responsables gouvernementaux maliens arrêtés lors du coup d'État du 18 août », a déclaré Alioune Tine, expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l'homme au Mali.

« J'appelle le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) à respecter les obligations internationales du Mali en matière de droits de l'homme », a-t-il déclaré. « Toute personne arrêtée pendant le coup d'Etat doit être libérée immédiatement et sans condition ».

Sur les 18 personnes arrêtées par les auteurs du coup d'état le 18 août, au moins 13 sont toujours détenues illégalement au camp militaire de Kati à Bamako, malgré les appels à leur libération lancés par la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, le Président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

« Je suis extrêmement préoccupé par le fait que les personnes arrêtées par les responsables du coup d'État ont été arbitrairement privées de leur liberté pendant plus d'un mois », a déclaré M. Tine. « Cette détention est contraire aux instruments internationaux et régionaux des droits de l'homme auxquels le Mali est partie ».

En vertu du droit international, nul ne devrait être privé de sa liberté si ce n'est conformément à la loi. Toute personne arrêtée doit être informée, au moment de son arrestation, des raisons de son arrestation et, dans le plus court délai, de toute accusation portée contre elle.

« J'exhorte le CNSP à respecter scrupuleusement leurs droits, notamment le droit de communiquer avec leurs familles et leurs avocats et de recevoir des visites, en particulier des membres de leur famille », a déclaré Tine. « Mais surtout, j'exhorte le CNSP à les libérer immédiatement ».

FIN

L'expert : M. Alioune Tine (Sénégal) a pris ses fonctions d'expert indépendant sur la situation des droits de l'homme au Mali le 1er mai 2018. Le mandat d'expert indépendant a été renouvelé par le Conseil des droits de l'homme le 22 juin 2020 pour une période d'un an afin d'aider le gouvernement du Mali dans ses actions de promotion et de protection des droits de l'homme et dans la mise en œuvre des recommandations formulées dans les résolutions du Conseil. M. Tine a été membre fondateur et président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO) et coordinateur du Forum des ONG africaines lors de la Conférence mondiale contre le racisme en 2000. Entre 2014 et 2018, M. Tine a été le directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Il a publié de nombreux articles et études sur la littérature et les droits de l'homme.

Les Experts indépendants font partie de ce qu'on appelle les procédures spécialesdu Conseil des droits de l'homme. Le terme « procédures spéciales », qui désigne le plus grand corps d'experts indépendants au sein du système onusien des droits de l'homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d'enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l'homme afin de traiter de la situation spécifique d'un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement ; ils n'appartiennent pas au personnel de l'ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et exercent leurs fonctions à titre individuel.

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