Madagascar: Sénatoriales - Le boycott de l'opposition quasi sûr

C'est quasiment une certitude. L'opposition, notamment, le parti HVM et le parti TIM s'abstiendront de prendre part aux élections sénatoriales prévues le 11 décembre.

Un lapsus révélateur. Le scénario du boycott des élections sénatoriales par les entités politiques d'opposition se précise. Par un lapsus durant une interview, au siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), à Alarobia, hier, Tahiry Ny Rina Randriamasinoro, secrétaire général du « Tiako i Madagasikara » (TIM), a indiqué que son parti ne prendra part au scrutin du 11 décembre. «

Nous n'allons pas participer... , nous ne voulons plus rien savoir des élections qui vont venir (... ) », lance l'ancien candidat aux municipales à Antananarivo, en réponse à la presse. Le motif à cette abstention, martelé par le numéro 2 du TIM, est que les sénatoriales sont organisées par la CENI. « Vous savez que nous ne reconnaissons plus la CENI dans sa forme et sa composition actuelles », peste-t-il.

Avec d'autres membres du « groupe du Panorama », le secrétaire général du TIM s'est rendu à la CENI, hier, pour lui signifier « le désaveu », de la CENI dans sa forme et sa composition actuelle, comme entité organisatrice des élections. « Le groupe du Panorama », découle d'une réunion de formations politiques d'opposition, à l'hôtel sis à Andrainarivo, le 17 septembre. La Haute Cour Constitutionnelle (HCC), et la CENI ont été les principales cibles de la résolution qui y a été adoptée.

Le sénateur Olivier Rakotovazaha, porte-voix du « groupe du Panorama », également présent à Alarobia, hier, insiste sur le fait que le combat de cette entité d'opposition actuellement « est la recherche de la vérité et la légalité ». Au motif de cette quête d'illégalité, justement, le boycott des sénatoriales par les opposants, surtout, des deux principaux partis d'opposition que sont le TIM et le « Hery vaovao ho an'i Madagasikara » (HVM), se disait à demi-mot.

Riposte

C'est désormais confirmé, du moins pour le TIM. La formation politique présidée par Marc Ravalomanana, ancien chef de l'Etat, ne sera pas de la partie le 11 décembre. Contacté, Rivo Rakotovao, coordonnateur national du HVM, laisse, pour sa part une légère ouverture. « Attendons d'abord de connaître la réponse de la HCC aux requêtes qui lui ont été soumises », réplique celui qui est aussi, le président du Sénat.

Deux requêtes aux fins d'inconstitutionnalité du décret portant convocation du collège électoral pour les sénatoriales du 11 décembre, attendent effectivement, une réponse de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC). Sur sa lancée, cependant, le numéro un local des Bleus laisse clairement entendre qu'ils roulent pour le boycott. « Nous devons être logiques avec nous-mêmes. Nous ne pouvons pas dénoncer l'illégalité du processus et y prendre part tout de même », déclare-t-il.

Sauf participation massive des candidats indépendants, les listes de candidats présentées par les tenants pouvoir auront un boulevard pour briguer les douze sièges d'élus à la Chambre haute. « Qu'il en soit ainsi, si c'est ce qu'ils veulent », réplique juste, Rivo Rakotovao. La démarche du « groupe du Panorama », hier, coïncide, par ailleurs, avec la présentation par la CENI d'une synthèse des recommandations issues des élections de 2018 et 2019.

L'événement d'hier, a été l'occasion pour maître Hery Rakotomanana, président de la CENI, de riposter aux frondes de l'opposition. Au regard de l'événement d'hier, la CENI jouit toujours du soutien des partenaires internationaux. Face à l'assistance donc, son président a appelé l'opinion politique à « ne pas occulter les efforts et les points positifs des actions de la CENI et ne mettre en exergue que les failles du processus électoral ».

En affirmant « l'indépendance » de la Commission électorale, maître Rakotomanana soutient que la CENI a fait des efforts pour améliorer l'organisation des élections. Qu'elle a essayé de redresser les lacunes héritées d'anciens processus électoraux. Son président met également l'accent sur le fait que la CENI « s'est toujours efforcée » de faire en sorte que l'organisation des votes soit « transparente ». Les cadres de concertation périodiques et les audits de la liste électorale ou encore les confrontations des résultats ont été mis en avant.

Plus de: L'Express de Madagascar

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