Mali: L'Accord de paix d'Alger face à la transition

23 Septembre 2020

Des questions se posent sur l'avenir de l'Accord de paix d'Alger, censé ramener la paix. Que vont faire les nouvelles autorités maliennes de cet accord?

Pour la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), la balle est dans le camp de Bamako. "Nous voulons des discussions avec les militaires et les autorités de transition et plus d'engagement, en vue d'accélérer la mise en œuvre de l'Accord d'Alger", dit Al Tanata Ag Ebalack, vice-président de la CMA à Menaka.

Le mouvement affirme tout mettre en oeuvre pour sauver cet accord. "Si cet accord ne marche pas, ce sera très grave pour le pays. Nous ne pouvons pas dire grand-chose en ce moment, car la transition n'a pas encore vraiment commencé. Nous gardons nos forces intactes sur le terrain. On maîtrise la situation sur le terrain. C'est à eux de voir ce qu'il y a lieu de faire. Nous souhaitons qu'ils prennent en compte cet accord et qu'il l'applique sérieusement pour nous permettre de sortir de cette situation difficile", estime Al Tanata Ag Ebalack.

Un accord à réviser

La CMA, qui n'a pas pris part aux concertations nationales organisées il y a quelques jours, dit cependant prendre acte de la nomination du colonel Bah N'Daw à la tête de la transition. Un colonel considéré par certains Maliens et analystes, comme réfractaire à la signature de l'Accord d'Alger.

Pour Boubacar Salif Traoré, spécialiste des questions de sécurité et de développement dans le Sahel, les autorités de transition vont certainement avec la CMA, réviser certains points de l'Accord d'Alger. "En décembre 2019, il y a eu le dialogue national inclusif qui avait demandé de revoir l'accord de paix d'Alger. De 2015 à ce jour, il y a eu très peu d'avancées dans la mise en œuvre de cet Accord d'Alger et l'Algérie tente de relancer les choses et en l'espace d'un mois, des négociateurs algériens ont effectué deux voyages au Mali pour rencontrer la junte au pouvoir", explique le chercheur.

Pour le chercheur malien, au nombre des points qui pourraient faire l'objet de discussions,"il y a l'élection des présidents de région au suffrage universel direct. Le Mali est un pays très fragile avec des institutions très faibles et ce type de disposition peut conduire à une déstabilisation plus poussée. Il y a aussi la création d'un Sénat, la question des Kaddi, ces juges religieux, sans oublier la question de l'intégration des anciens combattants dans l'armée."

L'Accord d'Alger tarde à être appliqué et de vastes étendues du Nord du Mali demeurent sous le contrôle des ex-rebelles indépendantistes. La CMA contrôle Kidal, à 1.500 km au Nord-Est de Bamako.

En mai dernier, le gouvernement malien avait accusé la CMA "d'actes attentatoires à la souveraineté nationale" et lui avait reproché de violer l'Accord de paix d'Alger.

Plus de: DW

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.